Entretien avec Myles Kennedy et Mark Tremonti (Alter Bridge) [FR/EN]

[ENGLISH VERSION BELOW] Lors de leur journée promo à Paris, on a eu le privilège de poser quelques questions à Myles Kennedy et Mark Tremonti du groupe Alter Bridge à l’occasion de la sortie de leur nouvel album disponible chez Napalm Records! Merci à Olivier de Replica pour cette belle opportunité. Merci également à Mélanie et à Gladyce du média Milkshake Media de nous avoir dépanné pour cette interview.

Comment ça va ?

Ça va. Ça a été une longue journée. On est là depuis 10h30, donc la semaine commence fort.

Vous êtes ensemble depuis presque deux décennies avec Alter Bridge.

Même plus. Plus de deux décennies.

Oui, 22 ou 21 ans. Je ne sais plus. Oui, ça fait longtemps.

Si on regarde en arrière, quel serait selon vous le véritable tournant de votre carrière ? Le moment qui a vraiment façonné Alter Bridge ?

Je pense que l’album Blackbird est celui qui nous a vraiment définis et qui a déterminé notre son futur. Sur le premier album, on apprenait encore à se connaître, on testait un peu les choses. Mais Blackbird a vraiment solidifié les bases et planté la graine de ce que nous
allions devenir.

À l’époque du troisième album, AB III, on se sentait en confiance, avec une base de fans
solide dans le monde entier. C’est à ce moment-là que je me suis dit que tant qu’on
continuerait à travailler dur, on pourrait durer.

Chaque album semble correspondre à une période de votre vie. Avec le nouvel album, également intitulé Alter Bridge, qui sort en janvier, qu’est-ce qu’il vous permet d’exprimer que vous ne pouviez peut-être pas dire avant ?

J’ai toujours eu le sentiment d’être libre de dire ce que j’avais à dire. Mais sur cet album, à
cause de l’intensité de la musique et de son côté très riff, les paroles ont naturellement pris
un ton plus sombre, plus agressif.

Une grande partie parle de la toxicité, que ce soit dans les relations personnelles ou en ligne. La musique était tellement intense que ça semblait être la bonne direction. Écrire une
chanson sur l’amour des chiots n’aurait pas collé. Peut-être pour le prochain album.

Le prochain sera sur les chiots et les sucettes.

Mais cet album est très cohérent thématiquement. Je ne pense pas qu’on ait déjà fait un
disque aussi homogène sur le fond. Il parle aussi de la façon dont on réagit face à la toxicité : est-ce qu’on descend à ce niveau-là ou est-ce qu’on essaie d’être une meilleure personne et d’écouter sa part la plus lumineuse ?

Pour cet album, vous avez enregistré dans le studio mythique 5150 Studios, propriété d’Eddie Van Halen, et travaillé avec Michael “Elvis” Baskette. En quoi cet environnement a-t-il influencé l’album ?

Mark : Ça nous a obligés à élever notre niveau. Van Halen est l’un des groupes avec lesquels on a tous grandi. Eddie est probablement le guitariste le plus célèbre de tous les temps, donc être là-bas était un immense honneur, surtout pour un guitariste.

Myles : Voir le studio exactement tel qu’ils l’ont laissé nous a poussés à être encore plus concentrés et à mériter d’être dans ce lieu.

Sur cet album, vous avez échangé certains rôles vocaux sur des morceaux comme “Trust Me” ou “Tested and Able”. Qu’est-ce qui vous a motivés ?

Myles :  On a commencé à faire ça il y a une dizaine d’années, sur Fortress. Ça me permet de me reposer un peu la voix, et lui adore chanter, tout comme j’adore jouer des solos de guitare.

Mark : Les fans semblent beaucoup aimer ça aussi. Sur cet album, on a encore plus mélangé les rôles, avec des couplets et des refrains partagés. J’adore ça, et je pense qu’il attend ces moments avec impatience.

Myles : Honnêtement, on devrait peut-être carrément échanger complètement nos rôles un jour. Je ne sais pas si les fans aimeraient, par contre.

Le dernier titre, “Slave to Master”, est l’un des plus longs que vous ayez composés. Était-ce un choix délibéré ?

Non, c’est venu naturellement. On adore écrire des morceaux longs qui te font voyager. Tant que ça ne paraît pas long à l’écoute.

À la base, c’était une chanson de quatre minutes et demie, qui est devenue un morceau de
neuf minutes. Et comme elle est longue, on a choisi de la placer à la fin de l’album.

On a déjà fait des morceaux longs avant, Blackbird, Fable of the Silent Sun, et les fans ont
toujours bien réagi, donc on n’a pas peur de ça.

Pouvez-vous nous parler de votre processus d’écriture et de la manière dont vous gérez vos emplois du temps avec vos projets personnels ?

Mark : Nos plannings sont essentiellement fixés par notre manager. Quand vient le moment de faire un album, Myles et moi travaillons jour et nuit pour être prêts.

Myles : On écrit toujours, mais de manière assez libre. Puis, quand il faut faire un disque, on rassemble tout. En général, on compose environ 15 ou 16 morceaux et on en garde 12.

