Lost Society s’apprête à sortir son nouvel album, Hell Is A State Of Mind, ce vendredi 6 mars via Nuclear Blast Records et pour cette occasion, nous avons eu le plaisir de poser quelques questions au frontman, Samy Elbanna. Merci à Masha pour le phoner et à Valerie pour cette belle opportunité!
1/Alors, tout d’abord, comment vas-tu ?
Je vais très bien. Comme je l’ai dit, le début d’année est très chargé pour moi. Je fais beaucoup d’interviews et de promo pour cet album. On vient de passer un long week-end de répétitions avec les gars parce qu’on part en tournée quasiment juste après la sortie de l’album. Et j’ai aussi quelques concerts hommages très spéciaux auxquels je participerai dans quelques semaines. Du coup, ça m’a beaucoup occupé ces six derniers mois, mais surtout ces deux premiers mois de l’année.
Je suis donc très occupé. C’est même un peu la course, mais honnêtement, je ne vais pas me plaindre. Mieux vaut être occupé que de ne rien faire. Je veux dire, j’ai l’impression que c’est toujours un drôle de paradoxe, un peu bizarre, d’être musicien : soit il ne se passe rien, soit tout se passe en même temps. C’est dingue !
2/ Alors, en parlant de ton nouvel album, Hell of a State of Mind sort bientôt. À quel moment as-tu senti que cet album avait une identité vraiment différente des précédents ?
Eh bien, j’ai l’impression que, tu sais, chaque fois qu’on va en studio et qu’on commence à composer, ce sera toujours un peu différent, parce que pour moi, personnellement, j’ai toujours eu l’impression que la musique était en gros, un journal intime mis en musique et dans les paroles.
Et je veux dire, au fur et à mesure que je vis ma vie et que j’observe tant de choses différentes qui se passent autour de moi, en tournée à travers le monde et tout ça, j’ai l’impression que mon état d’esprit, mes opinions et mes points de vue sur beaucoup de choses vont toujours changer d’année en année. Du coup, j’ai l’impression que ça donne immédiatement à chaque album une sorte de nouvelle perspective. Vous ne ressentirez jamais exactement les mêmes émotions pendant un an, deux ans, trois ans, et dans ce cas précis, quatre ans se sont écoulés depuis le dernier.
Alors, tu sais, quand on a commencé à écrire celui-ci, on a tout de suite senti que… OK, ça allait être un point de départ différent. Mais, vous savez, avec tout ce qui s’est passé pendant l’écriture, et en découvrant cette nouvelle approche, d’abord avec toute cette
structure orchestrale, et toute la trame narrative de cet album, qui est très proche d’un album concept à bien des égards, j’ai l’impression que ça nous a immédiatement orientés dans une direction à la fois familière et très différente de tout ce qu’on avait fait auparavant. Donc je pense que, c’est toujours la somme de tous nos éléments qui nous donne un son un peu différent d’un album à l’autre.
Mais j’ai l’impression que si tout sonnait exactement de la même manière depuis 15 ans, on ne vivrait peut-être pas nos vies comme on le souhaite.
3/Tu as dit que l’écriture de cet album s’est accompagnée d’une histoire que tu racontes dans les paroles. Peut-on parler des fils narratifs de cet album ou est-ce que… ?
Je serais ravi d’en parler, car, tu sais, je l’ai dit dans toutes mes interviews : j’aime parler des paroles de mon point de vue. J’écrirai toujours, que ce soit une histoire ou quelque chose de profondément ancré dans la réalité, avec ma propre perception des événements. C’est ma façon de m’exprimer.
Mais je ne prétends jamais détenir la vérité absolue, car je veux que chacun puisse s’approprier l’histoire à sa manière et se l’approprier.
Ce que je peux dire, c’est que c’est un album très inspirant. De mon point de vue, toute l’histoire reprend presque exactement là où nous nous étions arrêtés avec l’album précédent.
