Un an après la sortie de son cinquième album, VOICES, Not Scientists se produisaient sur la scène du Hellfest pour un show forcément marquant dans la carrière des français. Nous avons pu nous entretenir avec le groupe quelques heures après leur passage sur la Mainstage du festival.
Vous venez de sortir de scène, vous pouvez nous raconter comment ça s’est passé sur scène ? Quel est votre ressenti ?
Ed [Guitare / chant] :Trop bien, il y avait du monde à 11h00 et on était à l’aise. Je pense qu’on a fait un bon set et on a bien kiffé.
Vous aviez pas un peu peur, peut-être qu’il y ait un peu moins de monde avec la chaleur?
Ed : Ouais et puis bon, il est tôt, c’est le dernier jour du festival, on se demande si les gens vont se lever… Et puis en fait, les gens se sont levés et ils sont venus donc trop bien.
Est-ce qu’il y a un peu plus d’appréhension à monter sur scène quand c’est le Hellfest et devant autant de gens ?
Ed : Un petit peu, ouais, quand même.
Tatane [Basse] : Ouais, un petit peu de pression, quand on voit le chrono et le décompte qui te dit « attention 30 secondes! » [rires]
Ed: Mais au final super, ça aurait pas pu mieux se passer.
Aujourd’hui, vous jouez sur une scène avec quasiment que des groupes de punk rock. Est-ce que c’est plus facile pour vous d’arriver sur une scène où vous savez que tous les groupes ont à peu près le même style que le votre?
Ed : Non parce que nous on fait un style qui est pas franchement définissable. On va pas vraiment nous mettre dans une case, donc quand on joue, on ressemble jamais aux autres groupes, quoi qu’il arrive, donc c’est pas un truc qui nous stresse.
Par contre, ce que tu as dit avant, ça m’a fait réaliser que on a joué sur la même scène que Metallica quand je les ai vus il y a 2 ans. Ça veut dire que j’ai joué au même endroit que James Hetfield et je suis en train de le réaliser maintenant ! [rires]
Habituellement tous les groupes punk rock sont plutôt sur la Warzone mais aujourd’hui on a une journée punk rock sur la Main Stage 1 et je trouve ça cool mais quand on regarde la prog il n’y a pas beaucoup de groupes très récents et je pense que vous êtes aussi le seul groupe français un peu du style. Quel est votre avis un peu sur la scène punk française ? Est ce qu’il ne manque pas un peu de groupes un peu plus récents, un peu novateurs comme le vôtre sur la scène française, en tout cas dans le punk rock.
Ed : Non il y a plein de choses, après il faut aller dans les petits lieux et aller découvrir. Il y a plein de groupes supers après comme je disais, des groupes comme nous, je sais pas, on en a jamais croisé parce que c’est une musique un peu particulière, il y a plein d’influences différentes, donc on peut pas vraiment se comparer…
Et toi, du coup, t’étais à la place de Kirk Hammett ? et toi t’as joué là-haut à la place de Trujillo ? Et toi, Lars Ulrich? [rires]
C’est pas un compliment, c’est ça ?
On va revenir un peu sur l’actualité du groupe. Votre dernier album, Voices est sorti il y a un peu moins d’un an. Quel est votre ressenti maintenant avec un peu plus de recul sur la réception de l’album? Comment l’album a maturé un peu avec le temps?
Ed : Ecoute, on a eu aucun avis négatif. On a eu beaucoup d’avis positifs, donc ça nous amène à nous dire que l’album a plutôt plu, donc ça c’est cool. Et nous on kiffe de le jouer en concert, on le joue quasiment en entier sur cette tournée, donc on est plutôt contents
J’ai l’impression que vous trouvez de plus en plus votre style au fur et à mesure des albums, et que là ce dernier album, je trouve qu’il est un peu entre Golden Staples et Staring at the Sun, est-ce que c’est un peu votre ressenti aussi ?
Tatane : Oui c’est voulu pour le coup, on a essayé de reprendre des recettes un peu plus traditionnelles de punk rock, comme ça avait été le cas avant dans le groupe, mais on est allé aussi plus loin dans le côté un peu plus new wave avec un peu plus de texture et le résultat est chouette. Ce qui est chouette aussi, c’est qu’on garde notre public punk rock du début, mais on gagne un autre public qui n’écoutait pas Not Scientists avant.
Et d’ailleurs sur Staring at the Sun, vous aviez fait une version deluxe. Est-ce que c’est quelque chose qui est en projet de rajouter des morceaux live ou des morceaux en plus sur une prochaine sortie ?
Ed : Alors sur l’album d’avant ce qui s’est passé c’est qu’il y avait 4 morceaux en plus qu’on avait pas mis sur le disque donc c’est pour ça qu’il y a eu un EP derrière avec des morceaux live. Là tout ce qu’on a enregistré on l’a mis sur le disque, on a pas de morceaux en rab.
Tatane : Mais on a plein d’idées pour la suite, on manque juste un peu de temps
Donc là l’actualité c’est vous avez encore des tournées, des concerts de prévus?
Tatane : Ouais, on a 75 concerts cette année, quelques festivals cet été et puis on reprend la tournée en septembre. Et puis on a déjà commencé à recomposer pour le prochain album.
Ed : On va partir en Espagne, en Allemagne. Et on compose en même temps pour prendre un petit peu d’avance sur le prochain album. On est à fond!
