Quand on pense au hip-hop, on pense forcément d’abord aux rappeurs solo, et pourtant, l’histoire de ce style a également été marqué par des groupes et des collectifs. Parmi ceux-ci, le Wu-Tang Clan est probablement le nom qui vient en premier. Formé au début des années 90, le groupe, initialement composé de 9 membres, a nettement laissé son empreinte dans la culture hip-hop et dans la musique populaire de manière générale. Il y a quelques mois, le groupe a cependant annoncé que cette tournée, intitulée « Wu Tang Forever : The Final Chamber » serait, comme son nom l’indique, leur dernière. Fort heureusement, un dernier passage par Paris était prévu et l’Accor Arena, affichait quasi pleine en ce mercredi soir.
Si le groupe originaire de New York est si populaire, c’est en grande partie grâce à son premier album culte, Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993) et le concert démarre d’ailleurs avec une première partie centrée sur les morceaux de cet album. Les titres cultes s’enchainent et permettent également de dévoiler un à un les membres du groupe, qui font tous une entrée remarquée et chaudement accueillie par le public. Et en termes de personnalités, on est servis puisque se présentent devant nous 8 des membres originels du groupe : RZA, GZA, Raekwon, Ghostface Killa, Inspectah Deck, U-God, Masta Killa ainsi que Mobb Deep, en invité spécial sur cette tournée, sans oublier bien entendu Method Man, dont l’entrée en scène, sur le morceau du même nom, suscita probablement le plus d’enthousiasme du public. Cette première partie du set est clairement la plus marquante et nous propulse au firmament de l’essence du groupe, et s’accompagne de visuels très orienté arts martiaux, en symbiose avec l’univers du groupe. On sent que le groupe souhaite imposer un gros rythme sur cette partie et cela nous donne un effet d’en prendre plein les yeux et les oreilles en un rien de temps, mais on aurait peut-être plutôt souhaiter prendre un peu plus le temps de savourer ces morceaux.
Pour la suite, l’acte 2 et 3, tels qu’ils ont été conçus dans la setlist du soir, étaient centrés sur les productions solos (ou les featuring) des membres du groupe, dont la majeure partie de ceux-ci sont issus des projets solo des membres ayant été réalisé à la suite du premier album. L’idée est désormais pour chacun des membres de se mettre en quelque sorte en valeur en tant qu’artiste solo, et cela dépasse d’ailleurs le cadre de la musique puisque plusieurs projets sont promus, avec notamment le film One Spoon Of Chocolate, réalisé par RZA ou encore le documentaire Purple Tape Files qui traite de la conception et de l’impact du premier album de Raekwon. On comprend donc que si le groupe annonce la fin des tournées, ses membres resteront actifs. Les membres du groupe se succèdent pendant ce qui représente la grande majorité du concert, mais les musiciens, qui accompagnent les rappeurs, demeurent là pendant tout le concert. Bien qu’ils ne soient pas spécialement mis en avant, leur présence est particulièrement judicieuse pour interpréter toutes les parties instrumentales qui sont tout aussi importantes que les vocaux.
Après un hommage appuyé à plusieurs légendes du hip hop disparus lors du morceau Tearz suivi d’un autre hommage à Oliver « Power » Grant, un proche du groupe décédé très récemment, le groupe entier se réunit sur un Reunited forcément bien placé. Et avant de conclure, les 8 membres du groupe interprètent Shimmy Shimmy Ya et Got Your Money, deux morceaux iconiques de Ol’ Dirty Bastard, le neuvième membre originel du groupe, décédé en 2004. Un dernier temps fort avec l’interprétation du tube C.R.E.A.M et le Clan nous quitte victorieusement sur Triumph en remerciant particulièrement le public français et en invitant les fans du groupe à voter pour la nomination du Wu-Tang au Rock’n’Roll Hall of Fame, qui semble désormais être un vrai objectif et représenterait une sorte de consécration pour le groupe.
