Avec Cheaper Than Therapy II, Kid Bookie revient avec une recette qui lui ressemble : du rap, des sonorités metal, des passages plus mélodiques et une bonne dose de provocation. Sorti le 16 octobre 2026, cet album fait suite au projet du même nom paru en 2021. Mais ici, l’artiste semble surtout vouloir pousser plus loin ce qu’il sait faire, sans se soucier de savoir si le résultat entre dans une catégorie bien définie.

Difficile de passer à côté de « H.A.T.E », qui ouvre l’album sans prendre de détour. Le morceau est agressif, les flows s’enchaînent à toute vitesse et les cris viennent renforcer cette impression de colère permanente. Kid Bookie est clairement dans son élément lorsqu’il joue avec les contrastes entre rap et metal. On retrouve cette énergie sur « Disasterpiece », même si la formule peut parfois donner une impression de répétition.
C’est justement dans les moments où il change de direction que l’album devient le plus intéressant. Sur « BLAME », accompagné de Corey Taylor, Kid Bookie laisse davantage de place aux voix et à l’émotion. Leur collaboration fonctionne parce qu’elle ne repose pas uniquement sur le plaisir de retrouver deux artistes issus de la scène alternative. Le morceau aborde aussi des sujets plus personnels, notamment les relations et la perte, avec une intensité qui donne davantage de profondeur à l’ensemble.
Autre ambiance sur « Familiar », où Lady Leshurr rejoint Kid Bookie sur un titre plus proche du rap mélodique. Le morceau parle de ces relations qui finissent par tourner en rond, lorsque l’habitude prend le dessus sur ce qui nous avait rapprochés au départ. Le changement de rythme est appréciable et apporte un peu d’air à un album qui peut parfois se montrer particulièrement dense.
« C.E.L.A.Y.N », avec Ziey Kizzy, revient vers des sonorités plus rock. Derrière les guitares et les passages mélodiques, le titre évoque aussi la difficulté de prendre ses distances avec des personnes auxquelles on tient. C’est un thème qui revient régulièrement dans le disque : comprendre que certaines relations nous font plus de mal que de bien, même lorsqu’on a du mal à s’en détacher.
L’un des morceaux les plus marquants reste « Prettier ». Dans la continuité de « Pretty », présent sur le premier volume, Kid Bookie s’intéresse aux mécanismes qui peuvent nous maintenir dans une relation toxique. Le sujet est difficile, et le morceau ne cherche pas à lui donner une conclusion rassurante. Il rappelle plutôt que certaines situations ne se terminent pas comme on l’aurait espéré. Cette approche donne au titre un poids particulier au milieu des morceaux les plus frontaux de l’album.
Les invités occupent également une place importante dans le projet. Rose McGowan intervient sur le morceau qui porte son nom, tandis que Shona McGarty participe à « Day After Day ». Kate Nash apparaît quant à elle sur un interlude consacré à la création artistique et aux réalités de l’industrie musicale. Ces collaborations peuvent sembler surprenantes sur le papier, mais elles correspondent à la démarche de Kid Bookie : faire se rencontrer des univers qui n’ont pas forcément l’habitude de partager le même espace.
Tout ne fonctionne pas nécessairement avec la même évidence. À force de passer d’un style à l’autre, l’album manque parfois de cohésion. Certains titres auraient gagné à être davantage développés, et l’énergie presque constante de la première partie peut finir par fatiguer. Mais cette volonté de tenter des choses, même lorsqu’elles ne fonctionnent pas toutes parfaitement, fait aussi partie de son identité.
Au final, Cheaper Than Therapy II est un album qui se découvre davantage pour sa diversité que pour sa régularité. Kid Bookie ne cherche pas à lisser son univers pour rendre sa musique plus accessible. Il préfère mélanger les influences, multiplier les collaborations et parler de sujets inconfortables plutôt que de s’en tenir à une formule éprouvée.
