« Cet album est né de la rage, du chagrin, de la survie et de la transformation. » Sandie The Lilith (Defacing God) [FR/EN]

[ENGLISH VERSION BELOW] Pour la sortie de leur deuxième album Darkness Is My Crown via Apostasy Records, nous avons eu le plaisir de poser quelques questions à Sandie la Lilith de Defacing God.

1/ Bonjour et merci de prendre le temps de répondre à cette interview. *Darkness Is My Crown* semble bien plus sombre et intense que votre premier album ; qu’est-ce qui a motivé cette évolution artistique ?

Sandie the Lilith ; Je pense que cette noirceur a toujours été là. *The Resurrection of Lilith* a été le réveil. Mon premier souffle de tout ce qui brûle au plus profond de mon cœur. L’histoire. La mythologie. La lutte des femmes à travers les âges. Les procès des sorcières, et la façon dont leurs ombres s’étendent encore sur notre culture actuelle – la manière dont les gens se divisent et, depuis ces ombres, se retournent les uns contre les autres. The Resurrection of Lilith regardait vers le monde extérieur et donnait une voix
aux histoires qui m’ont inspirée et émue. Darkness Is My Crown se tourne vers l’intérieur. Sur cet album, j’illumine ma propre âme et toutes les histoires sombres et vraies qui y vivent.

Darkness Is My Crown est le résultat de ce qui se passe quand on cesse de craindre les ombres et qu’on s’assoit plutôt à leurs côtés.

Cet album est né de la rage, du chagrin, de la survie et de la transformation. La vie vous met à nu d’une manière à laquelle vous ne vous attendiez pas, et à un moment donné, soit vous vous brisez… soit vous devenez quelque chose d’ entièrement différent. Pour moi, l’obscurité a cessé d’être un ennemi. Elle est devenue une force. Une identité. Une vérité.

Musicalement et émotionnellement, je voulais que cet album soit plus lourd, plus froid et plus cinématographique, comme si l’on se tenait debout au milieu de ses propres ruines et que l’on réalisait que l’on est toujours en vie. Il y a de la douleur dans cet album, mais il y a aussi de la défiance. Il ne s’agit pas de se rendre à l’obscurité. Il s’agit de la porter
avec dignité.

2/ L’album aborde des thèmes tels que le conflit intérieur, la transformation et la résilience. Ces sujets reflètent-ils des expériences personnelles récentes ?

Sandie the Lilith ; Absolument. Je ne sais pas écrire de la musique qui ne soit pas personnelle d’une certaine manière. Il faut que cela touche à quelque chose qui vous intéresse vraiment. Tout ce que je crie, murmure ou déverse dans ces chansons vient d’un endroit bien réel.

L’album reflète une période de transformation intérieure intense. Une lutte avec l’identité, le traumatisme, l’isolement, la colère… mais aussi l’apprentissage de la survie émotionnelle sans s’engourdir. Je pense que beaucoup de gens portent la noirceur en eux tout en faisant semblant que ce n’est pas le cas.

Je n’aime pas faire semblant.

Il y a aussi une rage très féminine qui traverse cet album, non pas dans un sens politique, mais dans un sens profondément existentiel. Ce sentiment de devoir constamment se reconstruire après avoir été dévorée par la vie, par les gens, par les attentes.

Pour moi, la résilience n’a rien de beau. C’est brutal. Parfois, la résilience, c’est ramper dans ses propres cendres, les dents cassées, tout en refusant de mourir. Cet esprit habite Darkness Is My Crown. Il ne s’agit pas seulement de mon monde intérieur, comme le laissent entendre les paroles. L’album est aussi un symbole de survie. Vous ne croiriez pas à quel point nous avons enduré d’adversité en tant que groupe ces dernières
années, mais j’ai refusé d’abandonner ma passion quoi qu’il arrive.

Cet album me rappelle que peu importe la résistance ou l’obscurité qui se dresse sur votre chemin, vous pouvez toujours faire bouger les choses si vous continuez d’avancer et que vous restez fidèle à vous-même et à l’essence même de qui vous êtes vraiment.

3/ Sur le plan musical, il y a une forte composante symphonique et orchestrale – comment parvenez-vous à trouver cet équilibre entre brutalité et atmosphère ?

Sandie the Lilith : Je ne considère jamais la brutalité et l’atmosphère comme des opposés. Pour moi, elles se complètent mutuellement. Une émotion extrême a besoin d’espace pour respirer.

Les éléments orchestraux représentent le paysage émotionnel qui se cache derrière la violence : le chagrin, la grandeur, la tragédie. Sans atmosphère, la lourdeur peut devenir vide. Sans agressivité, la beauté devient passive. Je veux que ces deux mondes s’entrechoquent violemment.