Le dernier album se terminait par une chanson intitulée « Suffocating », qui, vous savez, correspondait à l’époque à des moments les plus sombres que j’aie jamais vécus. Et j’ai mis ces moments en mots. Et maintenant, en me réveillant dans cette vie après la mort, la première chanson du nouvel album, c’est comme si on m’offrait une seconde chance.
Mais c’est à vous de décider comment vous allez utiliser cette seconde chance. Et tout au long de l’album, le protagoniste se fraye un chemin à travers une sorte de labyrinthe. C’est cette vie après la mort, et il observe différentes choses qu’il voit
partout dans le monde. Et même dans sa vie personnelle, il s’agit de comprendre que certaines choses dans le monde sont modifiables et d’autres non.
Mais les choses que l’on peut changer valent la peine d’être changées. Tu peux faire tout ce que tu veux, tu sais, même faire une petite différence.
Et j’ai l’impression que, une fois qu’on arrive à la dernière chanson de l’album, Hell is a State of Mind, il est évident que même le titre en dit long. Il s’agit de comprendre que parfois, ces endroits très sombres qu’on croit si désespérés, il n’y a pas d’issue.
Parfois, tout se résume à une bataille intérieure. Et, vous savez, il y a bel et bien
une lumière au bout du tunnel. Je trouve ça plutôt cool sur cet album, cette rencontre entre deux extrêmes. Parce que, d’un autre côté, c’est un album très puissant. La musique peut être perçue comme très agressive, colérique, et tout ça. Mais d’un autre côté, les paroles sont très inspirantes.
Et c’est une histoire d’acceptation de soi et tout ça, ce qui, je trouve, est une sorte de combat intéressant entre deux extrêmes. Et ça crée quelque chose qui, ne vous laisse pas en colère après avoir écouté l’album. J’espère que ça vous donnera l’impression de pouvoir relever tous les défis que la vie vous réserve.
4/ C’est une belle façon de dire les choses, je trouve et ça m’a fait penser à une question. Même si on a toute l’histoire, le récit et tout, est-ce que ça pourrait être une sorte de comparaison avec ce que tu vis au niveau de ta propre santé mentale ? Même quand on va bien, il y a toujours des bas et il faut continuer. Est-ce que tu dirais que ça peut être quelque chose qu’on peut utiliser comme point de comparaison ? Je ne sais pas si c’est clair ce que j’essaie de dire.
À cent pour cent. Parce que, dans ma tête, c’est tellement drôle quand on écrit des paroles, il peut y avoir des milliers d’interprétations possibles. Chacun peut en quelque sorte en tirer un petit morceau et l’intégrer à sa propre vie. Et il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on peut chanter.
Et je trouve que ce qui est génial avec le fait d’être parolier, c’est qu’on peut toujours apporter sa propre perspective sur un sujet. Et évidemment, cet album aborde de grands thèmes comme l’enfer, le diable, l’au-delà, des thèmes très classiques. Mais c’est ma façon d’en parler.
Et beaucoup de gens vont certainement se rendre compte immédiatement que, oui, cet album est en grande partie basé sur la santé mentale, et personnellement sur ma propre santé mentale. J’apprécie donc le fait que, beaucoup de gens puissent le prendre au pied de la lettre et comprendre immédiatement qu’il s’agit de ça.
Mais, d’un autre côté, l’enfer dont je parle peut aussi concerner, aller à l’école. Il peut s’agir d’aller travailler. Il peut s’agir de perdre quelqu’un d’important. Il peut s’agir d’un grand sacrifice.
Il y a tellement d’interprétations possibles. Mais, oui, vous avez tout à fait raison, ce qui me tient vraiment à cœur, d’où je viens et où se situent mes inspirations, c’est à mille pour cent de la bataille intérieure. J’adore ça parce que j’ai l’impression que la musique est vraiment une façon pour beaucoup d’entre nous de travailler. Et, que vous soyez parolier, chanteur ou même journaliste, travailler dans le milieu musical lui-même est vraiment utile. Tout cela nous aide.
