Nichée dans le 2e arrondissement de Paris, à deux pas de Bourse, la petite cave du Truskel offrait le décor parfait pour cette soirée placée sous le signe de l’énergie et de la proximité. Dans cette salle intimiste presque pleine, où la scène semble collée au public, les concerts prennent rapidement une autre dimension. Merci à Solace in Me pour l’invitation. Entre esthétique cyber-rock, reprises fédératrices et énorme connexion avec le public, les deux groupes auront chacun marqué la salle à leur manière, avant un final complètement chaotique signé Solace in Me.
Make It Shine ouvre le bal dans une ambiance cyber-rock
À 20h35, Make It Shine entre en scène avec une identité visuelle immédiatement marquante : chanteur en cuir avec visière futuriste, batteur en tenue cyber et bassiste casqué. Musicalement, l’influence de Muse saute rapidement aux oreilles sur fond d’électro rappelant parfois Daft Punk.
Le trio alterne entre morceaux atmosphériques et passages plus nerveux avec quelques touches de chant saturé. Malgré un public encore assez calme, la salle applaudit chaleureusement après chaque morceau.
Le groupe se distingue surtout par plusieurs moments inattendus : une fausse arnaque au QR code en plein morceau menant finalement vers leur site, puis une distribution de clés USB au milieu du set. Entre humour, esthétique cyberpunk légère et énergie sincère, Make It Shine quitte finalement la scène sous une belle ovation après avoir remercié Solace in Me et toute l’équipe technique.
Solace in Me transforme la salle en défouloir collectif
À peine arrivés sur scène avec un peu d’avance, Solace in Me déclenchent immédiatement les cris d’un public déjà totalement acquis à leur cause. Dès le premier morceau, la différence d’ambiance est flagrante : ça chante, ça saute et ça hurle dans toute la salle.
Très proches de leur public, les membres du groupe multiplient les interactions et enchaînent des morceaux énergiques mêlant chant clair, saturation et grosses parties instrumentales.
Le groupe frappe ensuite fort avec une reprise de Misery Business de Paramore. La voix de la chanteuse colle parfaitement au morceau et la salle répond immédiatement présente. Même constat sur Legends Never Die, repris en chœur par quasiment tout le Truskel.
Moment plus émouvant avec “Julia”, nouveau morceau joué pour la première fois en live. Chanté en français et écrit par le bassiste du groupe, le titre plonge soudainement la salle dans une ambiance beaucoup plus douce, éclairée par les flashs des téléphones.
Mais Solace in Me reprend rapidement le contrôle avec une reprise de Unravel de TK totalement folle, chantée jusque dans les paroles japonaises par le public. La chanteuse profite ensuite d’une prise de parole engagée autour des violences faites aux femmes avant un morceau porté par un rageur “My body, my choice”, transformant la salle en véritable exutoire collectif.
La fin du concert devient progressivement incontrôlable : solos, tapping, chant saturé maîtrisé et énorme énergie scénique poussent toute la salle à headbang dans une ambiance suffocante. Et alors que le set semblait terminé, le rappel offert par le groupe déclenche un wall of death dans l’étroitesse du Truskel. Une conclusion aussi chaotique qu’explosive pour une soirée réussie de bout en bout.