Nous travaillons beaucoup sur les dynamiques et la tension. Parfois, le moment le plus dévastateur d’une chanson n’est pas le blast beat ou le breakdown, mais plutôt le silence qui le précède. Les couches cinématiques sont là pour que l’auditeur se sente piégé dans l’univers émotionnel de la chanson.

4/ Le titre *Darkness Is My Crown* est très symbolique : que représente pour toi cette « couronne des ténèbres » ?

Sandie the Lilith : Elle représente l’acceptation, l’appropriation et la transformation.

On apprend aux gens à cacher leur part d’ombre… Les traumatismes, la colère, la honte, le chagrin, les pensées interdites. Mais les ténèbres ne disparaissent jamais simplement parce qu’on les nie. Elles grandissent sous notre peau.

La couronne symbolise donc le moment où l’on cesse de s’excuser d’avoir survécu. Le moment où vous cessez de demander la permission d’exister exactement comme vous êtes.

Pour moi, la couronne n’est pas maléfique. C’est la conscience de soi. C’est porter ses cicatrices ouvertement au lieu de les cacher derrière une fausse lumière.

Il y a quelque chose de profondément libérateur à embrasser les parties de soi que la société vous dit d’enterrer. C’est le sujet de l’album. Devenir entier par la confrontation plutôt que par la fuite.

5/ Le processus d’écriture a-t-il été différent cette fois-ci par rapport à *The Resurrection of Lilith* ?

Sandie the Lilith : Oui, tout à fait.

Le premier album était plus instinctif et exploratoire… À l’époque, nous étions en train de découvrir qui était Defacing God. Cette fois-ci, la vision était plus précise, plus sombre et émotionnellement plus ciblée dès le début.

J’étais aussi beaucoup plus impliquée émotionnellement à chaque étape du processus. Je voulais que les chansons forment un tout cohérent, comme les chapitres d’une descente aux enfers.

La création est également venue d’un endroit plus vulnérable. C’est terrifiant de s’exposer
honnêtement à travers l’art, mais cela crée aussi quelque chose de plus puissant. Il y a moins de mise en scène sur cet album et plus de vérité.

Je pense que ça s’entend.

Sur cet album, il faut également mentionner que nous avons un guitariste soliste différent de celui du précédent opus, comme la plupart des gens le savent probablement déjà. Jakob Batten nous a rejoints fin 2023, et sa vision artistique, ses textures et sa créativité transparaissent très clairement sur cet album également. Jakob a écrit « Transition », « It Comes at Night » et « Nocturnal Vestige », et ces morceaux reflètent fortement la direction que prend Defacing God : émotionnel, créatif, glacial et lourd, chaotique et profond.

6/ Comment s’est passée la collaboration avec Tue Madsen pour le mixage et le mastering ?

Sandie the Lilith ; Travailler avec Tue a été incroyable. Il a tout de suite compris ce dont cet album avait besoin.

Tue sait comment préserver l’intensité et l’atmosphère sans sacrifier la clarté. Il a contribué à relever la dimension cinématographique de l’album tout en conservant l’agressivité brute et humaine.

Il y a une profondeur et un poids dans le son final qui correspondent parfaitement à la noirceur émotionnelle du matériel. Il n’a jamais essayé de nous faire ressembler à quelqu’un d’autre. Il nous a aidés à ressembler davantage à nous-mêmes.

Et honnêtement, cette confiance signifie tout.

7/ Le passage chez Apostasy Records a-t-il influencé votre orientation artistique ou votre liberté créative ?

Sandie the Lilith ; Si quoi que ce soit, cela a renforcé notre liberté.

Apostasy a compris Defacing God dès le début. Ils n’ont jamais essayé d’adoucir la
noirceur ou de nous faire rentrer dans une formule commerciale. C’est très important pour moi, car ce groupe ne peut pas exister dans le mensonge.

L’album est devenu exactement ce qu’il devait être : sans compromis, théâtral, émotionnel
et extrême. Avoir un label qui soutient cette vision vous donne la confiance nécessaire pour aller plus loin artistiquement.

Je pense que les auditeurs peuvent sentir quand l’art est créé sans peur.

8/ L’univers visuel et narratif occupe une place très importante dans ta musique ; comment as-tu construit l’identité visuelle de cet album ?

Sandie the Lilith ; Les visuels sont le prolongement de l’univers émotionnel. Je ne sépare pas la musique de l’imagerie, elles font partie du même rituel.

