[ENGLISH VERSION BELOW] Il y a des groupes dont on reconnaît les premières secondes d’un morceau sans même avoir besoin de regarder l’écran. SiM fait définitivement partie de ceux-là. Depuis près de vingt ans, les Japonais ont construit leur identité autour d’un mélange aussi improbable que terriblement efficace : reggae, ska, punk, hardcore, metal et nu-metal, le tout passé dans un shaker beaucoup trop énergique.
Le 2 septembre 2026, SiM dévoile HOOMAN AFTER ALL, son septième album studio. Sorti via UNFD, le disque fait suite à PLAYDEAD, paru en 2023, et accompagne surtout une nouvelle étape pour le groupe : celle d’une formation japonaise qui s’exporte désormais beaucoup plus largement, après avoir multiplié les tournées européennes et américaines.
Dès FiVE TiMES DEAD (by my wallet), le message est clair : cette fois, SiM veut cogner.
Le morceau reste immédiatement identifiable mais semble plus violent que bon nombre de leurs productions précédentes. On pense forcément à l’énergie déployée sur The Rumbling, leur gigantesque titre écrit pour Attack on Titan, mais ici le groupe pousse encore davantage son curseur metal. Les riffs sont plus lourds, le breakdown frappe fort et MAH exploite davantage son registre agressif avec de gros growls. Son timbre reste évidemment reconnaissable entre mille, mais il semble ici particulièrement heureux de nous rappeler qu’il sait aussi envoyer du très lourd.
La deuxième piste, BLiNDEYES, avait déjà donné un aperçu de ce que l’album allait proposer. Sorti en single le 22 mai 2026, le morceau accueille Yukina, chanteuse de HANABIE., et cette collaboration paraît finalement assez évidente tant les deux formations partagent cette envie de mélanger les genres. La voix de Yukina vient notamment renforcer certains passages et les fameux « Sumimasen », tandis que les chœurs apportent une nouvelle couleur au titre. Mais la patte de SiM reste largement dominante : grosse rythmique, passages rappés, break bien placé et même une petite vibe nu-metal qui donne au morceau un côté particulièrement entraînant. C’est un featuring qui fonctionne vraiment bien et qui donne forcément envie d’imaginer les deux groupes partager une scène. Vu leurs liens et leurs tournées communes au Japon, ce serait évidemment un moment assez facile à imaginer… même si, pour nous autres Européens, il faudra probablement croiser les doigts très fort.
Avec DALALA, SiM ne ralentit absolument pas. Les gros riffs continuent de s’enchaîner, confirmant une impression qui va rapidement s’installer au fil de l’écoute : HOOMAN AFTER ALL est probablement l’un des albums les plus heavy de la discographie du groupe. Et puis il y a ce refrain. Le « DALALA » semble presque conçu pour être hurlé par une salle entière. C’est le genre de morceau qui donne immédiatement envie d’imaginer ce qu’il pourrait provoquer en concert : un public qui saute, un pit qui part en cacahuète et MAH au milieu de tout ça, probablement en train de faire son traditionnel two-step. HOLD MY BEER poursuit cette trajectoire sans chercher à surenchérir à tout prix. Le morceau possède une grosse influence nu-metal et laisse une place importante à la basse. Le résultat est particulièrement dansant, avec ce tempo reggae qui rappelle immédiatement l’essence du groupe. Ce n’est pas réellement une pause après les morceaux précédents : SiM conserve ses passages agressifs et quelques touches de screamo. Pourtant, le titre paraît moins explosif et surtout beaucoup plus léger.
Et puis, évidemment, il y a le titre lui-même : entre FiVE TiMES DEAD (by my wallet), HOLD MY BEER et Karen’s Son, SiM semble avoir décidé qu’un album lourd n’avait aucune raison d’être sérieux. Et d’ailleurs : Karen’s Son est probablement l’un des morceaux les plus surprenants de l’album. On quitte momentanément le metal pour quelque chose de beaucoup plus rock, avec une vibe presque vintage et très américaine. Il y a même un petit côté pop-punk qui pourrait rappeler certains groupes des années 2000. Et forcément, une question nous traverse l’esprit : les tournées internationales auraient-elles laissé quelques traces ? Même si le titre ne révolutionne pas SiM, il apporte une vraie respiration à l’album. Et surtout, les paroles valent franchement le détour. Parce que si vous pensiez que le groupe allait soudainement devenir sérieux, vous risquez d’être déçus !