C’est donc formidable de savoir qu’avec votre prochain album, vous allez probablement pouvoir aider beaucoup de nouvelles personnes, simplement en faisant référence à votre propre histoire et en permettant à chacun de comprendre ce qui se passe actuellement. Je ne sais pas si je suis très claire en parlant, mais voilà, c’est ce que j’essaie d’expliquer.
Non, je comprends parfaitement. Et je pense que c’est le défi auquel chaque parolier est confronté à un moment ou un autre de sa carrière, car il doit se rendre compte que on ne peut pas écrire quelque chose qui ne parle que de soi.
On ne peut pas écrire quelque chose de tellement personnel et unique que personne d’autre ne puisse s’y identifier. J’ai donc toujours aimé y penser en me disant que, évidemment, je ne pourrai jamais écrire du point de vue de quelqu’un d’autre. Mais j’ai l’impression que la façon dont j’ai appris à écrire des paroles permet à chacun de se les approprier, de les analyser et d’y trouver un écho dans sa propre vie. Et je crois que c’est ça, la magie de la musique, parce que au final, par exemple, quand j’avais sept ans, j’ai entendu une chanson d’Iron Maiden où Bruce Dickinson chantait qu’il n’était pas prisonnier, qu’il était libre. Et évidemment, il chantait quelque chose de complètement différent de ce que j’en comprenais, c’est-à-dire, vous savez, moi, à propos de rentrer de l’école, de rentrer à la maison, genre, vous voyez, merde à l’école, merde au système.
5/Mais je pense que c’est universel Passons à la question suivante : vous avez travaillé avec le producteur, je ne sais plus si c’est Younus ou Junus Parkonen. Alors, qu’est-ce qu’il apporte à votre son ?
Honnêtement, c’est le troisième album sur lequel on travaille avec Junus. Et ce qui le différencie de tout le reste, c’est que c’était la première fois que nous… je ne sais pas si c’était même une décision consciente, mais il se trouve que lui et moi avons écrit tout l’album, juste nous deux. Parce que, d’habitude, on va en studio, on compose, puis on récupère des riffs et des idées des autres, et ensuite on assemble le tout.
Mais j’ai l’impression que cette fois-ci, je connais Junus depuis environ 14 ans maintenant. Et j’ai l’impression qu’il a toujours été une de mes idoles musicales, dans la vraie vie. Et nous avons toujours eu une connexion très personnelle avec la musique.
Et j’ai l’impression que cette fois-ci, nous nous sommes pleinement compris et nous savions exactement ce que nous voulions apporter. Et j’ai l’impression que nous avons pensé aux choses de manière similaire, tout en étant différents. C’était un peu comme se passer la balle.
Et je pense que nous avons créé quelque chose de vraiment magique. Mais, si vous voulez des exemples concrets de ce qui est différent de nos albums précédents, c’est que notre écriture a beaucoup mûri, même par rapport au dernier album, avec tout le travail d’écriture et d’arrangement des parties orchestrales, et la composition de lignes vocales très complexes. Je pense que nous voulions absolument renforcer les structures des chansons plus que jamais.
Et, comme je l’ai dit dans de nombreux articles, on a commencé beaucoup de morceaux avec juste deux guitares acoustiques. Ce qui veut dire qu’on voulait que les mélodies et les idées de base soient aussi solides que possible avant d’ajouter des synthés, des voix et tout le tralala. Il faut que le morceau fonctionne déjà avec seulement la voix et la guitare acoustique. Je pense que c’est une question de maturité dans l’écriture. C’est clairement ce qu’il a apporté de plus important cette fois-ci.
5/Tu as dit que Lost Society sonne lourd en 2026. Qu’est-ce qui rend cet album plus lourd ou plus intense que les précédents ? Je crois que tu as déjà commencé à répondre à cette question. Mais si tu pouvais développer un peu plus, ce serait parfait.