Pour *Darkness Is My Crown*, je voulais que tout dégage une atmosphère à la fois majestueuse, décadente et intime. Les ténèbres non pas comme chaos, mais comme souveraineté. L’esthétique est devenue très symbolique : couronnes, ruines, ombres, féminité sacrée, mort et renaissance.

Une grande partie de l’inspiration provient de visions intérieures, de rêves, de l’esthétique gothique et d’états émotionnels plutôt que de références spécifiques. Je suis attirée par la beauté qui semble blessée.

Notre mise en scène sur scène a également changé par rapport au passé. Avant, tout était noir et consumé par les ténèbres dans les visuels. Maintenant, j’y ai introduit des couleurs pour représenter à la fois la lumière et l’obscurité coexistant côte à côte.

Ce n’est pas parce que c’est du blackened death metal qu’il faut se limiter au sang et aux crânes. Cette esthétique est devenue très dominante dans notre scène, et bien que j’apprécie toujours l’imagerie plus occulte et que je continue à l’utiliser, je voulais aussi la remettre en question et aller au-delà.

Ainsi, par exemple, les musiciens portent désormais du blanc au lieu du noir intégral. Nous utilisons des lumières UV, des couleurs violettes et roses. Cela ressemble davantage à de la folie et, d’une certaine manière, à un chaos psychotique magnifique qu’au mal pur. Car je ne suis pas mauvais, mais je dépeins le mal qui existe dans le monde. Mon propre
esprit est coloré, chaotique et rempli à la fois de lumière et d’obscurité. C’est ce que je veux également visualiser.

Honnêtement, je me fiche des règles qui pourraient exister sur ce à quoi ce genre est « censé » ressembler ou donner l’impression. Defacing God doit refléter la vérité ; ma vérité, et cette vérité contient bien plus que les ténèbres seules.

9/ Quels sont les projets futurs de Defacing God ?

Sandie the Lilith ; Pour l’instant, nous nous concentrons entièrement sur la mise en scène de *Darkness Is My Crown*, car ces chansons sont faites pour être vécues physiquement et émotionnellement.

Au-delà de cela, nous évoluons déjà sur le plan créatif. Defacing God n’est pas une entité statique, il se transforme constamment. Je pense que le prochain chapitre ira encore plus loin sur le plan émotionnel et atmosphérique. Plus extrême à certains égards. Plus vulnérable à d’autres.

Nous voulons également développer encore davantage le côté visuel et conceptuel du groupe, car la narration occupe une place prépondérante dans notre identité. Les ténèbres ont encore de nombreux visages à révéler.

10 / Quels artistes ou groupes figurent sur ta playlist actuelle et que tu aimerais recommander à nos lecteurs ?

Sandie the Lilith ; j’écoute des choses très variées selon mon humeur. Je dois
avouer que je ne suis pas vraiment du genre à faire des playlists. Les tendances et ce qui est « à la mode » en ce moment ne m’ont jamais intéressée, donc je suis sans doute un peu ennuyeuse ou old school sur ce point… Les groupes qui m’ont accompagnée
au fil des ans sont par exemple Sepultura, Morbid Angel, King Diamond, Ozzy
Osbourne, Belphegor, les anciens Arch Enemy, Marduk, Dying Fetus, Dimmu Borgir,
Suffocation, Judas Priest, Hypocrisy, etc.

Mais j’écoute aussi de la musique en dehors du metal, car l’inspiration peut venir d’endroits inattendus. L’ambient sombre, la musique classique (j’ADORE le piano !), les bandes originales de films, la musique rituelle… voire parfois la musique électronique mélancolique. Tout ce qui crée une atmosphère et suscite des émotions m’intéresse. Je recommanderais sans hésiter aux gens d’explorer des artistes qui n’ont pas peur de montrer leur vulnérabilité au sein de la musique extrême. C’est dans cette combinaison que réside la véritable puissance.

11/ Merci pour ton temps et tes réponses ; le mot de la fin te revient !

Sandie the Lilith ; Merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer en toute honnêteté.

Nous vivons dans un monde obsédé par la perfection et l’engourdissement émotionnel. Darkness Is My Crown est tout le contraire. C’est de l’émotion brute, sans concession.

Alors, à tous ceux qui écoutent : votre part d’ombre ne vous rend pas indignes. Parfois, c’est justement elle qui vous apprend à vous relever.

Restez fidèles à vous-mêmes… Restez metal !

[ENGLISH VERSION] To mark the release of their second album, *Darkness Is My Crown*, via Apostasy Records, we had the pleasure of asking Sandie The Lilith from Defacing God a few questions.