J’ai vu que vous étiez au Canada aussi là, au mois de mai?
Ed : Oui c’était pour le Pouzza Fest à Montréal!
Et l’accueil a été bon là-bas?
Ed : Oui, encore mieux que la première fois d’ailleurs!
J’étais un peu surpris de l’intro du concert avec la musique électronique, les références Pokémon, racontez nous un peu : vous êtes des geeks, c’est un truc entre vous?
Ed : on game tous un peu depuis toujours et en fait, le premier morceau de l’album, Endgame, mon beau-frère, qui est un artiste techno hardcore, a fait une version 8 bits de ce morceau parce qu’on avait un projet de faire un petit jeu vidéo, qui ne s’est pas fait, mais on avait cette version 8 bits de ce morceau. On s’est demandé ce qu’on pouvait en faire. Et en fait, il y a eu l’idée de s’en servir comme intro de concert. Et du coup, au fur et à mesure, on s’est dit tiens, on pourrait rajouter des morceaux de jeu en 8 bits et puis finir sur la version 8 bits du morceau et enchaîner avec la vraie version du morceau en début de concert.
Sur Staring at the Sun l’album précédent, il y avait une reprise de UK Subs et j’ai trouvé ça étonnant. Pourquoi ce morceau qui n’est pas forcément le plus connu du groupe ? Est-ce que vous pouvez raconter un peu d’où ça vient ? Pourquoi ce morceau ?
Ed : UK Subs ils ont eu une période dans les années 80, où ils ont fait quelques albums moitié new wave, moitié punk. Ce morceau est dans l’album qui s’appelle Endangered Species, ce morceau, moi je l’avais dans la tête depuis presque 20 ans, je les avais vu en concert et j’avais acheté cet album là et toute ma vie j’ai attendu un moment où je me suis dit ce morceau, un jour, il va falloir qu’on le reprenne avec un groupe ou un autre. Et vu la couleur que prenait l’album Staring at the Sun, je me suis dit putain là c’est le moment idéal parce que le morceau ressemble à l’album qu’on était en train d’écrire, parce qu’il représente la direction qu’on était en train de prendre. Donc j’ai demandé aux autres si ça les intéressait. En fait, j’en ai fait une démo et je leur ai pas dit que c’était une reprise. Je leur ai fait écouter, ils ont fait « ouais putain c’est cool » et j’ai dit « c’est une reprise ». [rires]
Mais c’est vrai que quand on écoute l’album comme ça, on se dit pas que le morceau se détache du reste et tu sais pas que c’est un autre truc, il faut aller fouiller dans les crédits ou quoi pour se rendre compte.
Ed : Oui il n’y a pas beaucoup de gens qui la reconnaissent, mais c’est arrivé quelques fois.
Il y a beaucoup de groupes de punk aujourd’hui, que ça soit sur la Mainstage 1 ou sur la Warzone, est-ce qu’il y a des groupes que vous avez prévu d’aller voir?
Ed : Il y a Drain que j’ai bien envie d’aller voir. Il y avait les Dwarves juste après nous. On a pu voir quelques morceaux, trop bien. Il y a les Hives, Circle Jerks, il y a Pennywise, les Ataris, j’aimerais bien voir… Aujourd’hui, il y a plein de trucs !
Pour Not Scientists c’était la première fois au Hellfest mais toi, tu avais déjà joué en 2018 avec Uncommonmenfrommars? Tu as vu des différences ? Parce qu’avec Uncommonmenfrommars vous étiez sur la Warzone…
Ed : Ouais c’est un peu différent d’être là sur les mains stages. C’est différent, c’est plus grand mais les deux, franchement les deux étaient hyper cool. Différemment, mais les deux expériences étaient incroyables.
Pour revenir sur ce que vous disiez tout à l’heure, sur le fait que vous définissez vraiment comme un groupe à part. Comment vous définirait le style de votre groupe du coup ? Un mélange de punk et de new wave, de post-punk ?
Ed : Ca c’est la question la plus difficile à laquelle on doit répondre. Mais t’as pas tort, il y a des éléments de punk rock, des éléments de new wave, mais pas que. J’ai l’impression que dans ce groupe, on a tous joué dans des groupes de punk ou de hardcore avant, qui étaient dans des styles assez définis. Et dans ce groupe, on peut se permettre de faire sortir des influences qu’on n’a jamais sorties dans les groupes d’avant parce que c’était juste pas possible en fait.
Donc chacun apporte ses influences, son expérience, son style de musique…
Basile, par exemple, écoute beaucoup de pop ou de R&B, je ne sais pas comment on peut définir ça. Et je le reconnais dans certains rythmes que tu fais, sur certains morceaux, je sens que tu puises un peu là-dedans des fois. Et c’est cool parce que sur un morceau de punk rock ou sur un morceau qui n’a rien à voir ça apporte une couleur différente.
Et quelles sont les groupes primordiaux qui vous influencent particulièrement dans votre style à vous ?
C’est difficile à dire parce qu’il y en a tellement en fait. Ça va des Cure aux Hot Snakes, en passant par Hot Water Music. En gros, tous les groupes qu’on a écoutés toute notre vie et qu’on a aimés sont potentiellement une influence, en fait, consciemment ou inconsciemment.
Merci à Not Scientists pour leur disponibilité et leur sympathie et merci à Romain de Singularités pour cette opportunité!
