Bring Me The Horizon : POST HUMAN : SURVIVAL HORROR

Est-ce qu’on est pas impatient de voir 2020 se terminer ? Probablement. Même si le futur semble incertain, il n’empêche qu’on aimerait pouvoir tourner la page de cette année bien pourrit pour repartir sur de vraies et meilleures bases en 2021. Cependant, dans l’accumulation de mauvaises choses s’étant passées cette année, quelques bonnes nouvelles sont tombées. Une d’entre elle s’appelle POST HUMAN : SURVIVAL HORROR qui n’est autre que le nouvel album de Bring Me The Horizon. Le public était plutôt partagé, principalement en vue des nombreux changements de direction du groupe. Si certains approuvaient, d’autre détestaient. Qu’est ce que vaux ce huitième album ? L’heure du verdict vient de sonner !

L’album s’ouvre alors sur Dear Diary, un morceau qui aura probablement surprit plus d’un pour son côté très metalcore. De toute évidence, ces dernières années, le groupe s’était éloigné de leur style d’origine : c’est pourtant là un retour en force, une ouverture puissante. Le scream d’Oli est bien de retour, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure. Lee Malia, guitariste du groupe depuis 2004 a même avoué avoir ressorti la première guitare avec laquelle il a enregistré pour Bring Me The Horizon. Petit plus, cette chanson est une référence au jeu Resident Evil tandis que l’on peut entendre le célèbre « Tasty. Itchy. » qui, pour les plus nerds d’entre vous, sonne familier puisqu’il s’agit là de la dernière ligne du Keeper’s Diary, journal tenu par un scientifique de la Umbrella Corporation. Rappelons le, tandis qu’il succombe à l’infection, il aura noté « Itchy. Tasty. » Bel hommage en soit, des plus subtil mais qui raisonne dans l’esprit des fans du jeu.

Après, nous pouvons entendre un morceau connu de cet album. Parasite Eve, chanson sombre, loin d’être le genre à nous remonter le moral en ces temps incertain. Sortie fin Juin, Oli confiait au magazine NME qu’il n’y avait pas meilleur moment pour sortir ce morceau qui correspondait parfaitement à la situation mondiale, qui encore aujourd’hui, laisse planer le doute. Il disait d’ailleurs qu’il ne servait à rien de se voiler la face, simplement car c’est impossible d’attendre que les choses passent pour les oublier une fois fini. On peut d’ailleurs le sentir dans la phrase « When we forget the infection will we remember the lesson ? » qui résume à elle seule la situation mondiale. Voilà pourquoi il s’agit de quelque chose de particulièrement pessimiste, avec un petit air post-apocalyptique qui fait réfléchir et qui raisonne en nous aujourd’hui en vue de son rapprochement à la réalité.

Le troisième morceau débute, Teardrops, et c’est quelque chose d’un tantinet plus légers. Un mix entre les trois derniers albums (Sempiternal, That’s The Spirit, Amo) . Mais encore une fois, voilà une critique de la société puisque cette chanson parle simplement de la manière dont les futurs générations nous voient et pour qui l’addiction à la technologie est totalement normale. On s’isole de plus en plus et on sombre, doucement mais certainement si on ne fait pas assez attention. Dernier single en promotion de l’album, celui-ci a justement partagé les fans de la première heure qui ont vu ici quelque chose d’un peu plus récent. Pas de scream, des sons un peu plus électronique, le morceau reste pourtant puissant, principalement en vu de l’impact des paroles.

Ainsi débute Obey, avant dernier single de l’album. Mais aussi et surtout, premier featuring puisqu’ici, BMTH a collaboré avec le chanteur anglais YUNGBLUD. Un son qui mélange parfaitement bien le genre des deux artistes et qui garde leur identité musicale à chacun. Un BMTH des plus purs, allégé par le côté déjanté du chanteur. Ça n’enlève pourtant en rien l’impact des paroles puisqu’on parle ici d’oppression politique et le fait que ce confinement mondial a permis aux individus d’ouvrir les yeux sur les actions des dirigeants de nos pays. Un appel à rester vigilant et à ne pas approuver bêtement et devenir docile : ce n’est pas parce qu’ils dirigent le monde qu’ils ont raison sur tout les points.

C’est au tour de Itch for the Cure (When Will We Be Free ?) de faire son apparition et là, on retrouve sans doute l’ovni de l’album. Quelque chose qui aurait parfaitement sa place sur l’EP sorti l’an dernier qui délaissait totalement le rock pour quelque chose de nouveau, d’expérimental. Original, mais entraînant qui donne envie d’en savoir plus puisqu’il s’agit ici d’une introduction au morceau suivant, Kingslayer. C’est aussi une référence directe au morceau de Linkin Park, Cure for the Itch.

