Benigted : Interview mi-troll mi sérieuse avec Julien Truchan

Vous avez annoncé la tournée du Hellfest Warm Up. Comment avez-vous été contactés ? Comment avez vous eu cette opportunité ?

C’est Alex du Hellfest qui nous a contactés, il y a un peu près un an, à l’époque de l’ancien warm up. Je voulais aller à celui de Lyon, avec Dagoba et les copains et il m’a dit « Juju,viens, il faut qu’on se parle, parce que j’aimerais bien que ce soit Benighted la tête d’affiche de l’année prochaine ». Car on a une musique beaucoup plus extrême que Dagoba, c’est pas du tout mainstream. Mais il m’a dit que l’esprit positif que l’on dégage avec Benighted, le côté famille, de rassembler les gens, c’est quelque chose qui correspond beaucoup à l’esprit du warm up, et « j’aimerai bien que vous soyez la tête d’affiche ». Donc c’est avec plaisir, en plus ça sera juste au moment de la sortie de notre album donc niveau timing ça serait juste parfait, et c’est donc comme ça, que ça s’est fait.

Est-ce que vous aimez les chatons dans Benighted ?

On aime beaucoup les chatons, sauf ceux qui sont allergiques.

Vous allez sortir le nouvel album dans deux mois, qu’est ce qui t’as inspiré pour l’écriture des morceaux ?

Mon travail, étant infirmier en psychiatrie depuis des années et des années. Le concept de l’album a été inspiré par un patient que j’ai suivi il y a une bonne dizaine d’années. Il avait une forme palatine sur laquelle il délirait, pensant qu’il avait un trou dans le palais qui donnait directement accès à son cerveau. Et que du coup, que ce soit l’air ou la fumée, tout arrivait dans son cerveau et lui donnait des ordres.

Je me suis dis que ce serait intéressant de faire un concept d’album sur quelqu’un qui avait ce handicap au niveau du faciès, mais de pousser le truc plus loin avec une maman discordante, comme les mamans de schizophrène peuvent l’être. Maman discordante et ambivalente qui dit à la fois « je t’aime » mais aussi « ne m’approche pas trop parce que quand même t’es laid» donc si tu veux me faire des bisous tu mets des bandages et j’embrasserai les bandages, ça sera très bien. Et comment un enfant peut se construire de façon psychotique avec des injonctions paradoxales comme ça tout le temps et comment sa difformité peut devenir un délire paranoïde : « si je suis comme ça, c’est parce que mon papa m’a fait comme ça parce que moi, j’étais fais pour être avec maman. Et si papa m’a fait comme ça, c’est pour que maman me trouve toujours repoussant, du coup je ne pourrai jamais être avec maman et il la garde pour lui tout seul, du coup je hais papa à cause de ça et je continue de désirer maman. » Ou comment tu rejettes papa en tant qu’entité qui vient te séparer de maman.

Et j’ai vraiment hâte que notre clip sorte, car il montre tellement bien le concept derrière l’album. L’enfant qui en grandissant va trouver cette sorte d’alternative pour pouvoir retourner dans maman, d’une façon symbolique, en volant le rasoir de papa et en découpant ses espèces de protubérances de lèvres qu’il a, en remettant ses bandages après et en mettant dans la bouffe, du repas du soir, pour que maman la mange. Papa ayant peu d’importance. Elle ne va pas se rendre compte de ce qu’elle mange et une fois qu’elle l’a ingéré, il peut enlever les bandages. C’est là qu’elle se rend compte de ce qu’elle vient de bouffer. En tout cas, il est retourné dans maman. Et le clip qui sort dans quinze jours montre beaucoup ça.

Le clip en question est sur quel morceau ?

C’est sur le morceau Nails, le deuxième de l’album. On a un casting de ouf sur ce clip. Celui qui joue l’enfant c’est le fils d’Aurélie chanteuse d, Jorick qui a une bouille d’ange. Par sa maman il a l’habitude de toute cette imagerie : morbide, gore, donc ça ne le choque pas. Il a fait un boulot formidable. La maman est jouée par Cécile, une nana qui est venue du côté de Marseille / Toulon, qui joue la perversité du personnage à l’extrême, elle le fait super bien. Et celui qui joue papa c’est Abde Maziane, un acteur qui a un faciès super particulier, qui a un charisme de ouf. Il a joué dans Valerian de Luc Besson. Il a vraiment un visage particulier. Et ça matche au niveau du clip, il a un charisme incroyable. J’ai vraiment hâte qu’il sorte, car il est monstrueux ce clip. Je ne pouvais pas rêver un meilleur casting ! J’avais vu le clip sans la texture, la colorimétrie, mais là je l’ai vu avec tout et il souligne vraiment bien l’histoire. Dérangeant exactement comme je l’avais imaginé.

