Nothing But Thieves : Moral Panic.

Qu’on se le dise : l’année est loin d’avoir été joviale sur tout les points. Entre les différentes manifestations ayant touchées les quatre coins du monde, la crise sanitaire, clairement, l’année 2020 n’est pas celle dont on voudrait vraiment se souvenir. Au contraire, elle fait peut-être du genre qu’on aimerait oublier, voir cliquer sur le bouton avance rapide histoire que toute cette histoire se termine aussi rapidement qu’elle a débutée. Le confinement aura d’ailleurs eu des effets positifs sur certains, négatifs sur d’autre mais dans le lot, certaines personnes auront pu mettre ce temps à profit pour créer de nouvelles choses et rendre notre année un peu plus joviale.

En top de liste, on retrouve notamment Nothing But Thieves qui n’est littéralement pas resté inactif pendant ces longues semaines d’isolement qui ont suivi l’évolution de la pandémie. Des vidéos live en direct de leur salon, certaines avec leur fan, on se doute qu’en plus le groupe a profité de tout ces évènements pour faire parler leur créativité.

Voila depuis quelques mois que des morceaux sortent, les uns après les autres laissant présager un potentiel nouveau projet qui s’apprête à voir le jour. Et alors que deux mille vingt touche presque à sa fin, Moral Panic sort. Qu’est ce que vaux cet album ? Chairyoursound vous dit tout !

Moral Panic s’ouvre alors avec la chanson Unperson, single sorti en août dernier. Y avait-il meilleur morceau pour ouvrir cet album ? Probablement pas, parce que Unperson, c’est un peu une mise en bouche de ce qui nous attend. Un rock alternatif comme on les aime avec une ligne de basse qui dés les premières secondes retentit, nous offrant presque l’introduction parfaite à la chanson et donc à l’album. C’est entraînant, un peu désorganisé ce qui permet à la chanson d’avoir une identité propre avec un refrain qui est une parfaite contradiction avec les couplets, plus doux, plus calme. En soit, Unperson représente bien à elle même ce que Nothing But Thieves est. Tantôt ils sont ces anglais sage, exemplaire, tantôt ils partent dans leur propre délire tout en gardant leur identité musicale : et c’est justement ça, qui les rend aussi unique. Pour le clip, on peut voir qu’ils ont décidé d’opter pour quelque chose aux couleurs vives, du vert, du magenta, du jaune. On pourrait presque penser qu’Andy Warhol en personne est derrière tout ça.

C’est encore en terrain connu que nous nous aventurons, puisque le deuxième morceau de l’album n’est autre que le premier single du groupe sorti pour cet album. Is Everybody going Crazy ? qui lui, surf sur une vibe un peu plus dansante. Si Unperson est le genre qu’on peut écouter en secouant la tête en rythme avec la basse, Is Everybody Going Crazy ? est plus le genre sur lequel ont pourrait danser. Toujours une ligne de basse bien présente qui nous emporte assez facilement dans le morceau et un clip un peu psychédélique, une caméra qui change constamment de plan, des couleurs vive, du négatif. Un combo parfait et nous ne sommes qu’à la seconde chanson, qui plus est, déjà connu. La barre est haute, mais n’est-elle pas déjà trop haute ? Parce que faire mieux semble déjà complexe.

La troisième chanson était, jusqu’à la sortie de l’album, inconnue. Moral Panic, chanson éponyme à l’album qui d’entrée sonne comme une balade. Dés les premiers mots, ont peut vite comprendre qu’encore une fois, la situation mondiale est probablement ce qui a servit d’inspiration. « this is the last day of my life, yours too. Haven’t you ever see the ocean look so blue ? But now, we’re running out of time, she said. All of the children are so anxious, they’re on edge. » Le monde dans lequel nous vivons, évoluons est plein d’incertitude, l’anxiété gagne du terrain dans l’esprit des populations et nous avons à peine le temps de comprendre quelque chose que la seconde d’après, une nouvelle chose arrive. Moral Panic, c’est presque le dessin musical du monde dans lequel on vit, une balade, si douce qui pourtant n’en n’est pas une : dés le second refrain, le rythme s’accélère par le biais d’la batterie, et ça monte, crescendo. On en perd presque le fil, comme cette situation mondiale face à laquelle on est tous désarmé. Le groupe explique d’ailleurs que cet album est plus ou moins politique, on peut comprendre pourquoi dés cette chanson.