1/ Hello and thank you for taking the time to do this interview. Darkness Is My Crown seems much darker and more intense than your first album; what prompted this artistic evolution?

Sandie the Lilith; I think the darkness was always there. The Resurrection of Lilith was the
awakening. My first breath of everything that burns within my heart. History. Mythology. The struggle of women throughout time. The witch trials, and how their shadows still reach into our present culture – the way people divide themselves and, from within those shadows, turn against one another. The Resurrection of Lilith looked outward into the world and gave voice to the stories that inspired and moved me. Darkness Is My Crown turns inward.

On this album, I illuminate my own soul and all the dark and truthful stories that live within it Darkness Is My Crown is a result of when you stop fearing the shadows and instead sit down beside them.

This album was born from rage, grief, survival and transformation. Life strips you down in
ways you never expect, and at some point you either break… or you become something else entirely. For me, the darkness stopped being an enemy. It became power. Identity. Truth.

Musically and emotionally, I wanted this album to feel heavier, colder and more cinematic
like standing in the ruins of yourself and realizing you are still alive. There is pain in this
album, but there is also defiance. It’s not about surrendering to darkness. It’s about wearing it with dignity.

2/ The album explores themes such as inner conflict, transformation and resilience. Do these subjects reflect recent personal experiences?

Sandie the Lilith; Absolutely. I don’t know how to write music that isn’t personal in some
way. It has to something of your real interest. Everything I scream, whisper or bleed into these songs comes from somewhere real.

The album reflects a period of intense inner transformation. Struggling with identity, trauma, isolation, anger… but also learning how to survive emotionally without becoming numb. I think many people carry darkness inside them while pretending they don’t.

I don´t like pretending.

There’s also a very feminine rage running through this album not in a political sense, but in a deeply existential one. The feeling of constantly having to rebuild yourself after being
consumed by life, by people, by expectations.

For me, resilience isn’t pretty. It’s brutal. Sometimes resilience means crawling through your own ashes with broken teeth and still refusing to die. That spirit lives inside Darkness Is My Crown. It’s not only about my inner world, as it is in the lyrics. The album is also a symbol of survival. You would not believe how much adversity we as a band have endured over the past few years, but I refused to give up on my passion no matter what happened.

This album reminds me that no matter how much resistance or darkness stands in your way, you can still make things happen if you keep pushing forward and hold on to yourself and to the core of who you really are.

3/ Musically, there’s a strong symphonic and orchestral element – how do you strike that balance between brutality and atmosphere?

Sandie the Lilith; I never see brutality and atmosphere as opposites. To me, they complete
each other. Extreme emotion needs space to breathe.

The orchestral elements represent the emotional landscape behind the violence; the grief, the grandeur, the tragedy. Without atmosphere, heaviness can become empty. Without aggression, beauty becomes passive. I want both worlds to collide violently.

We work a lot with dynamics and tension. Sometimes the most devastating moment in a song is not the blastbeat or the breakdown, but more the silence before it. The cinematic layers are there to make the listener feel trapped inside the emotional world of the song.

4/ The title Darkness Is My Crown is highly symbolic: what does this “crown of darkness” represent to you?

Sandie the Lilith; It represents acceptance, ownership and transformation.

People are taught to hide their darkness… Trauma, anger, shame, grief, forbidden thoughts.
But darkness never disappears just because you deny it. It grows underneath your skin.
So the crown symbolizes the moment you stop apologizing for surviving. The moment you stop asking for permission to exist exactly as you are.

For me, the crown is not evil. It is self-awareness. It is carrying your scars openly instead of hiding them behind false light.

There’s something deeply empowering about embracing the parts of yourself society tells you to bury. That is what the album is about. Becoming whole through confrontation rather than escape.

5/ Was the songwriting process different this time around compared to The Resurrection of Lilith?

Sandie the Lilith; Yes, very much.

The first album was more instinctive and exploratory… Back then, we were discovering who
Defacing God was. This time, the vision was sharper, darker and emotionally more focused
from the beginning.

I was also far more involved emotionally in every layer of the process. I wanted the songs to feel connected like chapters in a descent.

The creation came from a more vulnerable place too. It’s terrifying to expose yourself
honestly through art, but it also creates something more powerful. There’s less performance on this album and more truth.

I think you can hear that.

On this album, it should also be mentioned that we have a different lead guitarist than on the previous release, as most people probably know by now. Jakob Batten joined us at the end of 2023, and his artistic vision, layers and creativity shine through very clearly on this record as well. Jakob wrote Transition, It Comes at Night and Nocturnal Vestige, and these songs are a strong reflection of the direction Defacing God is moving towards; Emotional, creative, ice- cold and heavy, chaotic and profound.

