Mouth Culture + Hana Lili @Le Hasard Ludique, Paris (21.02.2026)

Le Hasard Ludique, Paris, 21 février 2026. Live-Report et Photos par Aurélie Renault

Dans le 18ᵉ arrondissement, il existe une ancienne gare de la Petite Ceinture devenue un terrain de jeu pour les nuits bruyantes et festives. Ce soir-là, les rails du Hasard Ludique semblent mener tout droit vers Leicester. Parce que Mouth Culture est de ces groupes qui débarque avec l’énergie d’un train déjà lancé… et pas vraiment le temps de freiner. Alors nous sommes prêts à dérailler.

Mais le premier arrêt se fait au Pays de Galles, pour récupérer Hana Lili, qui ouvre la soirée avec une pop alternative aux contours shoegaze. Ses chansons n’ont rien de Small Talks, mais ont tout l’air de confessions, comme si elle se mettait à nu (Undress Me). Première virée européenne pour l’artiste et déjà une impression de proximité immédiate avec la salle.  Elle nous offre un live Iconic, avec des mélodies accrocheuses mais jamais trop lisses, toujours traversées par une légère mélancolie. Les morceaux s’enchaînent entre douceur et tension, avec “Ur Girlfriend’s a Lawyer” qui distille son ironie sentimentale, avant que “Sick of Myself” ne ferme le chapitre… Même ni nous, nous ne l’étions pas, sick of her, et aurions bien repris quelques minutes de set supplémentaires.

Mishaps of our mid-twenties

Le groupe britannique s’est imposé ces derniers mois comme une nouvelle décharge d’électricité dans le rock alternatif, mélangeant pop-punk nerveux, refrains fédérateurs et émotions pas toujours très bien rangées.

Autrement dit : la bande-son parfaite pour des jeunes adultes un peu trop lucides.
Et quand Mouth Culture arrive enfin sur scène, l’ambiance bascule instantanément.

Les premières notes frappent comme une gifle sonore. Pas violente. Juste parfaitement calibrée pour nous remettre les idées en place.

Les morceaux s’enchaînent avec cette urgence presque adolescente qui traverse leur discographie. Dans cet univers, l’amour ressemble rarement à une comédie romantique. Plutôt à une série de 15 Missed Calls, de regrets envoyés trop tard et de conversations qu’on rejoue en boucle dans sa tête.

Les refrains de “Dead In Love” et “Little Wednesday” font exactement ce que les bons refrains doivent faire : se propager dans la foule comme une rumeur.

Et soudain la petite salle parisienne devient beaucoup plus grande.

Parce que les chansons de Mouth Culture sont comme des journaux intimes ouverts aux pages les plus douloureuses. Des fragments de vie où l’on parle de relations compliquées, de nuits trop longues et de cette sensation étrange de grandir sans mode d’emploi.

Picking wings off a butterfly

Une chanson conduisant à une autre, nous en arrivons à la sublime “Picking Wings Off a Butterfly” qui flotte dans l’air comme une métaphore un peu cruelle des relations humaines : belles, fragiles, et souvent sabotées par ceux qui les tiennent entre leurs doigts.

Puis vient “Paradise”, qui rappelle que le paradis dans l’univers Mouth Culture ressemble rarement à une plage tranquille. Plutôt à une fête qui finit à trois heures du matin avec des discussions existentielles et les oreilles qui bourdonnent encore.

Et d’ailleurs, la façon dont la salle répond à chaque refrain ressemble assez bien à ce genre de conversations bruyantes, ces paroles échangées entre le groupe et leur public, par dessus les notes, pour communiquer leur accord sur ces divers sujets.

Regret 101

S’il fallait résumer le cœur émotionnel du concert, “Regret 101” ferait un bon manuel.

Parce que les chansons du groupe parlent beaucoup de ça : les erreurs.
Les décisions prises trop vite, les sentiments qui arrivent toujours au mauvais moment.

Mais au lieu de s’excuser, Mouth Culture transforme tout ça en énergie.
Et pour nous, les regrets d’être venus ? 404 Not Found.

Cherry Red Rage

Le groupe donne tout ce qu’il a sur Cherry Red Rage, qui explose comme un feu d’artifice rouge. Le public se bouscule, sans coup dans la figure, bien entendu, mais une colère bien exprimée et extériorisée dans le pit, par la danse, fait toujours du bien. Même si Ratbag nous questionne sur nos intentions en le faisant : « Oh, why you always dancing on the edge? ». Le fait est qu’on se sent Happier, par la suite.

D’ailleurs le groupe en profite pour nous dire à quel point ils sont reconnaissants et heureux également, et touchés par l’accueil qui leur est réservé.

La soirée se clôture sur Don’t Pull Up, et alors que le groupe chante « Oh I think we’ve had enough », nous, on aurait voulu que ça continue… Everyday, On and on. Encore et encore.

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