Ce soir, c’est sous la pluie que les spectateurs patientent devant le Diff’Art, attendant que la soirée démarre.
Une fois les portes ouvertes et à l’intérieur de la salle, l’atmosphère se détend : la salle ayant proposé sur ses réseaux de nous débarrasser de certains gobelets réutilisables dont on ne se sert plus, on les dépose au bar. Une initiative aussi simple qu’intelligente, une superbe idée, autant pour l’écologie que pour l’équipe du Diff’Art.
Ceci étant fait, il est temps de nous placer, d’observer la salle se remplir. Ce soir, le Festival Rise and Fall va vibrer, et la scène s’apprête à accueillir ses premiers éclats sonores.


La soirée s’ouvre avec les Poitevins d’Erei Cross, et très vite, on se retrouve plongés dans une bulle à part. Une atmosphère vaporeuse, presque suspendue, enveloppe le public. Le groupe nous offre des textures oscillant entre envolées éthérées et moments plus lourds et sombres.
Erei Cross ne fait pas dans l’outrancier.
Pas d’envolées démonstratives : tout est dans la nuance, les montées progressives, les silences qui respirent, la retenue. Le chant guide l’ensemble comme un fil, fin mais solide, pendant que les instruments nous tissent une toile sonore immersive.
Une entrée en matière sensible et élégante, qui capte l’attention et pose une base forte pour la suite de la soirée.

Après cette parenthèse sensible et progressive, le choc Shaârghot est d’autant plus marquant.
Le spectacle commence même avant l’arrivée du groupe : en voyant plusieurs fans arborer costumes et clins d’œil appuyés à l’univers marqué de Shaârghot, c’est dans le public que la mise en scène démarre.
Quelques minutes plus tard, le groupe déboule sur scène comme une tempête de chaos, balayant d’un revers toute forme d’insouciance et de calme. Le décor, les masques, les lumières : tout est fait pour plonger la salle au cœur de leur univers post-apocalyptique, sale, chaotique, viscéral. On ne contemple plus la tempête, on la subit… et on adore ça.
C’est une véritable déferlante indus metal, ultra énervée, qui s’abat sur nous. Les riffs grondent, les machines martèlent, les beats électroniques frappent comme des coups de matraque. Au chant, le Shaârghot (Étienne Bianchi) interagit avec la foule avec une énergie théâtrale, mêlant provocation, transe et folie. Chaque morceau est un appel à la charge, et le public répond avec force et conviction, happé par cette rage communicative.
La fosse devient rapidement une zone de guerre anarchique : pogos, wall of death, cris. Shaârghot ne laisse aucun répit, enchaînant les titres comme une succession d’émeutes incontrôlables. Une expérience totale, un exutoire jouissif et collectif, marqué par une identité forte et travaillée.
Conclusion
Ce 22 novembre au Diff’Art nous aura offert un contraste saisissant et parfaitement maîtrisé.
Erei Cross a ouvert la soirée avec finesse et profondeur, installant une atmosphère propice à l’écoute et à l’introspection.
Shaârghot, à l’inverse, a transformé la salle en zone sinistrée, déversant une énergie électrique et cathartique.
Deux univers opposés, mais complémentaires, réunis dans le cadre du Festival Rise and Fall.
Une soirée marquée par cette sensation d’avoir vécu le passage d’un cyclone, où l’explosion théâtrale frappe autant que les décibels.
Merci à la salle Le Diff’Art, à l’organisation du Rise And Fall, ainsi qu’aux groupes pour leurs prestations.