6/ How did the collaboration with Tue Madsen on mixing and mastering go?

Sandie the Lilith; Working with Tue was incredible. He understood immediately what this
album needed.

Tue knows how to preserve intensity and atmosphere without sacrificing clarity. He helped
elevate the cinematic scope of the album while still keeping the aggression raw and human.
There’s a depth and weight in the final sound that perfectly matches the emotional darkness of the material. He never tried to make us sound like anyone else. He helped us sound more like ourselves.

And honestly, that trust means everything.

7/ Did the switch to Apostasy Records influence your artistic direction or creative freedom?

Sandie the Lilith; If anything, it strengthened our freedom.

Apostasy understood Defacing God from the beginning. They never tried to soften the
darkness or make us fit into some commercial formula. That’s very important to me because this band cannot exist dishonestly.

The album became exactly what it needed to become; uncompromising, theatrical, emotional and extreme. Having a label that supports that vision gives you the confidence to go deeper artistically.

I think listeners can feel when art is created without fear.

8/ The visual and narrative universe is very important in your music; how did you build the visual identity of this album?

Sandie the Lilith; The visuals are an extension of the emotional world. I don’t separate music from imagery, they are part of the same ritual.

For Darkness Is My Crown, I wanted everything to feel regal, decayed and intimate at the
same time. Darkness not as chaos, but as sovereignty. The aesthetic became very symbolic: crowns, ruins, shadows, sacred femininity, death and rebirth.
A lot of inspiration comes from inner visions, dreams, gothic aesthetics and emotional states rather than specific references. I’m drawn to beauty that feels wounded.

Our live setup has also changed compared to the past. Before, everything was black and
consumed by darkness in the visuals. Now, I’ve brought colors into it to portray both light and darkness existing side by side. Just because it’s blackened death metal doesn’t mean it has to be only blood and skulls. That aesthetic has become very dominant in our scene, and while I still appreciate the more occult imagery and continue to use it, I also wanted to challenge it and expand beyond it.

So now, for example, the musicians wear white instead of all black. We use UV lights, purple and pink colors. It feels more like madness and somehow a beautiful, psychotic chaos than pure evil. Because I am not evil, but I portray the evil that exists within the world. My own mind is colorful, chaotic and filled with both light and darkness. That is what I want to visualize as well.

I honestly do not care what rules may exist about how this genre is “supposed” to look or feel. Defacing God has to reflect truth; my truth and that truth contains far more than darkness alone

9/ What are Defacing God’s future projects?

Sandie the Lilith; Right now, the focus is fully on bringing Darkness Is My Crown to life on
stage because these songs are meant to be experienced physically and emotionally.

Beyond that, we are already evolving creatively. Defacing God is not a static entity it
constantly transforms. I think the next chapter will go even deeper emotionally and
atmospherically. More extreme in some ways. More vulnerable in others.

We also want to expand the visual and conceptual side of the band even further because
storytelling is a huge part of our identity. The darkness still has many faces left to reveal.

10 / Which artists/bands can be found on your current playlist and would you like to recommend to our readers?

Sandie the Lilith; I listen to a lot of different things depending on my emotional state. I must admit that I am also not a playlist-kind of lady. Trends and what is « in´´ right now has never caught my interest, so I am probably a bit boring or old school here… Bands that stuck by me through all the years is for example Sepultura, Morbid Angel, King Diamond, Ozzy Osbourne, Belphegor, old Arch Enemy era, Marduk, Dying Fetus, Dimmu Borgir,
Suffocation, Judas Priest, Hypocrisy etc.

But I also listen to music outside metal because inspiration can come from strange places.
Dark ambient, classical music (I LOVE piano!) cinematic soundtracks, ritualistic music…
even melancholic electronic music sometimes. Anything that creates atmosphere and emotion interests me.I would definitely recommend people to explore artists who are unafraid of vulnerability inside extreme music. That combination is where true power lives.

11/ Thank you for your time and your answers; the final word are yours!

Sandie the Lilith; Thank you for giving me the space to speak honestly.

We live in a world obsessed with perfection and emotional numbness. Darkness Is My Crown is the opposite of that. It is raw emotion without apology.

So to anyone listening: your darkness does not make you unworthy. Sometimes it becomes the very thing that teaches you how to rise.

Stay true… Stay metal!

Mary Motionless
Mary Motionless
25 Forever. Nergal est ma Tata, j'aime vadrouiller pour les concerts et voir les copains partout et me faire tatouer à fond!

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