Tambours du Bronx @John Lennon, Limoges (26 Octobre 2019)

À l’occasion de leur passage à Limoges sur leur tournée « Weapons of Mass Percussion », le 26 Octobre dernier; les Tambours du Bronx ont répondu à quelques unes de nos questions. Une interview placée sous le signe de la bonne humeur et de la camaraderie : une image qui colle, tout à fait aux 5 loustiques présents, ce jour-là…

Ben et Dom (guitares) ; Reuno (chant) ; Luc et Thierry (bidons)

Bonjour, les TAMBOURS DU BRONX ; Justine du webzine Chairyoursound. Comment allez-vous ?

Tous : Bien !

Pour commencer, je voulais savoir : racontez-moi un peu l’histoire du groupe. Comment ça a commencé ?

Thierry : Oh, putain (rire) ! Depuis le début ? Ok alors, ça a commencé en 87.

Reuno : Tu n’étais pas née (rire).

Thierry : Donc, ça devait être qu’une seule fois pour l’inauguration d’un festival rock de chez nous ; un festival court-métrage. Et puis, beh tout a bougé, et puis 30 ans après on est encore là. Ça nous a plu, ça a marché et on recommencé ça, et puis…

Reuno : Ils ont fait 8 fois le tour du Monde.

Thierry : On a fait 8 fois le tour du Monde (rires). Et puis après, on a décidé de monter un petit peu ça sur scène. Au début, on jouait à l’arrache comme ça, là où on voulait, et c’était intéressant. Et puis après, on en a fait un vrai spectacle. Au fur et à mesure, voilà quoi ! À un moment, on s’est dit « Tiens, on va peut être rajouter quelques petits trucs ; parce que les bidons, on a fait le tour un petit peu… » (rire). Nous, même dans le spectacle classique, on a commencé à ajouter un petit peu de samples, un petit de choses, un petit peu de voix enfin de cris ; des choses comme ça. Et puis pour la suite, et beh Dom va continué…

Reuno : Pour la partie metal, donc (rires)…

Dom : Pour la partie metal. Donc comme il dit, c’est une grande évolution. Parce que les bidons on a voulu, à un moment, apporter un côté mélodique…

Reuno : En apportant de la couleur !

Dom : Ouais, tout en gardant l’arc de cercle évidement, qui est la base du groupe. Les bidons, donc l’électro, c’était très pratique ; donc, on a rajouté des samples, on a rajouté beaucoup d’électro : et c’était une évolution, assez lente sur ces 32 ans. Et puis, pour les 30 ans, on a réalisé qu’on avait rien fait…

Thierry : On avait fait les 25, on avait pas fait les 30.

Dom : Ouais, la plupart des groupes à 30 ans, ils font un truc : ils sortent un album, ils font la fête, ils boivent un coup. Non, je ne sais pas. Non, nous ont avait rien fait du tout et on s’est dit « tiens, on pourrait peut être faire quelque chose ? ». On avait cette envie, euh.. Tu sais qu’on avait joué un peu avec Sepultura ?

Justine : Oui, évidemment.

Dom : On été un peu restés sur notre faim, parce qu’on avait envie de jouer plus que ce qu’on a fait, tous. Mais c’était pas possible, parce que logistiquement, c’était une horreur mais bon… Donc voilà, il y avait ça. On savait que ça marcher : les guitares et les bidons, parce qu’on avait déjà tester. On avait ce petit manque, et puis on avait l’envie d’une prise de risque ; on avait envie de changer, aussi. À un moment, on savait pas comment aller plus loin sur l’électro, et puis ouais; on avait clairement besoin de changement, de… Je ne sais pas, les mots me manquent (rires).

Thierry : En plus, on avait déjà essayé les guitares, il y a très très longtemps. En amont, on avait déjà essayé, mais bon… On s’y était pas vraiment pris comme il fallait, des choses comme ça. Et puis, ça n’avait pas du tout le côté metal, quoi ! Même si on utilisait des instruments, mais…

Dom : Je pense que c’était un peu tôt et mal préparé.

Thierry : Ouais, un peut tôt et très très mal préparé. Et en plus, ça n’a pas duré très longtemps…

Dom : En plus, je parle de prise de risque, parce qu’il y avait aussi un peu cette frayeur d’aller là-dedans. Après c’est aussi un concours de circonstances, parce que c’est aussi au même moment qu’on a rencontré Franky ; qui lui venait de quitter Dagoba, et qui était fan des Tambours. Il avait commandé un DVD chez nous et on lui a lancé une petite blague; en fait, on s’est… On a communiqué, on s’est rencontré, on a décidé de jouer ensemble et de voir ce que ça pouvait donner. C’est vraiment un tout !

