Carnifex – More Than Misery [FR/EN]

Les titans du deathcore Carnifex nous dévoilent leur nouvel album : More Than Misery. La survie a toujours été le fil conducteur des paroles du chanteur Scott Ian Lewis. Sur les précédents albums, il écrivait alors qu’il était encore prisonnier des expériences qu’il tentait d’endurer et d’assimiler. More Than Misery change cette perspective. Pour la première fois, il écrit après avoir survécu et c’est cette perspective qui confère au titre de l’album son double sens délibéré. Il confie que « More Than Misery traite de ce qui se passe lorsque la souffrance devient plus qu’une épreuve à endurer : elle devient ce qui vous transforme. C’est Carnifex à son plus honnête et à son plus brutal, sans aucune concession. ». L’album est à découvrir dès le 6 novembre, via Sumerian Records.


Dès les premières secondes de …and I Held Hands With Death, le groupe prend le temps d’installer une atmosphère particulière avec une introduction uniquement instrumentale. Celle-ci se distingue par des sonorités lumineuses et planantes, presque aériennes. Mais une noirceur se dessine progressivement…  L’introduction de More Than Misery prend son temps, semblant grandir au fur et à mesure. Le chant ressemble à celui d’un démon et crée une ambiance assez angoissante, avant de reprendre “forme humaine” et d’apporter une certaine lourdeur, amplifiée par l’arrivée des instruments. C’est dans une ambiance assez lourde et lente que le chant continue d’évoluer, alternant entre différents effets vocaux. Il faut attendre plus d’une minute pour que les choses accélèrent et amplifient la violence du morceau. Le chant vient reprendre le dessus sur quelques passages, surlignant quelques paroles et l’ensemble repart de plus belle. On est prit dans une véritable tornade où alternent chant et passage instrumentaux, avant de s’entremêler et de créer quelque chose de dynamique, qui en demande toujours plus. On vient nous surprendre avec quelques sonorités plus douces et quelques paroles parlés qui donnent un changement intéressant et efficace. Un contraste qui prend tout son sens lorsque débute The Process Of Pain, en collaboration avec Chaney Crabb. Le morceau s’ouvre sur des sonorités douces, et un côté presque cinématographiques, rendant les choses plus grandiose. L’arrivée du chant vient brutalement rompre le tout, tandis que les instruments proposent une certaine violence. Le titre se démarque d’ailleurs par une approche instrumentale assez différente de ce que le groupe propose habituellement. Une mélodie vient renforcer le côté dimension grandiose, mais le morceau retrouve rapidement des sonorités plus sombres et familières. Le tout est assez soutenu, dense et joue beaucoup sur les variations de hauteur et les changements de rythme.

« Skin like fire
Love like a plague
No escape from burning obsession
Bury me in a nameless grave »

Avec No Gods Only Graves, le groupe ne perd pas une seconde et nous propose quelque chose de puissant et de brutal. Le chant, particulièrement soutenu, avance de front avec l’instrumentalité, dans un ensemble qui semble vouloir tout emporter sur son passage. Les instruments enfoncent le tout davantage et aident à créer une ambiance plus sombre, contrastant avec le titre précédent. Quelques harmoniques cherchent à percer et à apporter une légèreté de courte durée, pendant que la batterie semble inarrêtable. Y percent également quelques sonorités accès black metal qui s’incorporent toujours aussi bien avec l’identité du groupe. C’est l’apparition d’un solo, dans la dernière partie, qui vient casser les choses, apportant quelque chose de plus déstructuré et un changement bienvenu. Il nous conduit également vers une fin plus marquante et qui va même jusqu’à nous donner quelques frissons. Coffin Crowned King semble tout de suite différent, avec une guitare qui vient ouvrir et qui installe immédiatement une tonalité particulière. C’est une trentaine de secondes plus tard que les autres instruments entrent en scène avec violence et rapidité. Le chant se montre particulièrement agressif, donnant l’impression d’être prêt à tout écraser sur son passage. On continue de jouer avec les différentes hauteurs, alternant entre des passages particulièrement lourds et de courts passages instrumentaux plus doux. C’est une nouvelle fois la guitare qui vient apporter une sensation de hauteur et de lumière, créant un beau contraste. Mais cela est de courte durée avant d’accélérer progressivement, gagnant en intensité et de nous replonger dans la violence. Roses & Rotting Corpses nous plonge directement dans le bain avec quelque chose de dynamique, de rapide et surtout de violent. Tout semble arriver en même temps et on se fait totalement entraîner par l’ensemble. Le titre est assez brut et on reconnaît très bien l’identité du groupe ici. L’instrumentalité semble ne jamais s’arrêter et le tout avance de front. A quelques moments le chant passe au-dessus, renforçant sa violence mais il laisse également la place à un solo de guitare qui vient apporter un peu de hauteur à l’ensemble.

