Le groupe français de brutal deathcore Hurakan nous propose son nouvel album : Eternal Scars, qui fait suite à Via Aeterna (2022). Cet opus creuse plus profondément dans la violence et l’obscurité et marque un tournant dans l’histoire du groupe. L’album sera disponible dès le 30 octobre, via NRV Promotion.
L’écoute débute avec Break Their Spine. Des sonorités dans le fond évoluent et prennent de plus en plus de place, on sent que les choses se mettent en place et que cela va exploser d’ici peu. C’est l’arrivée du chant qui lance les choses et semble libérer les instruments. Ces derniers nous proposent quelque chose de lourd, de brut et ce n’est que le début de l’album ! Le chant revient, plus puissant et plus énervé, accompagné d’une instrumentalité soutenue qui lui permet de nous montrer une partie de sa palette vocale. Ce premier morceau est un vrai concentré de violence, d’effets vocaux et on finit bouche bée. C’est le chant qui vient d’ouvrir sur Parasite et il nous scotche dès le début. Les instruments semblent plus lourds, malgré quelques courts ralentissements et le tout donne un effet grandiose. Le chant vient apporter une touche de rapidité et nous entraîne totalement avec lui. On découvre quelques courtes pauses qui permettent d’accentuer la violence et de replonger au cœur de cette noirceur. Le groupe avance ensemble et semble prêt à écraser tout ce qui se dressera sur son chemin. La seconde partie apporte quelques différences, le rythme semble plus lent mais cela ne dure pas car le chant surprend avec des piques d’accélération et la batterie retentit comme jamais. Disgrace propose une variante car le morceau débute avec l’apparition de chœurs qui donnent directement le ton. Les instruments semblent prêts à nous sauter dessus et c’est surtout le chant qui va nous époustoufler par sa prestance. On a un côté plus solennel qui refait son apparition et qui semble chercher un peu plus loin. Ce qui marque surtout ici, c’est la voix proposant des passages impressionnants et semblant presque éclipser les instruments. Les chœurs apparaissent à nouveau et on sait ce que cela prédit. Les instruments semblent tout faire trembler sur leur passage et si on n’en avait pas encore assez, le chant vient secouer une dernière fois les choses.
Dès les premières secondes, Help Me nous saisit à la gorge avec un chant puissant, violent, donnant immédiatement le ton. Portée par une instrumentalité tout aussi intense, la voix semble nous entraîner toujours plus profondément dans son univers. Les instruments se répondent, se superposent et se complètent, jouant sur une grande variété de sonorités pour construire une atmosphère aussi dense que envoûtante. C’est toutefois dans sa seconde partie que le morceau nous dévoile une toute autre facette. Le rythme ralentit, laissant davantage d’espace au chant, qui prend alors toute son ampleur. La voix impressionne par sa capacité à s’étirer, à prolonger les notes jusqu’à donner l’impression qu’elles ne trouveront jamais de fin. Cette sensation de suspension, répétée à plusieurs reprises, accentue encore la tension émotionnelle du morceau. Avec The Mirror, le groupe continue sur sa lancée brutale, portée par une instrumentation dense et lourde, sur laquelle vient se greffer un chant qui ne fait qu’accentuer cette violence. Le tout est plus brut, plus direct, sans pour autant perdre en intensité. Les instruments semblent gagner en poids au fil des secondes, jusqu’à nous écraser sous leur puissance. Un répit de courte durée permet d’intensifier le chant. Il impressionne une nouvelle fois par sa maîtrise et sa capacité à enchaîner les effets vocaux avec une facilité déconcertante. Une performance qui ne cesse de surprendre et qui nous conduit à une fin violente comme on aime. Eternal Scar se distingue par une introduction différente, sur des paroles aux accents philosophiques autour de la vie et de la mort. Une entrée en matière qui ne tarde toutefois pas à nous replonger dans le cœur du sujet, lorsque le chant et les instruments reprennent leurs droits. Le rythme est rapide, percutant, et les instruments semblent ne jamais vouloir s’arrêter, maintenant une pression constante. Pourtant, le groupe sait aussi surprendre en ménageant une pause bienvenue, un instant de douceur où le chant se fait plus captivant, presque intime. Mais cette accalmie est de courte durée : la brutalité reprend rapidement le dessus, accompagnée d’un solo de guitare qui apporte une profondeur supplémentaire au morceau, tout en lui donnant une dimension plus aérienne.
Une ambiance digne d’une église ouvre sur Dogma, installant d’emblée une atmosphère singulière, mais cette introduction est de courte durée. Les instruments entrent rapidement en scène avec une force dévastatrice, nous renversant sur leur passage. Le chant vient renforcer cette impression et semble ne nous accorder aucun répit. Quelques variations instrumentales et de brèves interventions harmoniques viennent toutefois dynamiser l’ensemble, apportant de nouvelles nuances sans jamais véritablement interrompre cette déferlante vocale. Le chant s’arrête, semblant reprendre son souffle plus d’une fois et lui permettant d’accentuer encore le tout. Durant la dernière partie, le groupe joue davantage avec le rythme et multiplie les arrêts, bousculant la structure du morceau et la conclusion est inattendue et terriblement efficace. Blind Creed propose dès le début une dynamique redoutable et nous entraîne immédiatement avec lui. Quelques sonorités électroniques viennent enrichir le tout, ainsi qu’un passage aux influences djent de courte durée. Le chant se déploie dans toute sa diversité, alternant les effets avec une intensité saisissante. Difficile de savoir où donner de la tête tant le groupe multiplie les surprises et les changements au fil des secondes. C’est avec son breakdown que le morceau nous impressionne une dernière fois : le chant s’étire avec une puissance remarquable et se démarque de tout ce que le groupe nous a déjà proposé dans cet album. Avec Hollow Soul, le groupe retrouve un rythme de croisière tout en conservant l’énergie et la dynamique qui caractérisent l’album. Le morceau prend le temps de s’installer, notamment grâce à un chant qui s’étire davantage, donnant à l’ensemble une profondeur différente. Les rythmiques se font plus hachées donnant le sentiment de se faire piétiner par l’ensemble et ne nous laisse aucune chance de survivre. Le chant continue de nous surprendre par son aisance à changer d’effets rapidement et nous conduit à un breakdown vocal qui marque et qui signe l’apogée du titre. Lilith annonce rapidement la couleur : ce dernier morceau sera lourd et sombre. L’atmosphère s’épaissit rapidement avant de laisser place à une accélération qui touche aussi bien l’instrumentation que le chant. Ce dernier continue de démontrer toute l’étendue de ses possibilités, jouant sur plusieurs niveaux et multipliant les variations pour construire une interprétation aussi travaillée que captivante. Le chant, toujours aussi impressionnant, fait trembler tout ce qu’il rencontre sur son passage.
Eternal Scars est un album qui va nous laisser sans voix. Le groupe arrive à nous surprendre autant par ses prouesses vocales que par une instrumentalité lourdes, captivantes et qui promet une fosse bestiale en live.

Tracklist :
Break Their Spine
Parasite
Dsgrace
Help Me
The Mirror
Eternal Scar
Dogma
Blind Creed
Hollow Soul
Lilith