Je crois que c’est à mille pour cent! Parce qu’avec cet album, c’était la
première fois depuis longtemps que j’ai l’impression que lorsqu’on était en studio, on n’a rien écouté de contemporain. On n’a rien écouté de ce qui est sorti ces cinq ou dix dernières années en se disant : Tiens, faisons quelque chose dans ce style, mais un peu différent. J’ai l’impression qu’avec celui-ci, on est revenus aux racines de ce qu’on écoutait quand on était ados, c’est-à-dire Judas Priest. C’était Iron Maiden. C’était Alice Cooper, des trucs comme ça. C’était vraiment un retour au heavy metal pur et dur, aux racines de ce qu’on aime. Et je pense que ça se ressent dans les chansons, les riffs, les mélodies, les refrains, tout. Et j’ai vraiment l’impression, à mille pour cent, que c’est un album très lourd, que ce soit les riffs, les rythmes de batterie ou notre façon d’aborder les sujets. Je pense que c’est ce qui le rend clairement lourd, sans vouloir dire que les deux albums précédents étaient doux, loin de là.
J’ai l’impression qu’ils portent tous en eux l’esprit de Lost Society, et Lost Society est un groupe de heavy metal. Tu sais, ça a toujours été le cas. Mais je pense qu’avec celui-ci, c’est le sujet combiné à l’histoire de la musicalité de l’album. Ça donne un album très puissant. J’adore. Et pas seulement puissant au niveau du son, mais aussi au niveau du contenu.
6/Donc, je suppose qu’on peut dire que la question a trouvé sa réponse. Il y a donc des éléments cinématographiques et orchestraux dans ce nouvel album. Était-ce un défi d’intégrer cette texture tout en conservant votre énergie live ?
J’ai l’impression que c’était un équilibre très important à trouver immédiatement, parce que on avait déjà introduit des éléments orchestraux sur le dernier album avec une chanson. Et évidemment, c’était à une échelle beaucoup plus réduite que maintenant. Mais avec une chanson intitulée Awake, on avait déjà une section de cordes, beaucoup plus petite, évidemment, que cette fois-ci. Et les arrangements étaient assez basiques, peut-être aux yeux du grand public. Mais avec cet album, on savait qu’on voulait que l’orchestration joue un rôle important.
C’est un défi, car il faut comprendre qu’elle ne doit pas éclipser le groupe. Le groupe doit toujours être au centre de tout, car, au final, à part peut-être une occasion spéciale, il n’y aura toujours que nous quatre sur scène. Et il faut s’assurer que les morceaux fonctionnent toujours avec les seuls instruments traditionnels. Mais j’ai l’impression que c’était aussi quelque chose qu’on devait comprendre par nous-mêmes.
On écrivait d’abord un morceau sans aucun élément orchestral, puis on les ajoutait. Et puis, à un moment donné, si on trouvait qu’il y en avait trop, si ça prenait le pas sur quelque chose d’important, il fallait en atténuer la présence. Donc, c’est un peu un travail d’ajustement constant. Et puis, évidemment, pour Jonas et moi, c’était aussi la première fois qu’on réalisait des arrangements aussi importants.
Il y avait 40 musiciens qui jouaient du violon, du violoncelle et tout ça. C’était vraiment une nouveauté. Mais j’aime à penser que notre enthousiasme a joué en notre faveur, parce qu’on était vraiment surexcités. On était comme des gamins quand on composait. Et puis, notre instinct musical a pris le dessus. On a compris, même en écoutant les démos, que s’il y en a trop, c’est trop. Et ce n’est pas ce qu’on voulait.
On veut des solos de guitare, mais on peut ajouter deux harmonies, si besoin. Mais si on commence à empiler les instruments juste pour le plaisir, ça sonne mal. Ça risque de tout gâcher. J’ai donc l’impression que ça a été une expérience enrichissante. Mais au final, je dirais qu’on a vraiment assuré.