Est-ce que vous vous imposez des contraintes lors de la création d’un album, comme un thème ou une direction musicale précise ?

On discute souvent de quelques idées de départ, mais c’est très libre. L’inspiration vient de
nos vies, et on a appris à suivre le mouvement.

La créativité est étrange : on est un peu à sa merci. On est l’esclave, et elle est le maître.

Comment faites-vous pour rester pertinents aujourd’hui dans la scène rock et metal, avec le streaming et les réseaux sociaux, sans trahir votre identité ?

On continue simplement à faire ce qu’on fait. Les réseaux sociaux sont un mal nécessaire et peuvent être très toxiques. Le seul vrai conseil qu’on peut donner, c’est : écrire de bonnes chansons.

Le business change tout le temps, mais la bonne musique finit toujours par parler d’elle-
même.

Si vous pouviez partir en tournée avec n’importe quel artiste ou groupe, même en version fantaisie, lequel choisiriez-vous ?

Mark : Frank Sinatra.

Myles : Et moi, je choisirais Ella Fitzgerald.

Mark : Les fans seraient peut-être surpris, mais voilà notre réponse.

[ENGLISH VERSION]

How are you doing?

I’m good. It’s been a long day. We’ve been here since 10:30, so I’m starting a long week.

So, you’ve been together for almost two decades with Alter Bridge.

More now. More than two decades.

Yeah, 22 or 21 years. I don’t know. Yeah, a long time.

If we look back, what would you call the turning point in your career? The moment that really shaped Alter Bridge?

I think the Blackbird record is what really shaped us and defined what our future sound
would be. On the first record, we were still getting to know one another and testing the waters. But Blackbird really solidified things and planted the seed for what we would
become.

By the time we reached the third record, AB III, we felt secure in what we were doing and
had built a solid fan base around the world. That’s when I felt confident that, as long as we
worked hard, we’d be able to continue.

Each album seems to reflect a period of your life. With the new album, also called Alter Bridge, coming out in January, what does this one allow you to say that you maybe couldn’t say before?

I’ve always felt free to say what I needed to say, but on this record, lyrically, because of the intensity of the music and how riff-oriented it is, the lyrics naturally took on a darker, more aggressive tone.

A lot of it deals with toxicity, in personal relationships or online. The music was so intense
that it felt right to go in that direction. Writing a song about loving puppy dogs wouldn’t have fit. Maybe that’s the next record.

Next record will be puppy dogs and lollipops.

But this album is very defined thematically. I don’t think we’ve ever done a record this
consistent in terms of subject matter. It’s also about how you react to toxicity: do you sink to that level, or do you try to be a better person and listen to your better angels?

For this album, you recorded at the iconic 5150 Studios, owned by Eddie Van Halen, and worked with Michael “Elvis” Baskette. How did that environment influence the album?

Mark : It made us step up our game. Van Halen is one of the bands we all grew up admiring. Eddie is arguably the most famous guitar player who ever lived, so being there was an honor, especially as a guitar player.

Myles : Seeing the studio exactly as they left it really pushed us to focus and be worthy of working in that space.

On this album, you’ve swapped vocal parts on some songs, like “Trust Me” and “Tested and Able.” What motivated that?

Myles : We started doing that about 10 or 11 years ago on Fortress. It gives me a vocal break, and he loves to sing, just like I love playing guitar solos.

Mark : Fans seem to enjoy it too. On this record, we actually split things even more, verses and choruses. I love it, and I think he looks forward to it as well.

Myles : Honestly, we should probably just switch roles completely one day. I don’t know if fans would like that though.

The last track, “Slave to Master,” is one of your longest songs. Was that a conscious decision?

No, it happened naturally. We love writing long songs that take you on a journey. As long as it doesn’t feel long when you listen.

It started as a four-and-a-half-minute song and grew into nine minutes. Because of its length, we felt it belonged at the end of the record.

We’ve done long songs before, Blackbird, Fable of the Silent Sun, and fans responded well,
so we’re not afraid of that.

Can you talk a bit about your writing process and how you manage schedules alongside your other projects?

Mark : Our schedules are basically set by our manager. When it’s time to make a record, Myles and I work around the clock to be ready.

Myles : We’re always writing loosely. Then when it’s album time, we pull everything together. We usually write about 15 or 16 songs and narrow it down to 12.

Do you set constraints when creating an album, like themes or musical directions?

We usually discuss rough ideas, but it’s very free-form. Inspiration comes from our lives, and we learn to go with the flow.

Creativity is funny, you’re kind of at its mercy. You’re the slave, and it’s the master.

How do you stay relevant in today’s rock and metal scene with streaming and social media, without betraying your identity?

We just keep doing what we do. Social media is a necessary evil and can be very toxic. The
only real advice we can give is: write good songs.

The business changes constantly, but good music will take care of itself.

If you could tour with any artist or band, fantasy allowed, who would it be?

Mark : Frank Sinatra.

Myles : And I’d pick Ella Fitzgerald.

Mark : Fans might be confused, but that’s our answer.

Mary Motionless
Mary Motionless
25 Forever. Nergal est ma Tata, j'aime vadrouiller pour les concerts et voir les copains partout et me faire tatouer à fond!

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