Entretien avec le groupe Mourir lors du Hellfest 2026

Lors du Hellfest 2026, on a eu le plaisir de poser quelques questions au groupe Mourir avant la sortie quelques jours après le festival de leur album , Nous, Le Venin! Merci à Romain de l’Agence Singularités pour cette opportunité.

Bonjour ! Alors, vous avez joué tout à l’heure sur la Temple, est-ce que vous avez déjà eu des retours sur votre set ou pas du tout ?

Je crois un peu, alors on a vu surtout des stories Instagram. Ouais, quelques-uns, un bon départ, parce qu’on n’a pas trop eu le temps de regarder encore. On est allé manger direct après, donc bon, ça enchaîne très vite.

Quelques-uns des proches. Moi, j’ai quelqu’un de la famille, ils sont tous venus, et il m’a dit que c’était bien.

Alors, c’est probablement parce que c’est quelqu’un de la famille.

Mais oui, non, non, apparemment, c’était bien, le tout était bien, c’était bien.

Je vous confirme.

C’était un peu impressionnant, c’est la première fois qu’on joue sur une aussi grosse scène.

Donc, c’était un peu, un baptême du feu.

Et c’était un peu stressant aussi, mais bon, c’était cool. Il faut qu’on continue.

On fait un autre festival cet été, en Espagne, le Resurrection. Du coup, ça va nous mettre un petit peu le pied à l’étrier.

Bon, courage pour le voyage, parce qu’apparemment, le Resurrection, c’est très compliqué.

On a deux dates sur la route.

C’est le voyage de Toulouse, donc c’est un peu moins loin qu’ici. Que si on partait d’ici, je veux dire. Nous, on est loin de tout, faut savoir.

Toulouse, c’est pas si loin de tout, quand même.

Non, mais du Resurrection, en tout cas, c’est quand même à dix heures.

C’est clair. Ça va faire un petit voyage. Et l’accueil était génial ce matin.

Ouais, c’était hyper fluide. C’est incroyable. Ils nous mettent directement à l’aise.

Ouais, on a eu le temps, on a eu la chance de faire un petit peu de balance, c’est tout. Parce qu’il y a le calme sans le monde. L’avantage de jouer en premier, c’est ça.

T’as bien ton moment pour faire tout ce que t’as besoin en réglage.

C’était très bien. Nous, on a kiffé.

Alors, d’ailleurs, je vous ai découvert grâce aux infos de l’agence Singularité, mais je ne connaissais pas du tout Mourir avant. Est-ce que vous pouvez nous présenter le groupe un peu ? Votre genèse, comment vous avez créé le groupe?

Alors, à la base, c’est un one-man-band de Olivier, le guitariste-chanteur. Il a eu un album solo dans un projet qui s’appelle Vermine, qui n’est pas à confondre avec un Vermine nazi.

Il existe un Vermine nazi, mais c’est pas lui. Mais qui a été fait après. Oui, il était antérieur, mais bon, voilà. Il faut le savoir! Cet album-là est vraiment cool. C’est sur Bandcamp, d’ailleurs. Je sais pas comment ça s’appelle, le disque, mais il a sorti ça.

Et en fait, ça a eu un petit succès sur le coup, auprès de la communauté Black Metal. Et notamment, il a été poussé par… Throatrunner ? Il a été poussé par divers labels pour continuer.

Et il s’est dit, si je continue, je le fais en groupe. Et donc, il a recruté des gens. Maëlle et moi, et Jean, notre ancien bassiste, on se connaît depuis très longtemps.

Et donc, ça s’est basé sur ce qu’il lui restait de compo, de Vermine, tout ça. Donc, on est parti de ça, en 2018.

C’était des compos un peu plus basiques sur le premier album. Vraiment plus Black Metal. Un peu traditionnel.

Ses influences sont vraiment old school à Olivier.

Et ça a évolué avec le temps. Ça se voit déjà dans sa façon de jouer et de chanter.

Ça se voit qu’il est plus dans quelque chose d’old school que dans quelque chose de moderne.

Ouais, tout à fait. Et en fait, comme Maëlle et moi, on avait un groupe avant, plutôt post-metal, qui s’appelait Selenite, à l’époque et c’était plutôt influencé Cult of Luna, des choses comme ça. Et je pense qu’aujourd’hui, il y a un espèce de mélange.

De post-metal et Black Metal à l’ancienne. Le trois avec un juste milieu.