L’introduction de Only The Dead est rapide et particulièrement agressive dès le début, s’appuyant sur un chant qui semble impossible à arrêter et qui entraîne tout sur son passage. L’ensemble est une nouvelle fois dense et brut, avec une instrumentation qui ne nous laisse que peu de répit. Pourtant, le groupe nous surprend en alternant avec des passages lourds et d’autres plus légers, apportant ainsi une belle profondeur. Le solo vient amplifier cette dynamique, en poussant progressivement les sonorités vers le haut. Un contraste particulièrement intéressant qui permet de donner une nouvelle dimension au morceau. Avec Gothic Serpent, le groupe propose une ambiance différente : le chant ouvre et est rapidement rejoint par une instrumentation avec quelques sonorités presque saturées et l’instrumentalité rappelle certains morceaux précédents . La composition joue ici sur la profondeur et les différentes ambiances qui viennent se succéder et se combiner. Il se passe beaucoup de choses, enrichissant le tout. Les sonorités black metal se font également plus présentes, notamment au niveau de la mélodie. Un titre qui joue sur la diversité de ses influences et de ses atmosphères. Heart Made of Teeth nous plonge dans une certaine dynamique, le chant est présent et est rapidement accompagné par les instruments. Le morceau est rapide, entraînant et toujours aussi lourd,  mais  quelques sonorités se distinguent créant une surprise, permettant de relancer la violence globale du titre. Ici, on se différencie du reste de l’album, mélangeant énormément de choses et cela donne un morceau très efficace. Licking Love From A Knife vient clôturer l’album et il s’agit du morceau le plus long, il fait presque huit minutes. L’introduction prend son temps, quelques notes de piano semblent se rapprocher doucement et crée une ambiance différente, proche de l’horreur. Il faut attendre plus de deux minutes pour que les instruments s’ajoutent et crée un ensemble captivant où on attend la suite avec impatience. Le chant arrive par la suite apportant avec lui violence et dynamisme. L’instrumentalité est entraînante et propose quelque passage plus accessible, c’est le chant qui apporte la violence et qui conclut cette album comme il se doit.

Carnifex nous propose un album dans la lignée des précédents. Ils poussent toujours plus loin les limites de la violence, de la brutalité, tout en incorporant des sonorités différentes et complémentaires.

Tracklist : 

…and I Held Hands With Death
More Than Misery
The Process Of Pain
No Gods Only Graves
Coffin Crowned King
Roses & Rotting Corpses
Only The Dead
Gothic Serpent
Heart Made of Teeth
Licking Love From A Knife

Deathcore titans Carnifex unveil their new album: More Than Misery. Survival has always been the central theme in the lyrics of vocalist Scott Ian Lewis. On previous records, he wrote while still trapped within the very experiences he was struggling to endure and process. More Than Misery shifts this perspective; for the first time, he is writing from the other side of survival—a vantage point that lends the album’s title its deliberate double meaning. Lewis explains: « More Than Misery deals with what happens when suffering becomes more than just an ordeal to endure—it becomes the very thing that transforms you. This is Carnifex at their most honest and brutal, with absolutely no concessions.«  The album arrives on November 6th via Sumerian Records.

From the very first seconds of …and I Held Hands With Death, the band takes the time to establish a distinct atmosphere with an exclusively instrumental introduction. It is characterized by bright, soaring—almost ethereal—sounds. Yet, a darkness gradually begins to emerge… The introduction to More Than Misery takes its time, seemingly growing as it unfolds. The vocals sound almost demonic, creating a rather unsettling atmosphere before returning to a more « human » form and introducing a sense of heaviness, further amplified by the entry of the instruments. Amidst this slow, heavy backdrop, the vocals continue to evolve, shifting between various effects. It takes over a minute for the tempo to pick up, intensifying the track’s aggression. The vocals surge to the forefront at key moments—emphasizing specific lyrics—before the energy ramps up once again. We are swept into a veritable whirlwind, where vocal sections and instrumental passages alternate, eventually intertwining to create a dynamic experience that leaves the listener craving more. The track also springs a surprise with softer tones and spoken-word segments, providing an engaging and effective shift in the sound. This contrast truly comes into its own with the start of The Process of Pain, a collaboration with Chaney Crabb. The track opens with gentle, almost cinematic tones, lending the music a grander scale. The sudden entry of vocals shatters this atmosphere, while the instrumentation introduces a sense of raw violence. In fact, the track stands out for an instrumental approach that differs significantly from the band’s usual style. A melody reinforces that sense of grandeur, yet the piece quickly shifts back toward darker, more familiar sonic territory. Throughout, the composition remains intense and dense, making frequent use of shifts in pitch and changes in rhythm.