Pour The Sniffing Cats Ska, SiM invite HEY-SMITH, formation japonaise particulièrement bien implantée dans la scène punk et ska du pays et avec laquelle les Japonais ont déjà partagé de nombreuses scènes.Le résultat est forcément très dansant. Le reggae et le ska prennent largement le dessus, avec quelques passages plus lourds qui viennent rappeler que nous sommes toujours sur HOOMAN AFTER ALL. Après la déferlante metal du début de l’album, c’est presque reposant. Presque. Parce que les paroles sont complètement absurdes. Et là encore, impossible de ne pas penser aux chats qui occupent une place centrale dans l’univers visuel de l’album. Le morceau éponyme poursuit naturellement cette parenthèse reggae : HOOMAN AFTER ALL est beaucoup plus chill que les premières pistes et nous laisse souffler un peu. Mais comme toujours avec SiM, il faut se méfier de l’apparente tranquillité. Parce que oui : il semblerait bien que nous soyons dans la tête d’un chat. Des « meow » apparaissent ici et là, et les paroles méritent vraiment qu’on s’y attarde. C’est complètement idiot, mais justement très drôle.
Et surtout, cela résume parfaitement ce qui rend SiM attachant. Même avec une carrière internationale qui prend de plus en plus d’ampleur, même après avoir écrit l’un des morceaux les plus populaires de leur histoire avec The Rumbling, le groupe conserve cette capacité à faire n’importe quoi avec un sérieux musical impressionnant.
Avec GHOST iN TOKYO, l’ambiance change une nouvelle fois. Le morceau est plus heavy et retrouve cette dimension un peu fantastique, voire presque horrifique, qui colle particulièrement bien à l’imagerie de SiM. Entre leur esthétique sombre et leur emblème de chauve-souris, le groupe a toujours eu ce petit côté Halloween qui lui va plutôt bien. Le morceau est efficace et intéressant, même s’il ne sera probablement pas celui que nous retiendrons en premier sur cet album.
Et puis arrive ZiON en feat. Masato de coldrain. Et là, on signe.Le morceau démarre sur un BPM élevé et ramène immédiatement la dimension metal la plus agressive de SiM. Le scream de MAH vient se mêler au chant clair et aux screams de Masato, et la combinaison fonctionne à merveille. Ce n’est finalement pas si surprenant.Les deux groupes sont proches depuis longtemps, ont partagé énormément de scènes et ont déjà eu l’occasion de collaborer à plusieurs reprises. Leur complémentarité paraît donc presque naturelle.
Mais ZiON réussit surtout à transformer cette proximité en véritable morceau de bravoure. C’est puissant, rapide, efficace et probablement l’un des titres que l’on a le plus envie de voir transposés sur scène.
Après la violence de ZiON, BLACK SUBMARiNE fait légèrement redescendre la pression.
On retrouve un mélange de rock et de nu-metal, avec une ambiance qui nous évoque par moments Papa Roach. Le morceau est beaucoup plus accessible mais conserve cette énergie caractéristique du groupe. Et évidemment, les paroles restent complètement décalées. Puis SiM place un breakdown vers la fin du morceau, histoire de rappeler qu’on n’a pas complètement quitté le territoire metal.
FREEZE ME UP, placé derrière représente probablement l’une des meilleures synthèses de ce que SiM sait faire. Metal et reggae cohabitent sans jamais donner l’impression d’être forcés à partager le même morceau. Les guitares peuvent devenir lourdes, puis le rythme bascule naturellement vers quelque chose de beaucoup plus dansant. On retrouve également quelques passages en japonais, ce qui reste assez rare dans la discographie récente du groupe destinée à son public international. Le morceau possède donc cette identité hybride qui a toujours fait la force de SiM : impossible de vraiment les enfermer dans une case.
Et puis vient Sailing On pour clôturer. Après un album aussi chargé, aussi coloré et aussi imprévisible, le dernier morceau aurait pu être une simple conclusion.Puissant, mélodique et légèrement plus émotionnel, Sailing On agit presque comme un exutoire. Le morceau semble parler d’ego, de confiance en soi et de cette volonté d’avancer malgré tout. C’est une manière particulièrement efficace de terminer l’album : après avoir sauté entre metal, reggae, ska, nu-metal, punk et rock, SiM termine finalement sur quelque chose de plus mélodique et introspectif.