Donc du coup, vous revenez avec un tout nouveau show qui a une connotation un peu plus metal : et donc je voulais savoir si le concert avec Sepultura, avait été un élément déclencheur qui a fait changé votre thématique de spectacle, après plus de 30 ans de carrière ?

Thierry : Non, ça n’a pas changé la thématique, on avait envie un petit peu d’explorer ce chemin, là…

Dom : Ça nous a conforté dans le fait qu’on pouvait le faire. On a eu comme je t’ai dis, cette espèce de un petit regret : Sepultura, comme nous d’ailleurs, d’avoir fait que 3 ou 4 très très gros festivals, alors qu’on aurait aimé faire des clubs…

Thierry : Mais, les Tambours, n’est pas un groupe de metal.

Dom : Les Tambours ne sont pas un groupe de metal, et on a toujours été très rock voire metal. Mais, on vient tous du rock.

Reuno : Y en a pas trop qui viennent des badoucadas, et tout ça (rires).

Dom : Non, non… Même le chant classique des Tambours, la façon dont on appréhende la percussion et les bidons : ça n’a rien de classique, ça n’a rien d’éthnique ; ça vient du rock’n’roll.

C’est pour ça, pourquoi maintenant ? Pourquoi cette thématique ne vous est pas venue plus tôt ?

Dom : Ça nous permettait de proposer quelque chose de nouveau… Ça nous permettait de nous aérer l’esprit.

Thierry : Et puis, ça a été le moment. Des fois, y a des choses qui…

Reuno: Ouais des fois, y a des choses… c’est l’alignement des planètes.

Thierry : Y a eu Sepultura, on a rencontré Franky et puis après, on s’est dit « tiens, il nous faudrait du chant ». Tout s’est goupillé…

Reuno : Ils m’ont appelé et ils m’ont dit « qu’est-ce que tu en dis ? ».

Dom : À la base, c’était une sorte de break.

Reuno : Ouais, c’est reposant comme break, en plus (rires).

Dom : Si pour nous, ça a été reposant. Et puis après, ça a créé un petit manque sur le show classique : on a commencé à nous redemander, donc on a rejoué en parallèle le show classique ; on a repris plaisir à rejouer le show classique. En fait, on a les deux spectacles en parallèle : les Tambours du Bronx en version classique ou en version metal ; et on prend plaisir à jouer les deux.

Et vous vous êtes rencontrés comment ? Par rapport aux Tambours, il y en a qui se sont rajoutés au fur et à mesure : des guitares, une batterie. Pourquoi, vous avez voulu travailler ensemble ?

Dom : Les guitares et la basse, ce sont des anciens tambours ; on est juste passés aux guitares. Donc, on a lâché le bidon pour passer à la guitare…

Et du coup, vous êtes considérés comme des collaborateurs ou comme des membres permanents ?

Dom : On est des membres permanents. Non, mais comme je te disais, on fait partis du groupe. Nous, les guitares et les bidons, on fait parti des Tambours depuis des lustres : ça va faire 19 ans…

Thierry : Ils ont juste changé d’instrument, en fait.

Reuno : Les membres additionnels, c’est : Franky à la batterie…

Dom : Arno qui remplace notre clavier d’avant. Il est vraiment intégré aux Tambours du Bronx : il joue sur les deux spectacles. Franky, lui aussi, il est intégré aux Tambours maintenant.

Reuno : Y a que moi ; c’est moi, la pièce rapportée !

Dom : Y a que les chanteurs, qui sont intégrés au groupe ; mais sur le show metal uniquement.

(petite précision concernant les chanteurs : on a Stéphane Buriez (Loudblast), Renato (Flayed) et Reuno (Lofofora), qui sont en alternance sur les shows)

Avant ce show metal, vous aviez un public plus ou moins diversifié ; est-ce que maintenant du fait de faire un concert un peu plus metal, est-ce que vous voulez attirer plus de metalleux ?

Reuno : Vient qui veut !

Dom : Écoutes, oui ! On a toujours eu un public « tout public ». Alors, c’est pas péjoratif, du tout : c’est qu’on a des familles, on a des metalleux, on a des punk, on a du…

Thierry: On transforme une salle de rock en maison de la culture, nous ; et vice-versa (rires).