« Left in isolation, I don’t want to be saved
Every day I wake up, I pray it’s in a grave
Some days I wake up all I feel is hate
I wonder if my life will be a fucking waste
Feed me poison »

With No Gods Only Graves, the band wastes no time, delivering something powerful and brutal. The vocals, delivered with great intensity, charge forward in tandem with the instrumentation, creating a force that seems poised to sweep everything in its path. The instruments dig in even deeper, helping to craft a darker atmosphere—a sharp contrast to the preceding track. Occasional harmonics attempt to break through, offering a fleeting sense of lightness, while the drums remain seemingly unstoppable. Elements with a black metal edge also emerge, blending seamlessly into the band’s established identity. In the final section, a guitar solo disrupts the flow, introducing a more unstructured quality and a welcome shift in direction. This leads into a particularly striking conclusion—one that is even capable of sending a few shivers down your spine. Coffin Crowned King feels different right from the start, with an opening guitar line that immediately sets a distinct tone. About thirty seconds in, the other instruments enter—abrupt, violent, and fast. The vocals are exceptionally aggressive, sounding as though they are ready to crush everything in their path. The track continues to play with varying registers, alternating between heavy, crushing sections and brief, softer instrumental passages. Once again, the guitar introduces a sense of elevation and light, creating a striking contrast—though this is short-lived, as the music gradually accelerates, building in intensity and plunging us back into violence. Roses & Rotting Corpses plunges us straight into the thick of things with something dynamic, fast-paced, and, above all, violent. Everything seems to happen at once, and you find yourself completely swept along by the whole experience. The track is quite raw, and the band’s signature identity is clearly recognizable here. The instrumentation feels relentless, driving forward with full force. At times, the vocals cut through—intensifying the violence—but they also make way for a guitar solo that adds a touch of elevation to the mix.

The introduction to Only The Dead is fast and exceptionally aggressive right from the start, driven by vocals that seem unstoppable, sweeping everything along in their wake. The track as a whole is, once again, dense and raw, with instrumentation that offers little in the way of a respite. Yet, the band surprises us by alternating between heavy and lighter passages, which adds a compelling sense of depth. A guitar solo further amplifies this dynamic, gradually elevating the sound—a particularly interesting contrast that lends a new dimension to the piece. With Gothic Serpent, the band offers a different vibe: the track opens with vocals, soon joined by instrumentation featuring some near-distorted tones, with the musical approach calling to mind certain earlier pieces. The composition plays with depth, layering and combining various atmospheres as they unfold. There is a great deal happening, which adds richness to the whole. Black metal elements also become more prominent, particularly in the melodies. It is a track that draws upon a diverse range of influences and atmospheres. Heart Made of Teeth plunges us into a specific dynamic; the vocals enter early on, quickly joined by the instrumentation. The track is fast-paced, driving, and consistently heavy, yet certain distinct sounds emerge as a surprise, reigniting the overall intensity of the piece. In this regard, it stands apart from the rest of the album—blending a wide array of elements to create a highly effective track. Licking Love From A Knife closes out the album; it is the longest track, clocking in at nearly eight minutes. The introduction takes its time—a few piano notes seem to draw gradually closer, establishing a distinct atmosphere that borders on horror. It takes over two minutes for the rest of the instrumentation to join in, creating a captivating soundscape that leaves the listener eagerly anticipating what comes next. The vocals then enter, injecting a sense of violence and dynamism. The instrumentation is engaging and features some more accessible passages, while the vocals provide the aggression, bringing the album to a fitting conclusion.

Carnifex delivers an album in line with their previous work. They continue to push the boundaries of violence and brutality even further, while incorporating distinct yet complementary sounds.

Gloomy
Gloomy
Passionnée par le poulet curry, la pizza et de temps en temps la musique.

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