Donc voilà la genèse. Et après, on a fait trois albums.

C’est le troisième album qui sort bientôt, d’ailleurs.

Qui sort le 10 juillet.

On a eu un changement de bassiste il y a un an et demi.

C’est Théo qui nous a rejoints, qui joue dans Bruit. C’est le guitariste qui joue demain, qui est un groupe de post-rock qui est très bien.

Voilà. Mais ça fait un an et demi qu’il est avec Bruit. Il apporte encore une autre force, il vient pas du tout du Black Metal ou quoi.

Il amène quelque chose de… Un peu plus, je dirais, entre grunge et doom. Ça amène encore une nouvelle facette, un peu, dans l’approche sonore.

Et pour cet album, parce que moi, c’est ce que j’ai ressenti sur scène. J’ai vu ça comme quelque chose de très cathartique, ce que vous faisiez.  Et j’ai vu ça comme quelque chose, moi qui me parle beaucoup, des groupes comme Amenra. Est-ce que vous avez des influences comme ça, dans ce style de groupe ?

Je pense que… C’est pas du tout la DA.

C’est pas vraiment la DA, à la base. Enfin, on n’a pas la volonté consciente de vouloir faire ça, mais ça fait partie quand même des groupes qu’on a beaucoup écoutés. Enfin, pas spécifiquement Amenra, mais Cult Of Luna, Neurosis, ça revient vraiment à ça.

Théo écoute beaucoup Neurosis, par exemple. Cult Of Luna beaucoup, des groupes comme ça. Il écoute plein de choses.

Mais effectivement, il y a quelque chose… Moi, c’est que ça m’a fait… C’est vraiment le même effet que moi j’ai eu sur du Amenra en live.

Tout à fait, oui. Ça fait super plaisir, parce que c’est une bonne référence.

Moi, je me souviendrai toute ma vie de la première fois que j’ai vu Amenra.

Moi aussi.

Une tarte incroyable.

C’était il y a 20 ans. En 2006.

Je pense que le chant y était pour beaucoup, parce qu’il y a vraiment ces influences aussi, des groupes plus black metal. Il y a un truc très viscéral où t’as l’impression que le mec est censé être libre. C’est totalement la volonté. Et les paroles, d’ailleurs, aussi.

Alors, du coup, ma prochaine question, c’était… Est-ce que vous avez eu un processus de composition et d’écriture particulier pour ce nouvel album ?

Particulier, non.

Finalement, c’était un peu ce qu’on avait fait avant. Notre deuxième album Disgrâce, c’était déjà un peu sur ce mode-là, je crois.

Moi, je fais beaucoup de maquettes de morceaux. Et, en gros, l’idée, c’est je fais des maquettes. Ensuite, on les retravaille avec Olivier. Et on les teste en répètes et on fait plein de changements. Mais à la base, ça part d’un truc derrière un ordi.

Mais il y a tous les instruments, il y a la batterie qui est programmée. Je propose et on discute. Il y a des fois des morceaux qui bougent pas du tout. Il y a des morceaux qui changent du tout au tout. C’est vraiment… Il n’y a pas de règle. A partir de là. Disgrace avait été fait beaucoup comme ça.

Et là, ce nouvel album, pareil. Honnêtement, il n’y a pas de mystère. Parce que, jouer en répètes des trucs qui sont programmés sur une maquette derrière un ordinateur, ça met le doigt sur beaucoup de choses.

Des choses qui sont finalement pas bien jouables ou machin. Des trucs qui fonctionnent très bien, en fait, comme ça, on les change pas.

Ça permet vraiment de tout tester. Et en plus de ça, comme derrière, tout le process, on enregistre tout en live sur les albums. Donc, si ça ne sonne pas bien en vrai, ça ne sonne pas bien en vrai.

Pour moi, les versions studio que j’ai écoutées, ça sonne exactement comme en live.

C’est littéralement la même chose qu’on fait, mais c’est très raccord. Et tu peux voir, on a sorti une vidéo en noir et blanc, là. C’est des vraies images, des vraies prises de l’album. Ce n’est pas du tout un clip ou quoi.

Et du coup, la prochaine question, on va un peu parler des clips. Qu’est-ce qui vous influence autant pour écrire vos morceaux que pour votre côté visuel ?

Olivier, il bosse dans la communication, donc c’est quelqu’un de l’image. Moi, je suis tatoueur, je fais rebouffer un peu les visuels aussi ensemble. On travaille… On a peut-être une perception de l’image différente et on se donne les avis chacun.

