Interview : Reuno, Lofofora

C’est dans les loges du centre culturel de Rombas, que j’ai eu la chance de rencontrer Reuno, le chanteur de Lofofora, pour lui poser quelques questions. Encore un grand merci au label pour cette possibilité, à la salle pour son accueil au top et à Reuno pour le temps accordé !

Vanités, le dernier album est sorti il y a quelques mois, quels en sont les retours ?

Du public, plutôt bon. On à l’impression qu’ils sont contents qu’on reprenne les choses sérieuses après l’album acoustique, que tout le monde… ne nous ne nous avait pas forcément suivi dans ce délire. Et nous aussi on avait envie d’un retour à quelque chose de plus solide, de plus tendu surtout. Et voilà, le public est ravi et il y a un bon retour en live. C’est à dire que des fois, il faut attendre un peu, trois mois, pour que tes nouveaux titres rentrent dans la tête des gens et qu’ils réagissent vraiment dessus et là, ça a été très vite donc ça fait plaisir. Les chroniques ont été très bonnes aussi dans l’ensemble.

Après le débat avec Simple Appareil, est-ce que c’est quelque chose qui vous est resté en tête pour la composition du nouvel album ? Une sorte de peur ? De contrainte ?

Toute façon on se pose jamais trop la question avec Lofofora. On fait pas trop dans l’étude de marché, à savoir si ça va plaire ou pas. A partir du moment où c’est ce qu’on a envie de faire, je crois que c’est un des trucs que notre public apprécie le plus chez nous, nous voir aimer ce que l’on fait. Comme c’est assez communicatif. Donc on se pose pas trop la question, c’est au moment des prises, quand tu vas avoir du recul sur ce que t’as fait avec les copains. C’est là que tu commences à imaginer et que t’as hâte de savoir l’effet que ça va faire chez le public. On avait plutôt un bon a priori, puis on s’est pas trop trompé.

Qu’est ce qui vous a influencé dans la création de Vanités ?

Musicalement, je pense qu’après l’expérience acoustique, de se brancher. Enfin, je sais particulièrement pour Daniel et pour moi, ça nous a reconnecté sur le pourquoi on aime balancer les watts sur scène et donc ça nous a ramené peut être à nos premiers amours. Daniel c’est un mec qui a appris à jouer de la guitare en jouant du blues, puis vite il s’est mis sur le trash tout ça qui ont inspiré quelques riffs. Puis, moi au niveau de l’écriture, j’ai toujours revendiqué une certaine liberté, mais elle me vient de certains groupes français que j’écoutais tout jeune comme OTH, Metal Urbain puis un groupe comme les Dead Kennedys. Des groupes qui m’ont formaté, formé sur tout ce qui est l’approche de l’écriture : pas se mettre de limite, oser le second degrés, oser la dérision. On ose différents niveaux de écriture pour que chacun puisse se raconter son histoire sur la chanson, plutôt qu’avoir quelque chose de précis.

Après ce qui nous inspire, c’est difficile à dire. C’est sur que pour l’écriture, l’espèce de monde sans pitié dans lequel on vit aujourd’hui, ça donne envie d’écrire des textes rasoirs. L’espèce de surinformation, c’est un peu violent quoi. Nous qui nous habillons en noir avec des têtes de morts, on est des gros sensibles en vrai.

Une petite anecdote sur le Hellfest 2019 ?

On a fait des interviews sans batteur, qui a passé son temps à boire du champagne au stand. Donc on a fait toute la promo sans lui, on l’a retrouvé dans un état lamentable. Puis c’était drôle aussi comme tout le monde me disait « t’es là ce soir ? » ; « tu restes ce week-end ? » et en fait, moi, je me suis barré à 18 heure car le lendemain j’avais le spectacle de fin d’année de maternelle de ma fille. Le choc était assez terrible de passer de 40 000 personnes aux parents d’élèves dans la cour d’école.

Puis le Hellfest à eu une bonne idée de mettre en avant la scène française.

C’est plutôt cool car même si y a pas mal de découvertes sur les groupes français dans la musique extrême au Hellfest, c’est pas non plus un festival qui est extrêmement tourné vers la scène française j’ai l’impression. Je trouve qu’il y a des groupes qui injustement n’y joue pas, ou a part payer pour jouer sur le camping ils leur arrivent pas grand chose. Je trouve ça un petit peu dommage et là je pense que c’est un pari qu’ils ont fait et que la réponse a été hyper bonne de la part de tout les festivaliers.

Quel avenir pour Lofofora ?

Phil s’est acheté une caméra, donc Lofofora le long métrage c’est pour bientôt ! Là on a une belle tournée qui s’annonce à nous, on a fait une douzaine de dates à la sortie de l’album sur la fin 2019. Et là c’est notre cinquième date de l’année et on en a encore une quarantaine jusque mai, puis quelques festivals, je sais qu’on va être programmé à l’Extrem’Fest. Puis pour la suite, advienne que pourra. Mais là on est dans un bon élan, une bonne énergie, ça fait plaisir de voir que les gens répondent présents aux concerts. Y a pleins de gens qui viennent nous voir et qui nous disent qu’ils avaient lâchés depuis une dizaine d’années, mais qui là, avec ce disque, reviennent vraiment dedans. Ça, ça fait plaisir. Mais je pense que le fait qu’il y ai une émulsion autour du metal en France, de groupes un peu rentre dedans, même si c’est toujours les musiques hip-hop, électro qui dominent, mais y a une part belle qui se fait au rock. Même si c’est pas flagrant, même si c’est pas ouf, on voit qu’on a quand même une scène vivace, de plus en plus de groupes intéressants et un public qui répond de plus en plus présent.

Avec Simple Appareil, il y avait donc moins de personnes aux concerts ?

Oui oui. Y a des personnes qui ont même pas pris le souhait d’écouter, pour qui Lofofora en acoustique ça valait même pas le coup de jeter une oreille. Mais bon, je respecte, je comprends. Je pense qu’il y a des gens qui l’écouteront dans dix ans et qui se diront “putain, c’était pas mal quand même”, enfin j’espère. Moi, je sais qu’à différentes périodes de ma vie, tu me dirais tiens tel groupe que j’aime bien, qui envoie du lourd à fait un album acoustique, c’est pas dit que j’aurais sauté dessus pour l’écouter tout de suite. Nous on l’a fait, c’est une expérience. Du fait, on s’est permit de visiter beaucoup de style, autour du rock, du hard rock, du punk, du metal, en mettant un peu de hip hop. Avec Lofo, on a mis beaucoup d’ingrédients. A part un album philharmonique, un album acoustique c’est le seul truc qu’on avait pas fait. On va pas faire d’album philharmonique du tout. C’était un essai, une envie de nouveauté, de changement, puis de faire une parenthèse complètement différente.

Tu sais les gens qui me disent “c’était mieux au premier album”, je leur demande si vraiment ils regrettent notre musique qui était vraiment meilleur à ce moment là ? Ou s’ils regrettent qui ils étaient ? C’était mieux quand t’étais jeune, c’est sur, t’étais moins con.

Gloomy

Totalement dingue de metalcore, de pizza et de Red Bull.

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