Ghostemane : Anti-Icon

Ghostemane est ENFIN de retour avec “Anti-Icon” son huitième album studio sorti via son propre label, Blackmage et le sucesseur de l’excellent “N/O/I/S/E” sorti en 2018. Et croyez-le ou non, cet album est une arme de destruction massive prête à vous exploser à la tronche à la première écoute et à vous rester dans la tête un bon moment!

Après une intro très glauque tout droit sortie d’un film d’horreur, on entre dans le vif du sujet avec le premier titre “Vagabond” lancé par un hurlement et le rap reconnaissable entre milles de Ghostemane. Ce titre parle du décès du père d’Eric AKA Ghostemane où il exprime comment cet événement l’a amené à ressentir du vide et de la désolation et comment ce sentiment n’est jamais parti (à noter qu’il avait déjà abordé la disparition de son père sur son album de 2016 Blackmage avec le titre Somewhere Between Hapiness And The Bottom Of The Lake), des riffs de guitares accérés arrivent sur la deuxième moitié du titre et une batterie qui donne un rythme très soutenu avant d’enchaîner sans temps mort sur le single “Lazaretto” (qui est en Italien un mot qui désigne un hôpital où était soigné les malades de la peste) qui m’avait littéralement scotchée à la première écoute mais également avec son esthétique si dérangeante avec le clip proposé. Ce titre évoque le thème du suicide et de ce que ressent l’interprète quand il souffre et qu’il est sur le point de “Jump the gun” (Sauter le pas littéralement).

Les morceaux restent très court ce qui permet à l’auditeur de ne pas s’ennuyer une seule seconde en enchaînant des titres qui restent dans la même ambiance mais quand même très différents les uns des autres.

La fin du titre “Sacrilege” permet d’identifier directement le single “AI” qui fut le premier extrait de “Anti-Icon” avec une fin de morceau qui donne clairement envie de se briser les cervicales pour un petit moment Headbanging. Le clip de “AI” revient à ce que l’artiste avait déjà proposé pour la vidéo du single “Nihil” avec des influences très Tim Burton ou encore du style d’animation des années 30. On peut également noter que sur le “Bridge”, Eric rend hommage aux artistes qu’il apprécie notamment dans le milieu Black Metal (Mayhem entre autres)>”I spend all my time listening to guys who committed suicide”

Le sixième titre “Fed Up” est un morceau qui rentre dans la tête directement avec ses paroles répétées et un retour au titre précédent avec des “AI” repris. Ghostemane exprime son non-attrait à la célébrité, la drogue ou encore le mensonge. Il exprime principalement son malaise au fait que les gens ne comprennent ni sa musique ni son art plus généralement.

The Winds Of Change est le passage instrumental que tout album de Ghostemane possède avec juste quelques accords de guitare acoustique, cet intermède ressemble à s’y méprendre à ce que l’artiste propose avec son projet Black Metal, Baader-Meinhof. “I Hate Myself, it’s getting cold” sont les seules paroles de ce titre presque murmurées par Eric.

On revient avec un titre très noir au niveau des paroles très noires “Hydrochloride” avec son refrain hurlé “I Don’t Love You Anymore“.  “Hellrap” est bien nommé dans son rap semble sortir des enfers, on peut également noter dans les paroles une référence directe à Sid Vicious (Sex Pistols).

Anti-Social Masochistic Rage [ASMR]” fait clairement penser à un titre que Nine Inch Nails ou encore Marilyn Manson aurait pu proposer avec son chant hurlé à la Manson et ses paroles presque parlées et notamment chuchotées sur le passage à 1:42. Ghostemane fait donc de l’ASMR et le fait plutôt bien.

Ghostemane propose deux titres relativement longs sur cet album et le premier est donc Melanchoholic. Ce morceau évoque encore une fois le thème de la dépression et de tout ce qui touche à la santé mentale où Eric évoque une probable hospitalisation en hôpital psychiatrique. Sa fin au piano fait très lugubre avant de retourner sur un morceau dans la lignée de tout les autres à savoir Calamity. Attention aux surprises notamment celle à 1:38 car l’artiste souhaite à tout les coups vous faire faire une attaque.

Falling Down clôt le chapitre Anti-Icon et c’est avec surprise qu’on découvre Ghostemane sur une ballade. Certains ont d’ailleurs pensé que cette chanson avait été écrite à la mémoire de son ami,Lil Peep, décédé en 2017 d’une overdose. Hors l’artiste en parle comme d’un morceau qui évoque les problèmes de codépendance et d’abandon suite au départ de sa mère avec son frère pour New-York et du fait qu’à 17 ans il est dû se débrouiller seul.

Le Blackmage a frappé un grand coup avec son “Anti-Icon“, l’album est excellent d’un bout à l’autre et aucun titre n’est superflu, pour un artiste auto-produit qui compose et interprète la totalité de ses morceaux, c’est une belle revanche sur sa vie d’avant mais qui lui colle à la peau quand même et dont il parle avec beaucoup de sincérité dans ses titres. “Anti-Icon” est donc pour moi l’album de l’année 2020 et il me tarde de rejoindre un pit pour écouter ces titres en live

 

 

Tracklist :

1. Intro.Destitute (1:56)
2. Vagabond (1:54)
3. Lazaretto (1:53)
4. Sacrilege (2:22)
5. AI (2:55)
6. Fed Up (2:32)
7. The Winds of Change (2:40)
8. Hydrochloride (2:27)
9. Hellrap (2:10)
10. Anti‐Social Masochistic Rage [ASMR] (3:14)
11. Melanchoholic (4:43)
12. Calamity (2:43)
13. Falling Down (4:41)

Mary Motionless

28 ans. Passionnée de musique, de photographie et de modifications corporelles.

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