Avec HOOMAN AFTER ALL, SiM prouve une nouvelle fois qu’après presque vingt ans de carrière, ils n’ont clairement pas dit leur dernier mot. Plus heavy, toujours aussi barré et capable de passer du metal au reggae ou au ska sans prévenir, l’album condense tout ce qu’on aime chez les Japonais : de gros riffs, des morceaux taillés pour le live et surtout une bonne dose d’humour. SiM continue de s’exporter, mais sans jamais perdre ce qui fait son identité. Et franchement, tant mieux : on espère maintenant pouvoir entendre tout ce joyeux bordel très vite en live !

Tracklist :
01 FiVE TiMES DEAD (by my wallet)
02 BLiNDEYES (feat. 花冷え。)
03 DALALA
04 HOLD MY BEER
05 Karen’s Son
06 The Sniffing Cats Ska (feat. HEY-SMITH)
07 HOOMAN AFTER ALL
08 GHOST iN TOKYO
09 ZiON (feat. Masato)
10 BLACK SUBMARiNE
11 FREEZE ME UP
12 Sailing On
[ENGLISH VERSION] There are bands whose songs are instantly recognizable from the very first seconds, without even needing to look at the screen. SiM is definitely one of them. For nearly twenty years, the Japanese group has built its identity around a blend that is as unlikely as it is incredibly effective: reggae, ska, punk, hardcore, metal, and nu-metal—all thrown into a hyper-energetic shaker.
On September 2, 2026, SiM releases HOOMAN AFTER ALL, its seventh studio album. Released via UNFD, the record follows 2023’s PLAYDEAD and marks a new milestone for the band: a Japanese act now expanding its reach far beyond home turf, following numerous tours across Europe and the US.
Right from the opening of « FiVE TiMES DEAD (by my wallet), » the message is clear: this time, SiM means to hit hard. The track is instantly recognizable as theirs but feels more aggressive than much of their previous work. It inevitably brings to mind the energy of « The Rumbling« , their massive hit written for Attack on Titan, but here, the band turns the metal intensity up a notch. The riffs are heavier, the breakdown packs a punch, and MAH leans more heavily into his aggressive vocal range with deep growls. His voice remains unmistakable, of course, but here he seems particularly eager to remind us that he can also deliver some seriously heavy sounds.
The second track, « BLiNDEYES, » had already offered a glimpse of what the album had in store. Released as a single on May 22, 2026, the song features Yukina, the vocalist of HANABIE.; the collaboration feels like a natural fit, given how both bands share a desire to mix genres. Yukina’s vocals reinforce specific sections including the signature « Sumimasen » chants while the backing vocals add a fresh texture to the track. Yet, SiM’s signature style remains dominant: a massive rhythm section, gritty vocal passages, a well-placed breakdown, and even a touch of nu-metal vibes that give the song a particularly infectious energy. It’s a collaboration that really works, inevitably making you want to picture the two bands sharing a stage. Given their connections and past joint tours in Japan, it’s easy enough to imagine though for us Europeans, we’ll likely have to keep our fingers crossed tight.
With « DALALA, » SiM certainly isn’t slowing down. Heavy riffs keep coming, reinforcing an impression that quickly takes hold as you listen: HOOMAN AFTER ALL is arguably one of the heaviest albums in the band’s catalog. And then there’s that chorus. The « DALALA » hook seems practically designed to be screamed by an entire arena. It’s the kind of track that instantly makes you picture the live experience: a crowd jumping, a mosh pit going wild, and MAH in the middle of it all, likely doing his signature two-step. « HOLD MY BEER » keeps that momentum going without trying to outdo everything else at all costs. The track has a strong nu-metal influence and gives the bass a prominent role. The result is highly danceable, featuring a reggae tempo that immediately recalls the band’s core sound. It doesn’t really serve as a breather after the preceding tracks; SiM retains aggressive sections and touches of screamo. Yet, the song feels less explosive and, above all, much lighter.
