[Chronique] Rammstein – Rammstein

Il y a dix ans, Rammstein sortait Liebe Ist Fur Alle Da et depuis plus grand chose.. Après deux tournées d’été, majoritairement en festival, ils sont de retour avec un nouvel album, qui ne porte pas de nom. La pochette reste dans cette simplicité, avec un fond blanc et une allumette en son milieu. Que peut-on s’attendre de ce retour tant attendu ? Réponse tout de suite !

Il débute par Deutschland, dont le clip a créait le débat rien qu’avec la publication du teaser. Autre le côté historique et dénonciation de cette chanson, on se retrouve avec une introduction sympathique et entièrement faite au synthé par Flake. Il faut attendre une bonne minute pour que Till y pose enfin sa voix, accompagné par des chœurs pour le plus bel effet. Au fil de la chanson, elle semble plus forte et plus imposante, accentué notamment avec le refrain et les Deutschland clamé par des voix en arrière plan. Un titre simple, changeant de ce que Rammstein a l’habitude de nous présenter mais très représentative de ce nouvel opus.

S’enchaîne Radio et son univers totalement différent, même si un parallèle avec Links 234 peut facilement se faire. Finit le côté historique et la peine, j’ai eu le sentiment de me retrouver des années en arrière dans une fête typiquement allemande, avec de l’électro à fond. La voix se veut plus calme et semble plus gentille, plus festif. Zeig Dich présente une introduction composée de chœurs, digne de nos plus belles églises, accompagnées des guitares de Paul et Richard. On attend l’explosion et elle ne se fait pas attendre. Le vieux Rammstein semble enfin présent et cela ne pourra que plaire aux fans.

Auslander reprend ce côté électro déjà bien mis en avant ici et permet surtout un début de morceau lourd et surtout efficace. Non sans rappeler Pussy, la chanson raconte l’histoire d’un homme draguant tout en se servant du fait qu’il est étranger, renforcé par l’apparition de mots en langues étrangères au moment du refrain : « mi amor » ; « come on baby » ; « c’est la vie ». L’introduction de Sex, me fait directement penser à une chanson de Deathstars, groupe avec lequel ils ont déjà tourné et ont gardé contact, mais c’est de courte durée. La patte des allemands reprend vite le dessus, avec une combinaison de ce qu’ils savent le mieux faire.

Puppe est, à mes yeux, l’ovni de cet album, tout en collant parfaitement avec l’univers de Rammstein et surtout de Till. On obtient une chanson assez sombre, presque triste, en émoi, l’impression de ne pas oser avancer car on ne sait pas vers quoi on va. Dès les premières notes, le sentiment que tout va craquer, dévoiler ce qu’elle cache est fort. Till semble posséder et nous propose un chant différent et presque déchirant. Ayant en tête la prestation live, qui accentue totalement cette dimension, je me rends compte que c’est une chanson qui fonctionne totalement !

Was ich liebe rend honneur à Christoph qui la débute. Mais a part cela il n’y a pas grand chose à dire de plus sur ce titre, il reste dans la lignée des chansons précédentes. Arrive le moment douceur dans cet opus avec Diamant. Ici seule la basse, le clavier et la voix sont présent. Ce n’est pas la première fois que le groupe nous propose des chansons plus calme et reposant et cela fonctionne toujours très bien. La langue allemande semble mis en avant d’une nouvelle manière, on prend le temps de l’apprécier. Les fans peuvent faire une pause dans leur écoute avant d’enchaîner avec les trois derniers titres.

Dans Weit Weg, le clavier est de nouveau mis en avant et c’est une dimension que j’ai beaucoup apprécié. Flake a vraiment pu se faire plaisir et cela se ressent, d’autant plus que combiné aux guitares ont obtient un effet d’enfer ! Tattoo représente ce qu’on aime le plus chez Rammstein, un son lourd, une alternance voix / guitares qui montre la puissance du groupe. Mais cela est de courte durée, la chanson partant sur plus de légèreté et la voix nous donne l’impression de s’envoler. Hallomann clôture l’album et nous offre surtout une histoire d’horreur propre à l’imagerie Rammstein, dont ils ont le secret pour leur clip. On termine avec une note oppressante et presque trop calme comparé au début de l’album.

A ma première écoute, je n’ai pas du tout été convaincue par cet album, déçue même, comme de nombreuses personnes. Il a fallut attendre de le voir en live pour que mon intérêt se manifeste vraiment et que je l’apprécie en grande partie. Il en reste que les allemands ont su cacher leur jeu et qu’il faut prendre le temps pour écouter ces nouveaux titres pour les apprécier à leur juste valeur.

Tracklist :

Deutschland
Radio
Zeig Dich
Auslander
Sex
Puppe
Was Ich Liebe
Diamant
Weit Weg
Tattoo
Hallomann

Gloomy

Totalement dingue de metalcore, de pizza et de Red Bull.

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