A Paris, Deftones transporte l’Adidas Arena [FR/EN]

Les trajectoires des groupes avec le temps sont différentes : certains continuent de s’appuyer sur leur gloire d’antan pour perdurer dans le paysage, certains disparaissent petit à petit, et d’autres comme Deftones, profitent à la fois d’un regain d’intérêt pour leurs anciens morceaux, tout en continuant à sortir des très bons albums. Le groupe a lui même avoué qu’ils avaient récemment atteint leur côte de popularité la plus haute et le nouvel album du groupe, private music (2025) était attendu pour confirmer ce retour au premier plan du groupe. L’album a été largement plébiscité et il nous restait donc à voir si le groupe pouvait aussi surfer sur leur vague en live. Pour cette première date de leur tournée européenne, les américains ont posé leur valise à l’Adidas Arena en compagnie de Drug Church et Denzel Curry.

On peut souvent voir les concerts comme des passages de témoin ou du moins comme un moyen pour les petits groupes de se mettre en valeur en première partie de grosses dates, et Deftones l’a bien compris en proposant à Drug Church d’ouvrir les dates de leur tournée. Hormis un passage au Hellfest 2024, le groupe s’était jusque là cantonné à des dates intimistes, la plus récente étant au Glazart en juin dernier. Drug Church jouit tout de même d’une belle côte de popularité dans la sphère post hardcore et c’est avec confiance que le groupe investit la scène de l’Adidas Arena. Patrick Kindlon au chant est déchaîné et compte bien participer à chauffer la salle avant l’arrivée de la tête d’affiche. Malgré son exposition assez discrète, le groupe compte tout de même plus de 10 ans de tournée et ça se sent, leur performance est intéressante et leur musique un poil plus péchu que sur album afin de coller au mieux aux conditions du live.

Drug Church Setlist Adidas Arena, Paris, France 2026

Changement d’ambiance avec l’arrivée de Denzel Curry. La présence du rappeur peut surprendre mais ce n’est pas la première fois que l’artiste se produit au sein d’une affiche plus rock et heavy puisqu’il avait notamment joué en tête d’affiche de l’Outbreak en Angleterre ou du Jera aux Pays-Bas. Le rappeur a donc des liens avec la scène metal alternatif (en atteste son dernier featuring avec Knocked Loose) mais surtout, sa présence prouve également le large spectre musical de Deftones : le groupe tire des influences mais draine son public à la fois dans le milieu rock, metal, ou hip hop. On reste globalement peu habitués à voir des rappeurs se produire en première partie de groupe de metal et le set de Denzel Curry peut paraitre malgré tout un peu en décalage de la soirée. D’autant plus que le show de l’américain connait quelques limites : le son est tout d’abord mal calibré au début et on semble entendre mieux les quelques paroles du DJ que celle du chanteur, et c’est dommage étant donné que c’est dans le chant rappé que réside tout l’intérêt de la prestation. Le show utilise également les écrans en fond de scène pour passer des vidéos, et celles-ci sont globalement captivantes, mais il s’agit en fait d’une même bande vidéo qui est repassée en boucle et de manière indépendante des morceaux joués ou des temps de pause du show. On sent cependant le rappeur décider à captiver et à séduire le public en abusant peut être d’innombrables « hands up! » et « what’s up! ». Le public se prêt tout de même au jeu et le rappeur semble avoir réussi son pari de ce point de vue là.

Denzel Curry Setlist Adidas Arena, Paris, France 2026

Sans revenir sur le regain énorme de popularité du groupe déjà évoqué plus haut, ce concert parisien de Deftones était un évènement majeur : hors festival, le groupe n’avait pas donné de concert en salle française depuis presque 10 ans et deux dates à l’Olympia en 2017. Il s’agissait par ailleurs de la première date de la tournée européenne du groupe, le suspense était donc présent afin de savoir ce que le groupe nous avait préparé. L’entrée en matière se fait avec Be Quiet and Drive (Far Away) et le groupe nous coupe déjà le souffle avec ce morceau d’anthologie qui lance presque symboliquement le show et présage de la suite des évènements : le public sera globalement calme (sans être muet pour autant), mais comme envouté par le groupe qui nous emmènera loin dans un son univers musical. La bande à Chino Moreno ne traine pas pour nous présenter des titres issus de private music (2025), l’occasion d’également utiliser pleinement le grand écran en fond de scène et les plus petits en bords de scène, notamment pour y dévoiler une animation magnifique du serpent de la pochette de ce dernier album. Les vidéos seront d’ailleurs toujours judicieusement choisies et viendront habiller la performance musicale des morceaux, à l’image des magnifiques images de vagues et d’océan proposé sur le sublime Sextape.

Pendant 1h30, les californiens ont captivé l’attention d’un public pas forcément très remuant mais pour qui le temps semble s’être arrêté pendant le temps du concert. C’est là tout le charme des Deftones : le groupe nous propose bien évidemment des sonorités heavy qui pourrait inciter à se déchainer mais tout l’intérêt de la musique du combo de Sacramento réside plutôt dans sa capacité à nous transporter grâce à des sonorités atmosphériques, porté par les sons de guitare planants de Stephen Carpenter et la voix langoureuse de Chino. A en juger par la réaction du publique, aucun doute que le groupe a réussi à transposer en live ses sonorités si spéciales qu’on retrouve sur leurs albums. Deftones peut d’ailleurs s’appuyer sur une bonne poignée de titres incontournables qui mettent d’accord à la fois les amateurs occasionnels du groupe que les fans les plus pointus. On pense notamment à Change (In the House of Flies), My Own Summer (Shove It) ou 7 Words issu du premier album du groupe qui vient conclure ce concert magistral sur une note plus agressive.