Dans une soirée mémorable où le public français a donné ses adieux au légendaire Wu-Tang Clan, les 8 membres originels du groupe réunis pour l’occasion, ont passé en revue à la fois les morceaux cultes du collectif issus de Enter The Wu-Tang : 36 Chambers, mais également certains morceaux tirés des projets solos des rappeurs. Entre nostalgie 90’s, hommages appuyés et rythme endiablé, les New Yorkais ont largement réussi leur dernier tour de piste.
Merci à Live Nation pour l’accréditation, à l’Accor Arena pour son accueil et merci à Aurélie pour ses photos!
When we think of hip-hop, we naturally tend to think first of solo rappers, and yet the history of the genre has also been shaped by groups and collectives. Among them, the Wu-Tang Clan is probably the first name that comes to mind. Formed in the early 1990s, the group, originally composed of nine members, has clearly left its mark on hip-hop culture and on popular music in general. A few months ago, however, the group announced that this tour, titled « Wu-Tang Forever: The Final Chamber, » would, as the name suggests, be their last. Fortunately, one final stop in Paris was planned, and the Accor Arena was nearly sold out on this Wednesday night.
If the New York-born group is so popular, it is largely thanks to their cult debut album Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993), and the concert actually begins with an opening section focused on songs from that record. Classic tracks follow one another and also serve to introduce the members one by one, each making a striking entrance and receiving a warm welcome from the crowd. And in terms of personalities, we were well served, as eight of the original members appeared on stage: RZA, GZA, Raekwon, Ghostface Killah, Inspectah Deck, U-God, Masta Killa, along with Mobb Deep as special guests on this tour — not to mention, of course, Method Man, whose entrance, on the track bearing his name, probably drew the loudest reaction from the audience. This first part of the set is clearly the most impactful, launching us straight into the very essence of the group, accompanied by visuals heavily inspired by martial arts, perfectly in sync with the band’s universe. One can feel the group wants to set a strong pace here, creating the sensation of being overwhelmed with sights and sounds in no time, although we might have preferred a little more room to fully savor these songs.
For the rest of the show, Acts 2 and 3, as structured in the evening’s setlist, focused on the members’ solo work (or collaborations), most of which came from projects released after the first album. The idea now was for each member to step forward in some way as a solo artist, and this even went beyond music, as several projects were promoted, including the film One Spoon of Chocolate, directed by RZA, as well as the documentary Purple Tape Files, which explores the making and impact of Raekwon’s debut album. It became clear that while the group may be ending its tours, its members will remain active. The members took turns on stage for what made up the majority of the concert, while the musicians backing the rappers stayed throughout the entire performance. Although they were not particularly highlighted, their presence proved essential in performing all the instrumental parts, which are just as important as the vocals.
After a heartfelt tribute to several late hip-hop legends during the song Tearz, followed by another tribute to Oliver “Power” Grant, a close associate of the group who recently passed away, the full lineup reunited for a perfectly placed performance of Reunited. Before the conclusion, the eight members performed Shimmy Shimmy Ya and Got Your Money, two iconic tracks by Ol’ Dirty Bastard, the ninth original member of the group, who died in 2004. One final highlight came with the performance of the classic C.R.E.A.M., and the Clan left the stage triumphantly on Triumph, giving special thanks to the French audience and encouraging fans to vote for Wu-Tang’s nomination to the Rock & Roll Hall of Fame — an objective that now seems very real, and one that would represent a fitting consecration for the group.
On a memorable night where the French audience said goodbye to the legendary Wu-Tang Clan, the eight original members reunited for the occasion revisited both the collective’s classic tracks from Enter the Wu-Tang (36 Chambers) as well as several songs taken from the rappers’ solo projects. Blending 90s nostalgia, heartfelt tributes, and a relentless pace, the New Yorkers largely succeeded in making their final lap a triumphant one.