Dom : Ça a toujours été notre public, et c’est sûrement pour ça qu’on est encore là après 32 ans, d’ailleurs. Parce qu’on intéresse un peu toutes les générations et tous les styles. Sur le show metal, si on a des metalleux qui sautent partout : on est contents, ça donne un peu d’énergie, ça ambiance.

Reuno : Ça ambiance…

Thierry : Y a quand même des gens qui connaissent un petit peu, qui viennent par curiosité ; qui sont, peut être parfois, un peu déçus mais ils restent quand même jusqu’au bout. Et puis, y en a aussi qui se disent « putain, c’est bien ». Et puis, des metalleux qui connaissaient pas les Tambours, qui viennent nous voir ; qui sont venus voir le show classique et qui se disent « même sans les guitares, ça envoie du pâté ».

Dom : On a beaucoup de metalleux qui viennent au spectacle classique. En fait, après avoir vu le show metal, ils viennent voir le show classique.

Reuno : C’est pas étonnant !

Intervention de Luc, Tambours

Luc : Bonjour messieurs, dame..

Reuno : On est entrain de faire une interview (rires) !

Luc : C’est quelque chose qu’il ne fallait pas dire. Y a pleins de choses qu’il faut dire, mais si tu dis qu’il y a une interview… Bon beh, je vais resté : c’est pas trop tard, il y a tellement de choses à dire… Si jamais ils se trompent, je suis un peu comme un avocat.

Comment vous est venue, l’idée du nom du spectacle, qui est aussi le nom de votre dernier album (Weapons of Mass Percussion – Armes de percussion massive) ?

Dom : C’est Franky, qui a eu l’idée.

Ben : C’est toujours chiant de trouver le nom d’un spectacle.

Dom : On trouvait que ça sonnait bien, alors on s’est dit « go » !

Votre setlist a-t-elle changée du tout au tout : c’est-à-dire que votre setlist de show « classique », a changé complètement avec l’ajout de nouvelles chansons ou vous avez juste adapté les anciens morceaux (donc les chansons déjà existantes) au nouveau show ?

Dom : Tu veux dire: le show metal a été adapté par rapport au show classique ?

Justine : Oui.

Dom : Oui, c’est ça ! C’était une grosse adaptation du show classique : quelques nouveaux morceaux, des réécritures de certains morceaux et puis quelques reprises, mais…

Thierry : En général, c’est des morceaux qu’on jouait déjà dans le show classique.

Dom : On a donc tout adapté, ouais, par rapport à une structure de bidons qui était déjà existante.

C’est ce qu’on disait tout à l’heure : vous avez joué avec Sepultura, et notamment au Motocultor 2018 ; comment s’est passé ce concert ?

Reuno : Tu veux vraiment savoir (rires) ?

Justine : Oui, je veux savoir (rires) !

Dom : Le concert en lui-même c’était le, on va dire, la claque comme à chaque fois qu’on se rencontre. Dès qu’on monte ensemble, qu’on est ensemble sur les planches, y a une énergie monstrueuse qui se dégage. Le public saute partout ; enfin, ça fonctionne. Ça fini toujours en se faisant des câlins, on se prend dans les bras ; on a tous pris un pied phénoménal à le faire. Mais pour la petite anecdote, c’était un peu moins détendu dans la journée, parce que…

Reuno : Parce que le festival avait annoncé, le fait qu’ils allaient [les Tambours du Bronx et Sepultura] faire un show ensemble ; et que limite, personne était au courant sauf les gens qui avaient vu l’affiche. Ils ont un peu mis les deux groupes devant le fait accompli : c’est pas comme ça que ça se fait ; tu peux pas faire un truc comme ça devant 1000 personnes…

Dom : C’est un peu ça ! Et en fait, quand je suis arrivé au Motocultor, on est venu me chercher (avec les gouttes là) ; il faut vite que tu ailles voir Andréas, il est pas content, il pète les plombs, il veut pas jouer. Donc, il a fallu négocier une bonne partie de la journée, pour que ça se passe bien.

Thierry : Donc du coup, on a fait un morceau, quoi !

Dom : Ils [Sepultura] nous en voulaient pas à nous, mais ça ne se fait pas comme ça… Et puis, il y avait la prod qui bloquait de son côté: « on a rien signé ».