Je pense qu’on va chercher des influences un peu tous. Comme pour ce qu’on écoute, c’est hyper varié. Vraiment, on ne se limite pas à une idée en particulier, sincèrement.

Je pense qu’on a eu la chance de partir avec un bon logo à la base et ça nous aide beaucoup. C’est un artiste italien qui ne fait que des logos de black metal.

Il s’appelle View from the coffin sur Instagram. Et du coup, il nous a fait un logo au départ et on lui a fait pas mal de retours. On l’a fait un peu chier pour que ça se différencie un petit peu du reste.

Et c’est pour ça qu’on a un aspect un peu plus coupant, aiguisé que la plupart, je trouve, en tout cas, visuellement. Ce qu’on cherche, nous, avant tout, pour les pochettes et tout ça, c’est d’encourager aussi pas mal les artistes locaux. Pour la pochette de Disgrace, on a fait travailler un photographe de Toulouse.

On recherche vraiment ça. Le nouveau, c’est un peintre de Toulouse qu’on essaie vraiment d’encourager, pas d’encourager, mais en fait, de travailler avec des choses qui nous touchent. On s’adresse à des gens qui sont au même niveau que nous.

Ce qu’on veut, c’est essayer de varier sur les différentes versions de l’art en général pour aller chercher à chaque fois quelque chose de nouveau. On essaie de changer de médium ou quoi, mais de rester toujours dans une sorte de thématique. C’est souvent là, en l’occurrence, Disgrace et Nous, Le Venin.

Les deux pochettes, une, c’est de la photo, l’autre, c’est de la peinture à l’huile, mais c’est tous les deux une espèce de bonhomme avec un regard qu’on trouve pas trop simple et inquiétant. On ne sait pas trop. On se pose des questions, on a l’air un peu perturbés, on sait pas.

Et c’est des choses comme ça qu’on essaie de capter, une espèce de vibe un peu malaise, mélancolique, bizarre. On sait pas trop ce qui va se passer quand on va faire play.

ça me rappelle vraiment Amenra. Quand on écoute un morceau de ce groupe , c’est vraiment, on sait pas où ça va et c’est ça qui m’intéresse vraiment dans un groupe dans ce genre-là.

Oui, ça peut être surprenant. Tout à fait. C’est plus intéressant que les groupes où on s’attend à tout. Mais c’est plus intéressant dans le sens où la surprise va être justement plus intéressante.

En fait, c’est ça, on essaie de pas rentrer dans le cliché parce que le black metal, il y a beaucoup ça. Et voilà, en fait, il y a des gens qui adorent. Enfin, c’est juste que comme on vient pas de ça, on se retrouve pas dans le folklore. C’est juste que c’est pas là d’où on vient. On cherche à l’aborder par un autre angle.

Mais, tu vois, le t-shirt de Maël, là, c’est un artiste, un Toulousain qui s’appelle Jeb, un tatoueur. Il concile la peinture et tout ça. Notre premier t-shirt, c’est lui qui nous l’a fait.

Et après ça, on a fait un EP, 4 titres. Peut-être que tu l’as vu passer.

On a fait un EP, 4 titres avec, avec l’espèce de… des bronzes, là, sur la pochette. Et tu vois, c’est un super pote à nous. On le connaît très bien. Et on s’est dit, son style est très bien pour ce qu’on fait. En même temps, c’est pas trop cliché, mais il y a quand même certains codes. Toi, tu raccroches les wagons du black metal par certains codes, mais en n’étant pas non plus en plein dedans. On essaie d’aller là-dedans. On fait autant qu’on peut, ce truc-là.

Alors là, vous allez sortir l’album le 10 juillet. C’est quoi vos projets pour la suite ?

Eh bien, en fait, on se laisse un peu embarquer par le train.On a eu la chance de rejoindre une équipe de booking qui travaille très, très bien.

Ça s’appelle Dead Pig. Et pour le coup, qui nous a trouvé le fest. Et là, ça ouvre sur plein de choses et on a une belle tournée qui se déroule avec ça. Ça va se préparer.

Oui, septembre, octobre, on devrait partir deux, trois semaines. France, Suisse, Allemagne, Danemark, Belgique, Hollande.

On finit au SoulCrusher Festival en Hollande début octobre. L’affiche est incroyable.

Franchement, on hallucine total d’être à l’affiche de ce truc-là! C’est fou.