La pression étant remontée, on repart sur quelque chose que nous connaissons puisque c’est Real Love Song qui fait son entrée. Chanson que l’on peut qualifier de chanson d’amour, c’est loin d’être le type d’amour qui fait beaucoup rêver comme « ce que laisse penser hollywood » pour reprendre les mots de Dominic. C’est plus une chanson qui parle du vrai amour, celui qui fait du mal mais dont on ne veux pas se débarrasser. On pourrait probablement qualifier ça « d’amour = drogue » en vue du clip qui ferait presque penser à un trip hallucinogène. Le petit plus de ce morceau, c’est le plaisir de pouvoir savourer la performance vocal de Conor avec des notes aigus parfaitement maîtriser dés le premier refrain.

Directement après, on repart sur quelque chose d’inconnu puisque c’est Phobia qui prend le relais. Comme Moral Panic précédemment, cette chanson commence doucement, pour allez crescendo. Le début ressemble presque à un murmure, quelque chose que l’on viendrait susurrer dans l’oreille de la personne écoutant cette chanson. Le magazine All Things Loud avec qui le groupe a effectué une interview en octobre dernier notifiait d’ailleurs une certaine similitude avec la chanteuse Billie Eilish sur ce point là, ce que Conor a d’ailleurs approuvé simplement car il reconnaît que cet album, en plus d’être quelque chose de très rock alternatif, est grandement inspiré du RnB, hip hop et de la pop actuelle. Pourtant, c’est une vraie réussite puisqu’il s’agit ici d’un des morceaux les plus puissant musicalement parlant de l’album. Si comme Moral Panic, il débute doucement, la fin du morceau est bien différente du début au point que si on venait à écouter le début et la fin séparément on pourrait penser qu’il s’agit de deux morceaux totalement différent. C’est une chanson qui parle d’une personne troublée, comme si on était dans la tête de celle-ci. Une chanson totalement différente de ce qui a pu être fait au par avant par le groupe mais qui pourtant, est bien prometteuse.

On continue sur les chansons inconnues, This Feels like the End commence, et directement on peut comprendre encore une fois pourquoi cet album est supposément politique. Rythme dansant, entraînant, les paroles sont bien différentes puisqu’elle parle de l’atrocité de l’humanité, principalement grâce au bridge qui ressemble à un report d’information. Une critique claire de la société, de tout ce qui se passe actuellement, les dernières lignes raisonnant comme une triste constatation de ce que le monde devient : « fifty seven reported dead, where does it end ? It this it ? At what point do we say no, we are people, surely, we are better than this ? » et pour appuyer le bridge, le refrain rajoute une couche. « can you believe what we are seeing ? We devolve into inferior beings ? Right before your eyes and I don’t wanna see what we’ve become. » Un morceau poignant qui pousse à réfléchir, l’ironie étant qu’en soit, elle est entraînante pour des paroles qui sont tous sauf joviale.

Enfin, une balade, une vraie. Du moins c’est ce que Free if we want it est. Des paroles douces, rassurante, venant presque contrasté avec le morceau précédent. Elle apporte un peu de douceur, de baume au cœur, de chaleur telle une petite interlude musicale bien mérité. Conor nous ensorcèle presque avec sa voix plus que divine. Personnellement, j’en ai eu des frissons dés la première écoute.

Pourquoi se contenter d’une seule balade quand on peut en avoir deux ? C’est exactement ce que Impossible est, dernière chanson sortie pour teaser l’album. En opposition avec le côté très fataliste de l’album, ici, on a presque un chant d’espoir, d’amour, quelque chose qui encore une fois, réchauffe le cœur qu’il s’agisse de la performance vocale, musicale, des paroles tout simplement. Impossible est probablement la plus belle chanson de cet album et si vraiment, vous en êtes pas convaincu alors écoutez cette version orchestrale enregistré au début du mois d’Octobre.