7/ Le titre, « Hell is a State of Mind », évoque quelque chose de très psychologique. Que signifie-t-il pour toi personnellement ?
« Hell is a State of Mind » signifie pour moi ce dont je parle depuis, enfin, presque depuis le dernier album, avec le fait que j’étais dans une très mauvaise passe quand j’écrivais « If the Sky Came Down ».
Et au final, j’étais absolument certain que ce serait le dernier album que je ferais. Et c’est là que mon histoire s’est arrêtée, en quelque sorte. Mais tout au long du processus d’écriture et d’enregistrement, cet album m’a littéralement sauvé la vie. Ça m’a rappelé
que la musique est une passion. C’est quelque chose qui me donne de la force en tant qu’
être humain.
En gros, « Hell is a State of Mind » représente cet état d’esprit que j’ai atteint après mon dernier album, car il m’a offert une nouvelle chance. Il m’a donné une seconde chance. Et « Hell is a State of Mind », pour moi, c’est aussi ce que j’ai dit plus tôt : ça peut concerner un défi du quotidien.
Ça peut concerner quelque chose de beaucoup plus profond. Ça peut concerner tellement de choses différentes. Mais le principal message que je veux que les gens retiennent, c’est que l’on peut surmonter beaucoup de situations grâce à un bon état d’esprit.
On peut y survivre quand on comprend que tout n’est pas aussi définitif que notre esprit le laisse croire. Et que tout n’est pas aussi sombre que notre esprit le laisse croire. Mais évidemment, je reconnais qu’à ce moment-là, on a l’impression d’être au pire endroit du monde. On a l’impression que tout s’écroule autour de soi. Mais dès qu’on en parle, qu’on en parle à un thérapeute, à un proche, à un membre de sa famille, c’est un changement radical. Quand on a ce problème, on le maîtrise soudainement, et il paraît beaucoup moins insurmontable. Et c’est fondamentalement le sujet de cet album.
8/Tes textes sont souvent très personnels et sombres. Est-ce plus difficile ou plus libérateur d’écrire avec autant d’honnêteté ?
Oh, c’est tellement libérateur, je dois dire, parce que, pour moi, évidemment, les paroles sont toujours… c’est même devenu quelque chose que je tiens à parts égales avec la musique elle-même. C’est comme si vous écoutez nos tout premiers disques, évidemment, on avait 15 ans quand on écrivait ces chansons. Donc les problèmes qu’on avait dans notre vie quotidienne étaient très différents de ceux qu’on rencontre à l’adolescence.
Arriver à la trentaine… Pour moi, il a toujours été question d’écrire selon mon propre point de vue. Il s’agit d’écrire ce que je ressens. Et je ne serais jamais capable de me mettre à la place de quelqu’un d’autre que moi-même. Et, si je ressens quelque chose, j’ai toujours trouvé très naturel de l’écrire, tout comme j’en parle. J’aime ça, je suis quelqu’un d’émotif.
Et je pense que c’est une putain de bonne chose. Je pense que s’il y a une chose que je veux que les gens retiennent de notre art, c’est qu’il faut parler de ses sentiments et ne pas en avoir honte. Et pour moi, ça a toujours été la seule façon, que ce soit écrire un journal intime, des paroles de chansons, n’importe quoi, c’est ma façon d’extérioriser tout ce que je ressens. Et avec cet album, c’était exactement pareil. À la limite, c’était peut-être le précédent, tellement profond et sombre. Tu sais, à un moment donné, je me suis demandé si les gens étaient prêts à entendre ça. Mais après, je me suis dit : « Franchement, on s’en fout !» Parce que, enfin, j’adore que les gens aiment notre musique et les paroles, mais ce n’est pas pour eux que je les écris.
Au final, je les écris pour moi. Donc, je ne pense pas que ça ait jamais été un problème de craindre ce que les gens penseraient si le sujet était trop sombre ou trop joyeux.