C’est justement cette diversité qui fait la force de l’album. Kid Bookie explore différentes sonorités, passe d’une énergie à une autre et parvient à garder une identité bien à lui tout au long du projet. À la croisée du rap et des musiques alternatives, il continue de repousser les limites de son univers avec une vraie liberté artistique. Un disque qui montre qu’il n’a pas fini de surprendre et qu’il préfère tracer sa propre route plutôt que de se limiter à un seul genre.
Tracklist :
H.A.T.E
BLAME (feat. Corey Taylor)
Familiar (feat. Lady Leshurr)
C.E.L.A.Y.N (feat. Ziey Kizzy)
Rose McGowan (feat. Rose McGowan)
Prettier
Day After Day (feat. Kelly Osbourne & Shona McGarty)
Kate Nash’s Interlude (feat. Kate Nash)
Disasterpiece
Hold You Down
Still Stuck In My Ways
With Cheaper Than Therapy II, Kid Bookie returns with a recipe that resembles him: rap, metal sounds, more melodic passages and a good dose of provocation. Released on October 16, 2026, this album follows the project of the same name released in 2021. But here, the artist seems above all to want to push further what he knows how to do, without worrying about whether the result fits into a well-defined category.
Difficult to miss « H.A.T.E », which opens the album without taking a detour. The song is aggressive, the flows follow each other at full speed and the screams reinforce this impression of permanent anger. Kid Bookie is clearly in his element when he plays with the contrasts between rap and metal. We find this energy on « Disasterpiece », even if the formula can sometimes give an impression of repetition.
It is precisely in the moments when he changes direction that the album becomes the most interesting. On « BLAME », accompanied by Corey Taylor, Kid Bookie leaves more room for voices and emotion. Their collaboration works because it is not only based on the pleasure of meeting two artists from the alternative scene. The piece also addresses more personal topics, including relationships and loss, with an intensity that gives more depth to the whole.
Another atmosphere on « Familiar », where Lady Leshurr joins Kid Bookie on a title closer to melodic rap. The song talks about these relationships that end up going around in circles, when habit takes over what brought us closer at the beginning. The change of rhythm is appreciable and brings a little air to an album that can sometimes be particularly dense.
« C.E.L.A.Y.N », with Ziey Kizzy, returns to more rock sounds. Behind the guitars and melodic passages, the title also evokes the difficulty of distancing oneself from people we care about. It is a theme that comes back regularly on the record: understanding that some relationships do us more harm than good, even when we have trouble detaching ourselves from them.
One of the most striking pieces remains « Prettier ». In the continuity of « Pretty », present on the first volume, Kid Bookie is interested in the mechanisms that can keep us in a toxic relationship. The subject is difficult, and the piece does not seek to give it a reassuring conclusion. Rather, it recalls that some situations do not end as one would have hoped. This approach gives the title a special weight in the middle of the most frontal songs of the album.
The guests also occupy an important place in the project. Rose McGowan intervenes on the song that bears her name, while Shona McGarty participates in « Day After Day ». Kate Nash appears on an interlude devoted to artistic creation and the realities of the music industry. These collaborations may seem surprising on paper, but they correspond to Kid Bookie’s approach: bringing together universes that are not necessarily used to sharing the same space.
Not everything necessarily works with the same evidence. By dint of moving from one style to another, the album sometimes lacks cohesion. Some titles would have benefited from being further developed, and the almost constant energy of the first part can end up tiring. But this desire to try things, even when they do not all work perfectly, is also part of his identity.
In the end, Cheaper Than Therapy II is an album that is discovered more for its diversity than for its regularity. Kid Bookie does not seek to smooth his universe to make his music more accessible. He prefers to mix influences, multiply collaborations and talk about uncomfortable topics rather than stick to a proven formula.
It’s precisely this diversity that makes the album stand out. Kid Bookie explores different sounds, shifts from one energy to another, and manages to maintain a distinct identity throughout the record. Blending rap with alternative music, he continues to push the boundaries of his sound with genuine artistic freedom. The album proves that he still has plenty of surprises up his sleeve and would rather carve out his own path than limit himself to a single genre.