Deftones Setlist Adidas Arena, Paris, France, eu | uk tour 2026

Dans une Adidas Arena qui n’a eu aucun mal à faire le plein, Deftones a confirmé sur scène le regain énorme de popularité que le groupe suscite depuis quelques années. Que ce soit avec les morceaux issus de son dernier très bon album private music ou ses titres emblématiques, le groupe et son style unique, a su transporter son public dans une atmosphère à la fois agressive et envoutante. Une soirée inoubliable!

Merci à AEG Presents et à Replica pour l’accréditation et à l’Adidas Arena pour son accueil!


The trajectories of bands over time differ: some continue to rely on their past glory to remain part of the landscape, some slowly fade away, while others, like Deftones, benefit both from a renewed interest in their older material and from continuing to release very strong albums. The band itself has admitted that they have recently reached the highest level of popularity in their career, and their new album, Private Music (2025), was eagerly awaited to confirm their return to the forefront. The album was widely acclaimed, leaving one remaining question: could the band also ride this wave live? For the first date of their European tour, the Americans set down their bags at the Adidas Arena, joined by Drug Church and Denzel Curry.

Concerts are often seen as a passing of the torch, or at least as an opportunity for smaller bands to shine as opening acts on major dates, and Deftones clearly understand this by inviting Drug Church to open their tour. Aside from an appearance at Hellfest 2024, the band had so far stuck to intimate shows, the most recent being at Glazart last June. Drug Church nevertheless enjoys a solid reputation within the post-hardcore scene, and it is with confidence that the band takes over the Adidas Arena stage. Vocalist Patrick Kindlon is unleashed and fully intent on warming up the crowd before the headliner’s arrival. Despite their relatively low-profile exposure, the band boasts over ten years of touring experience, and it shows: their performance is compelling, and their music feels slightly more punchy than on record, better suited to the demands of a live setting.

A change of atmosphere comes with the arrival of Denzel Curry. The rapper’s presence may come as a surprise, but it is far from his first appearance on a more rock- and heavy-oriented bill, having notably headlined Outbreak Festival in the UK and Jera On Air in the Netherlands. Curry therefore has clear ties to the alternative metal scene (as evidenced by his recent feature with Knocked Loose), but above all, his inclusion also highlights Deftones’ broad musical spectrum: the band both draws influence from and attracts an audience spanning rock, metal, and hip-hop. We are still generally unaccustomed to seeing rappers opening for metal bands, and as a result, Denzel Curry’s set can nonetheless feel somewhat out of step with the evening. This is all the more noticeable given the limitations of the American’s show: the sound is poorly balanced at first, with the DJ’s occasional vocal interjections coming through more clearly than the rapper himself, which is unfortunate considering that the core appeal of the performance lies in his rapped delivery. The show also makes use of the back screens to display video content, which is generally engaging, but it turns out to be a single video loop replayed repeatedly, regardless of the songs being performed or the pauses in the set.That said, the rapper is clearly determined to engage and win over the crowd, perhaps relying a bit too heavily on countless “hands up!” and “what’s up!” calls. The audience nevertheless plays along, and from that perspective, Curry seems to have succeeded in his mission.

Without going back over the massive resurgence in popularity already mentioned above, this Paris show by Deftones was a major event: outside of festival appearances, the band had not played a French indoor venue for nearly ten years, since their two nights at the Olympia in 2017. It was also the first date of the band’s European tour, so there was genuine anticipation as to what the group had in store. They open with Be Quiet and Drive (Far Away), immediately taking our breath away with this iconic track that almost symbolically kicks off the show and sets the tone for what follows: the audience remains generally calm (without being silent), seemingly spellbound as the band draws us deep into its singular musical universe. Chino Moreno and his bandmates waste no time in introducing songs from private music (2025), also taking full advantage of the large screen at the back of the stage as well as the smaller side screens, notably to unveil a stunning animation of the serpent featured on the album’s artwork. The visuals throughout the show are consistently well chosen, enhancing the musical performance of each song, as illustrated by the magnificent ocean and wave imagery accompanying the sublime Sextape.

For an hour and a half, the Californians hold the attention of an audience that may not be especially animated, but for whom time seems to stand still throughout the concert. This is precisely the magic of Deftones: while the band naturally delivers heavy sounds that could invite chaos, the true strength of the Sacramento outfit lies in its ability to transport the listener through atmospheric textures, carried by Stephen Carpenter’s soaring guitar work and Chino’s languid vocals. Judging by the crowd’s reaction, there is no doubt that the band succeeds in translating its unique studio sound into a live setting. Deftones can also rely on a solid handful of essential tracks that unite both casual listeners and die-hard fans alike—Change (In the House of Flies), My Own Summer (Shove It), and 7 Words from the band’s debut album, which brings this masterful concert to a close on a more aggressive note.

In an Adidas Arena that had no trouble selling out, Deftones confirmed on stage the massive resurgence in popularity the band has enjoyed over the past few years. Whether through songs taken from their excellent latest album Private Music or their iconic tracks, the band and its unique style succeeded in transporting the audience into an atmosphere that was both aggressive and spellbinding. An unforgettable night!

MightyMightyMarty
MightyMightyMarty
Mon truc c'est le punk rock et le hardcore. Mais comme il faut s'intéresser à tout (ou presque), vous pouvez me croiser en concert de pop-punk ou de Oi!, m'entendre fredonner du classic rock ou du metalcore, et même me surprendre à écouter du metal!

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