L’ovni de l’album fait ensuite son entrée, There was a sun, un rythme presque dansant, aux influences des années 80. Dominic qualifie d’ailleurs celle-ci de psychédélique, et c’est clairement ce qu’on peut ressentir, pourtant, ça ne retire en rien le charme de la chanson. Le groupe s’est aventuré sur un terrain inconnu, et ça ressort parfaitement bien, donnant envie de danser et offrant encore de la légèreté après l’épopée effectuée jusque là.

Vous pensiez continuer de pouvoir danser jovialement ? Détrompez vous, Can you Afford to be an Individual ? raisonne et c’est probablement la chanson la plus politique de l’album. Voici une critique du gouvernement américain. Si la colère ressentie monte au fur et a mesure, c’est une explosion de haine lors du troisième couplet. Cette chanson s’adresse directement à ce même gouvernement « I see you hide behind your altar or your constitution (…) You’re a walking contradiction in your MAGA-hat, it’s where I want to be, God bless the land of the free. » [ NDLR : MAGA – hat : casquette avec le slogan « Make America Great Again » utilisé par plusieurs candidat lors de leur campagne électorale, dont Donald Trump. ] Ainsi, il s’attaque directement au président mais également à l’essence même de l’amérique puisqu’il parle ici de l’Hymne Nationale. ( « O’, say does that star-spangled banner yet wave, o’er the land of the free and the home of the brave ? ») Ce morceau est d’autant plus impactant puisqu’il est sorti à moins de dix jours des élections présidentielles aux états-unis. Ceci permet d’ailleurs de se souvenir que tout le monde peut-être concerné par cette politique, américain ou non puisque le groupe est originaire de Southend-On-Sea (Angleterre).

Before we drift away vient alors clôturer l’album et c’est un Nothing but Thieves typique que nous retrouvons. Le genre de chanson qui aurait pu notamment se retrouver sur l’album Graveyard Whistling. Quelque chose qui vient faire redescendre la pression après un morceau comme Can you afford to be an individual ? Une belle balade, aux paroles douce et calme. Pourtant, cette chanson se termine par une phrase simple, mais pleine de signification. « I don’t wanna grow old » que nous pouvons entendre. Il peut simplement s’agir du fait que malgré tout, nous vieillissons un peu plus chaque secondes ou encore le fait que plus le temps passe, plus le monde vers lequel nous évoluons est de plus en plus incertain. Dans tout les cas, il n’y avait pas meilleur moyen de clôturer cet album.

Alors, verdict ?

Nothing But Thieves a beaucoup conquis le cœur des fans de musique au fil des années et c’est encore une fois, un pari gagné. Un album bien différent de ce qui avait pu être fait jusqu’à présent mais qui garde cette chose bien spécifique qui fait d’eux un groupe unique. Il s’agit peut-être un des rares albums que, personnellement, j’aime de A à Z. J’ai beau avoir mes préférences, je peux écouter cet album en boucle sans jamais zapper une seule chanson. En plus de cette expérimentation, le message politique est clair et particulièrement impactant en vue des nombreux soucis ayant fait surface depuis le début de l’année. Alors j’en profite pour le signaler : n’oubliez pas vos masques, lavez vous bien les mains, et si jamais vous êtes tout autant conquis par cet album que moi ; sachez qu’ils seront de passage au Casino de Paris le 20 Octobre 2021. N’hésitez pas à vous procurer les tickets dés maintenant !

Tracklist :

01. Unperson

02. Is Everybody going Crazy ?

03. Moral Panic

04. Real Love Song

05. Phobia

06. This Feels Like The End

07. Free if we want it

08. Impossible

09. There was a sun

10. Can you Afford to be an Individual ?

11. Before we drift away

Masha

Vingt quatre ans et toujours une emo kid.

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