Kingslayer ne se fait pas attendre et débute, et là encore on retrouve quelque chose de très différent du début de l’album. Un mix électronique avec une bonne dose de metalcore comme on l’aime si bien. Le scream de Oli est probablement à son apogée dans ce morceau, les guitares sont puissantes et rappellent une époque bien lointaine du groupe. En bonus, la collaboration avec le groupe Japonais BABYMETAL. Cette chanson, elle semble prendre le meilleur des deux groupes pour en faire une seule chanson, de l’anglais, du japonais, mélange parfait entre les deux genres. Itch for the Cure prend tout son sens et c’est probablement à mes yeux une des collaborations les plus ambitieuse jamais réalisée. Il est important de préciser également que le titre de cette chanson fait aussi référence au jeu vidéo Call of Duty qui récompense de la Kingslayer Medal.

Débute ensuite 1×1, troisième collaboration de l’album avec Nova Twins. Chanson qui va dans la continuité de Teardrops, qui fait référence au sentiment de culpabilité quant aux actions de l’humanité mais également aux problèmes d’addiction dont Oli a été victime. Ici, c’est le sujet de l’autodestruction qui revient énormément « Terrified, I’m numb, annihilation never looked so good. » Cette chanson, comme beaucoup d’artiste avant eux utilise l’ultime procédé de parler de quelque chose de sombre sur quelque chose qui bouge, qui nous donne envie d’headbang dans notre voiture, en salle de concert ou chez nous. Pari réussi jusqu’à présent, cette énième collaboration se veut être un vrai chef d’oeuvre.

Le premier single étant sorti sur les plateformes musicales débute ; Ludens. Ici, on est encore dans le thème du jeu vidéo puisqu’il s’agit de la bande originale de Death Stranding. Pour la petite anecdote, le morceau a d’ailleurs dû être écrit en cinq jours, ce qui était un gros challenge pour le groupe. Et pourtant, Ludens est née. Une chanson originale, qui n’a pas vraiment sa place sur les autres albums et qui sans grande surprise, se positionne parfaitement bien sur cet opus. Ici, il parle du jeu, allant jusqu’à utiliser des citations de celui-ci mais pas que. Puisqu’Oli a avoué à NME ne pas vouloir tourner uniquement autour de celui-ci, il englobe toute la mentalité de Kojima qui pense que la créativité est la plus belle chose que l’humanité puisse accomplir. Ainsi, pour adapter à ses propres convictions, la chanson parle d’évolution personnelle, expliquant qu’au final, nous avons besoin d’être notre propre héros et encore une fois, nous ne devons pas attendre après nos dirigeants. En tout cas ce morceau a été particulièrement bien accueilli par la critique puisqu’on retrouvait un peu de tout ce qui faisait BMTH, aussi bien les morceaux électroniques que le scream. Un mélange de style inédit et qui annonçait l’évolution du groupe. Ludens ne nous avait pas induite en erreur puisqu’on retrouve bien tout ce qui fait le groupe sur cet album en une seule chanson, un peu comme une bande annonce.

L’album se clôture alors avec une ballade, One Day the Only Butterflies Left Will Be in Your Chest as You March Towards Your Death. Un autre et ultime featuring avec Amy Lee, chanteuse d’Evanescence dont la voix nous berce divinement. Ici, se termine l’histoire de POST HUMAN et c’est une chanson des plus tristes qui s’offre à nous pour terminer l’album. Le duo expliquait qu’il s’agissait ici d’une représentation de l’humanité envers le monde, Amy représentant la nature et Oli l’humanité. Le texte est clair, en vue de la manière dont l’espèce humaine traite le monde, pouvons nous espérer que notre mère nature résiste encore longtemps ? Ça laisse à réfléchir tandis que les poils s’hérissent sur le bras et que cette chanson offre une réflexion. Un moyen de dénoncer la manière dont l’Homme agit envers la planète et continue de n’en faire qu’à sa tête malgré les nombreux avertissements.

POST HUMAN : SURVIVAL HORROR est donc un album qui parle de beaucoup de choses. Réflexion de soit, situation de l’humanité et du monde en général, les références aux jeux vidéos. Un album qui était attendu à partir de l’instant où il a été annoncé et surtout un album qui gagne ses paris. Bring Me The Horizon ont évolués, de toute évidence, mais c’est de la meilleure manière qu’il soit. POST HUMAN, on dirait un mix des trois derniers albums avec une touche de ce qu’ils ont fait précédemment comme si le groupe atteignait l’apogée ultime de leur talent. Et on se doute que ce n’est ici que le début puisque je suis certaine qu’ils continueront de nous impressionner dans le futur. Et si y a bien une chose qu’on peut dire c’est qu’au moins, il a sauvé notre Halloween !

Tracklist ;

01. Dear Diary,

02. Parasite Eve.

03. Teardrops.

04. Obey (with YUNGBLUD)

05. Itch For A Cure (When Will We Be Free ?)

06. Kingslayer (feat. BABYMETAL)

07. 1×1 (feat. Nova Twins)

08. Ludens.

09. One Day The Only Butterflies Left Will Be The One In Your Chest As You March Towards Your Death (feat. Amy Lee)

Masha

Vingt quatre ans et toujours une emo kid.

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