And then, of course, there are the titles themselves: between « FiVE TiMES DEAD (by my wallet), » « HOLD MY BEER, » and « Karen’s Son, » SiM seems to have decided that a heavy album didn’t have to be serious. Speaking of which, « Karen’s Son » is probably one of the album’s most surprising tracks. We briefly step away from metal for something much more rock-oriented, with a vibe that feels almost vintage and distinctly American. There’s even a hint of pop-punk that might remind listeners of certain bands from the 2000s. Naturally, a question crosses our minds: have their international tours left a mark? While the track doesn’t exactly revolutionize SiM’s sound, it offers the album a real breath of fresh air. Above all, the lyrics are well worth checking out. After all, if you thought the band was suddenly going to get serious, you’re in for a disappointment!
For « The Sniffing Cats Ska, » SiM teams up with HEY-SMITH, a Japanese band deeply rooted in the country’s punk and ska scenes, and one with whom they have frequently shared the stage. The result is inevitably highly danceable. Reggae and ska take center stage, though a few heavier passages serve as a reminder that we are still listening to HOOMAN AFTER ALL. After the metal onslaught at the start of the album, it feels almost relaxing. Almost—because the lyrics are completely absurd. And here again, it’s impossible not to think of the cats that play a central role in the album’s visual aesthetic. The title track naturally continues this reggae interlude: « HOOMAN AFTER ALL » is much more laid-back than the opening tracks, giving us a moment to catch our breath. But as always with SiM, one shouldn’t be fooled by the apparent tranquility. Because yes : it really seems like we’re inside a cat’s head. « Meows » pop up here and there, and the lyrics are definitely worth a closer look. It’s completely silly, yet genuinely funny.
Above all, it perfectly encapsulates what makes SiM so endearing. Even with an international career that’s rapidly gaining momentum and even after penning one of their biggest hits ever with « The Rumbling« , the band retains its knack for goofing around while maintaining impressive musical seriousness.
With « GHOST iN TOKYO, » the mood shifts once again. The track is heavier, recapturing that fantastical almost horror-esque vibe that suits SiM’s imagery so well. Between their dark aesthetic and their bat emblem, the band has always had a bit of a Halloween edge that works really well for them. It’s a solid, interesting track, even if it might not be the one that stands out most on the album.
Then comes « ZiON, » featuring Masato from coldrain. And that’s a winner. The track kicks off at a high tempo, immediately bringing back SiM’s most aggressive metal side. MAH’s screams blend with Masato’s clean vocals and screams, and the combination works beautifully. Ultimately, it’s not all that surprising; the two bands have been close for a long time, have shared the stage countless times, and have collaborated on several occasions. Their chemistry feels almost natural. But « ZiON » succeeds, above all, in turning that rapport into a truly standout track. It’s powerful, fast, and punchy and likely one of the songs we’re most excited to see performed live. After the intensity of « ZiON, » « BLACK SUBMARiNE » dials back the pressure a notch.
It features a blend of rock and nu-metal, with an atmosphere that occasionally brings Papa Roach to mind. The track is far more accessible yet retains the band’s signature energy. And, of course, the lyrics remain delightfully offbeat. SiM then throws in a breakdown towards the end a reminder that we haven’t completely strayed from metal territory.
The following track, « FREEZE ME UP, » is arguably one of the best examples of what SiM does best. Metal and reggae coexist without ever feeling forced together. The guitars can get heavy, only for the rhythm to shift naturally into something far more danceable. There are also a few passages in Japanese, a rarity in the band’s recent output aimed at an international audience. The song embodies the hybrid identity that has always been SiM’s greatest strength: it is impossible to pigeonhole them.
Finally, « Sailing On » closes out the record. After such a packed, colorful, and unpredictable album, the final track could easily have been just a standard conclusion. Instead, « Sailing On » powerful, melodic, and slightly more emotional acts almost as a cathartic release. The song seems to touch on themes of ego, self-confidence, and the drive to keep moving forward no matter what. It is a highly effective way to end the album: after jumping between metal, reggae, ska, nu-metal, punk, and rock, SiM wraps things up with something more melodic and introspective.
With HOOMAN AFTER ALL, SiM proves once again that, after a career spanning nearly twenty years, they are far from finished. Heavier, as wild as ever, and capable of switching from metal to reggae or ska at a moment’s notice, the album encapsulates everything we love about the Japanese band: massive riffs, tracks built for live performance, and, above all, a healthy dose of humor. SiM continues to expand its reach globally without ever losing its unique identity. And honestly, that’s a good thing: now we hope to hear all that glorious chaos live very soon!