On comprend pas trop. On cherche pas vraiment nous à grossir ou quoi que ce soit.

Vraiment, on laisse le truc venir à nous. C’est pas dans notre approche. Nous, on a nos vies, on a nos taffs.

Théo est professionnel de la musique, notre bassiste, notamment avec Bruit qui passe demain.

Oui, c’est pour ça qu’il me disait quelque chose, je l’ai déjà vu sur scène.

Voilà, lui, c’est l’intermittent. Mais nous, les trois autres, on est pas intermittents. C’est une autre approche que la musique que lui. Il nous propose à nous, on prend sur nos jours de repos.

Après, en tout cas, les choses s’ouvrent bien et on a des belles propositions pour l’année prochaine aussi. Là, on est un peu à l’orée d’une nouvelle version de nous, quoi.

Et c’est chouette. On est super contents.

Déjà, d’être là, d’être ici, c’est incroyable. Voilà, on a tous à peu près 40 balais dans le groupe. On a toujours fait de la musique et vu que ça arrive maintenant, c’est marrant.

Et on profite, quoi. Ça aurait pu arriver il y a 20 ans, mais ça arrive là, c’est marrant.

Oui, c’était plus difficile de se faire connaître il y a 20 ans, c’était un bon moment de la communication. Les étoiles s’alignent. En tout cas, maintenant, ça s’est ouvert, voilà.

Alors du coup, vous, vous êtes passé tôt ce matin. Est-ce que vous comptez aller voir des groupes dans l’après-midi si vous avez un peu de temps, si vous êtes encore là ce week-end ?

Moi, j’aimerais bien voir Ceremony, j’adore. Peut-être Mastodon.

Mastodon serait cool, je n’ai jamais vu, j’aurais aimé voir avec Brent Hintz vivant dedans, mais bon. C’est tard, on sera peut-être très fatigué à cette heure-là. Torche, moi j’aimerais bien voir Torche.

C’est vraiment cool. J’aimerais bien savoir sur quelle scène *regarde l’affiche placardée*, ah oui, Valley. On est où là ? Là.

Ça c’est à 1h du matin, . Ceremony, Loathe , et Slift.

Loathe, Slift, ils sont de chez nous.

Loathe, je suis curieux de voir. Tu vois, en fait, on va rester par là. Sepultura, apparemment, c’est le dernier concert ever en France.

Ouais, et c’est marrant parce que je suis venu en 2008 au Hellfest et la moitié de l’affiche, c’était déjà la même. Ah, La moitié, j’exagère, mais il y en avait beaucoup.

Notamment, Helloween, Ultra Vomit. C’est vrai que notre truc à nous, c’était plus cette scène-là. Oui, Cult Of Luna, Amenra, God is an astronaut, Bruit, du coup. On s’est dit d’ailleurs que c’était très cool de jouer sur la Temple. Ouais, mais qu’on aurait aussi bien pu jouer sur la Valley. Mais au final, c’était très bien la Temple.

C’était ma dernière question. Je vais vous laisser les mots de la fin si vous souhaitez rajouter quelque chose, un petit message pour ceux qui vont lire l’interview.

Eh bien, merci beaucoup. Je vous fais un gros bisou. Oui, un gros bisou, merci beaucoup pour le soutien.

Peut-être qu’on se croisera sur cette tournée septembre-octobre, on va l’annoncer bientôt. On joue la semaine prochaine à Bourlon.

Le Rock’n’Bourlon ?

Le Rock’n’Bourlon, on joue le vendredi.

Je vais dire à Victor de faire un tour.

Ah, vas-y.

On a des copains qui sont là-bas en tant que médias en plus.

Ça va être super chouette, je pense. Alors, il y a des gens qui nous ont contactés pour une interview :  Sounding Shivers.

Je sais plus. Je pense que c’est Romain qui va gérer ça, mais… En tout cas, on y sera. On a très hâte parce qu’apparemment, on a entendu beaucoup de bien de ce festival. On aura tous très chaud ensemble. Et bon, voilà, ça va être vraiment cool.

Rendez-vous à Bourlon, rendez-vous au Resurrection pour ceux qui y vont aussi. Et puis sinon, peut-être sur la tournée.

Merci beaucoup.

Merci à vous, c’était super.

Mary Motionless
Mary Motionless
25 Forever. Nergal est ma Tata, j'aime vadrouiller pour les concerts et voir les copains partout et me faire tatouer à fond!

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