Reuno : Quand il n’y a pas Nicolas, il est moins drôle de toute façon (référence Andréas et Nicolas) (rires).

Dans l’avenir des Tambours, est-ce que vous avez envie de collaborer avec d’autres groupes ou d’autres artistes ?

Dom : Oui, pourquoi pas. Quelque chose qui claque. Après, c’est une question d’opportunités, selon les gens que l’on rencontre…

Reuno : Ouais, Big Flo & Oli (rires).

Luc : Ouais, en ce moment, ils cartonnent…

Thierry : Pour le concert au Zénith de Paris (2012) pour les 20 ans, on avait invité des copains. Il y avait Didier Wampas, et les Young Gods avec qui on a déjà écrit quelques morceaux. Ces gens là, tu vois… Mais pourquoi pas après dans l’avenir, ça peut être pleins de gens. Je sais pas, moi… Moi, je sais que ça fait très longtemps que j’ai envie de faire un truc avec Apocalyptica.

Reuno : C’est les mecs qui font du violoncelles, ça ? Pourquoi, ils veulent pas ?

Dom: Déjà, on a pas essayé…

Justine : Après, ça peut être un problème d’emploi du temps entre les deux groupes.

Thierry : Oui, y a de ça aussi, souvent.

Dom : Quand je parle d’opportunités, tu vois les Tambours comme on est, et souvent c’est des rencontres humaines. Et souvent sur des groupes qui commencent à être très très gros, la rencontre humaine est assez rare.

Reuno : T’es obligé de passer de agent à agent pour connaître les gens, c’est pas rigolo… Moi, en tant que chanteur, on me demande des fois de faire des featurings ; y a pleins de trucs, tu trouves la zik cool, pas mal. Bon, souvent c’est de jeunes groupes qui t’aiment bien, alors ils veulent t’inviter. C’est cool ! Mais franchement, les gens quand je les connais pas, en fait, j’y vais pas… C’est un peu con. Mais si je sais pas qu’il y a un côté humain, qui va le faire ou quoi… Après déjà tu vois, vivre ta vie de groupe au quotidien surtout un groupe de 20 personnes ; en général, voilà… Quand ça fait longtemps que tu pratiques le sport du rock’n’roll: le côté humain, il faut que ça soit un peu facile pour faire les choses vite et bien. Tu n’as plus envie de te faire chier…

Des projets futurs pour les Tambours : du merch, un nouvel album, etc ?

Reuno : Des soutifs, je crois…

Luc : Moi, rencontrer les filles qui sont sur le catalogue de LaRedoute ; ouais, ça serait pas mal (rires).

Luc : Alors qu’est-ce que tu voulais savoir, de plus ?

Luc, je sais que tu collectionnes les soutiens-gorge : je voulais savoir si tu les gardes en tant que trophées ?

Luc : Oui oui, alors tu vois c’est bien d’en parler. Non, c’est pas une question de trophée. En fait, un jour ça a démarré comme ça ; mais je ne pensais pas que j’en aurais autant. Donc là, tu vois, j’en suis à plus de 600.

Justine : Wouah ! Belle collection !

Luc : En fait, j’avais des rideaux dans mon camion, le poids [des soutiens-gorge] cassait les fils. Donc, j’en ai enlevé la plupart, mais je les garde jusqu’au bout; et je verrai ce que j’en ferais. Non, non mais c’est un délire ; une connerie… C’est une connerie pour des gens des fois, parce que tu vois, on parle toujours de trucs sérieux ; mais moi, je trouve que ça, c’est plus le côté rigolo, pour des fois détendre l’atmosphère (rires).

Bon, beh voilà : un petit mot pour la fin ?

Luc : [La fin] dans le monde (rires)..

Tous : Catapulte.

Luc : C’est médiéval, un peu. Je dirais « château fort », même…

Dom : Au fait les projets pour l’avenir, car on a pas vraiment répondu. On en a pleins ; on va pas les spoiler, parce qu’on y travaille: sur le show classique, sur le show metal. On va travailler les costumes, les chorées, les coiffures (conneries)..

Justine : Merci pour ce moment et bon concert !

En remerciant le CCM John Lennon qui a permis le concert de ce soir-là ; Romain et Mary pour l’accréditation photo ; les Tambours du Bronx pour leur bonne humeur et leurs réponses à l’interview ; à l’ensemble des personnes rencontrées…

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