J’adore ce que tu as dit sur le fait d’être émotif. J’ai l’impression qu’on m’a dit tellement de fois que j’étais trop émotive. Et j’apprécie vraiment que tu aies abordé tout ça, parce qu’il n’y a rien de mal à ça. Et les gens doivent le comprendre.
Oh, à 1000 %. Je veux dire, nous sommes tous humains. Et j’ai l’impression que c’est quelque chose que beaucoup de gens ne réalisent pas.
C’est comme si tout ce cliché du genre « tu sais fais preuve de virilité et tout ça » était devenu un peu ridicule. Mais de quoi tu parles ? Peu importe, même si tu es le plus viril des hommes, tu as des sentiments, des émotions, et tu dois les gérer. Parce que, tu sais, je dirais que 90 % des problèmes du monde ont commencé parce que quelqu’un n’a pas pu exprimer ses sentiments et régler ses problèmes.
9/ Alors, tu vas rejoindre les anciens membres de Children of Bodom pour un concert hommage. Comment as-tu réagi quand ils t’ont proposé de participer ?
C’est… c’est quelque chose que je ressens encore… enfin, c’est impossible de vraiment dire, au final, à quel point on est… excité, parce que, évidemment, la première réaction, c’est que c’est incroyable.
C’est un honneur extraordinaire. Mais il faut aussi comprendre qu’en quelque sorte, derrière tout ça… il y a le fait que je ne devrais pas être là. C’est comme si ma présence était le fruit d’un événement tragique.
Pour que cela se produise, je me sens capable, tu sais, de mener à bien ce projet et d’interpréter ces chansons. Parce qu’au final, c’est bien de ça qu’il s’agit.
Ce sont des chansons exceptionnelles qui méritent d’être entendues, par la nouvelle génération et l’ancienne. Et, à part ça, je n’ai rien d’autre à ajouter.
10/ Quels groupes ou artistes figurent actuellement sur ta playlist que tu recommanderais à nos lecteurs ?
Oh, waouh, c’est une excellente question. Et il y a toujours ces disques préférés, vous savez, surtout après avoir écrit Houses, un état d’esprit, comme je l’ai dit plus tôt, où l’on est retournés à nos racines, à ce qu’on aimait écouter quand on était gamins. Du coup, je me retrouve à écouter tous les jours Hey Stupid d’Alice Cooper, ou Painkiller de Judas Priest. Mais, il y a un truc qui m’a vraiment enthousiasmé ces dernières années.
Un groupe que j’adore, c’est Health. Un groupe génial, un groupe de metal industriel. Je recommande toujours Nine Inch Nails. Ils ont sorti un super album, enfin, c’est un album de Nine Inch Nails, mais un peu comme la bande originale du dernier film Tron. Le dernier album de Lady Gaga est juste incroyable, je l’écoute probablement tous les jours depuis sa sortie. Mais si vous cherchez quelque chose de plus lourd, je vous recommande un groupe français appelé Landmarks, que vous connaissez sans doute. Je suis devenu fan.
J’aime beaucoup. Et j’aime aussi beaucoup le fait que le chanteur soit incroyablement talentueux, que ce soit pour les cris, le chant, mais aussi le rap. C’est quelque chose que j’ai adoré intégrer à notre musique. On en trouve beaucoup sur le nouvel album. Alors voilà, je dirais que c’est le genre de choses que je pourrais mentionner.
C’est bonne chance pour la tournée. Bonne chance pour la sortie de l’album. Bonne chance pour jouer avec Children of Bodom. Vous allez cartonner. Et j’ai hâte de voir la suite.
Merci beaucoup. J’apprécie vraiment. Et puis, j’espère vraiment qu’on reviendra en France au plus vite. Parce que, j’ai toujours dit que le public français est l’un des meilleurs d’Europe, sans aucun doute. Et ça fait bien trop longtemps depuis la dernière fois. Alors, j’espère que cette année ou au plus tard l’année prochaine, on sera de retour. On sera là pour assurer les dates.