Est-ce que vous aimez le néo metal des années 90 chez Benighted ? Comme Limp Bizkit, Korn, etc.

Alors le premier album de Korn, je l’ai trouvé fantastique, fantastique avec un F majuscule. Moi à cette époque là, j’avais une culture très pauvre au niveau Metal et quand le premier album de KoRn est sorti, j’ai trouvé que c’était un monument. Tous les morceaux sont intéressants, c’était vraiment une révolution pour moi. Après je m’en suis un peu détaché, au bout de deux albums, j’aimais moins. Après Limp Bizkit, tout ça, je suis complètement ignorant, c’est pas une scène qui m’attire du tout. Après pour KoRn, premier et deuxième album, je les connais très très bien car je les ai usés. Le premier album de KoRn, je ne comprends pas qu’on puisse dire que ce n’est pas un monument car il a révolutionné tellement de choses à l’époque. Pour moi, c’est une pièce maîtresse de la construction du Metal dans ce qu’il est aujourd’hui. C’était tellement novateur, choquant, provoquant, pour l’époque. Il y a peu de groupes qui ont atteint ce niveau là si vite en un seul album.

Pour revenir à Obscene Repressed, lors de ma première écoute de Brutus, je me suis demandée si c’était vraiment du Benighted ? Quel est le concept derrière ce morceau ?

C’était mon idée, une intro très soft, à la guitare acoustique. Il faut passer de construire à détruire, c’est vraiment l’idée de ce morceau. L’histoire en fait, c’est un personnage qui s’appelle Brutus, c’est l’image du fils tuant son père, vraiment l’image du fils attiré par maman, où le père est un obstacle. D’autant plus que l’enfant entend ce qu’il se passe dans la chambre, les cris de maman, il a vraiment l’impression qu’elle souffre des assauts sexuels de son père et il veut la sauver, de ce père maltraitant, mal-aimant et prendre sa place car lui sera beaucoup plus bienveillant vis-à-vis d’elle. Ce morceau, qui est en français, montre un premier, deuxième et troisième sens dans ce que j’ai écris, par rapport justement à Jules César et Brutus, par rapport au fils et au père, par rapport à ce qu’est l’image du père par un psychotique qui se dresse entre l’amour fusionnel qu’il à avec sa mère.

Le chant en français et vraiment quelque chose de super chez Benighted, comme en général on entend que du chant en anglais, même chez des groupes français. Qu’est ce qui te plait le plus dans l’apport de cette langue à Benighted ?

Je le fais depuis toujours. Dès le premier album de Benighted, il y a des morceaux en français. Y a pleins de gens qui me dise « ah c’est bien, vous êtes passés au français » et non. Mais à moins que tu lises les paroles c’est inintelligible, tu peux pas l’entendre quand je chante en français. Le repère déjà c’est que tout les morceaux qui porte le nom de l’album, sont tous écrit en français. Ce que j’aime dans le fait d’écrire dans cette langue, c’est de un, le défi d’écrire en français. Comme écrire en anglais, c’est très facile, tu peux faire des phrases simples, ça sonnera jamais stupide. T’écris en français, si y a pas un minimum d’images, de symboles, de métaphores derrière, ça sonne ridicule. Si tu traduis littéralement la moitié des morceaux, on se dit que si on chante ça en français, en live, on reçoit des pierres par le public, car c’est de la merde quoi. Car les paroles sont niaises. Écrire en français, c’est un exercice beaucoup plus difficile. Alors que j’adore ma langue, s’il y a une faute je le remarquerai tout de suite, car je suis comme ça, j’y peux rien. Jongler avec ma propre langue, c’est un exercice que j’adore. Après chanter en français, ça a un charme différent pour moi, bien sûr parce que c’est ma langue maternelle, mais aussi je trouve que ça apporte des sonorités vraiment différentes de l’anglais ou encore de l’allemand, comme on a pu utiliser avant. Ça apporte une dimension supplémentaire au morceau. Notre fanbase en France, elle est quand même grande, nous a toujours soutenus, et je trouve ça cool.

Puis quand on nous demande quel morceau ont a voulu mettre en avant en premier, on a dit Brutus. On nous a demandé pourquoi ? Déjà parce que c’est un morceau efficace, avec un début surprenant et aussi parce que c’est en français. Parce que des lyrics vidéo en français de groupe Metal extrême, j’en connais pas. J’en ai jamais vu passer. Pourquoi on ne pourrait pas faire une lyrics video d’un groupe de Metal extrême, car avec mon type de chant, tu comprends rien à ce que je dis, pourquoi on pourrait pas faire un truc comme ça en français ? Et du coup, on part comme ça et on voit ce que ça donne. Je me fais suffisamment chier à écrire les paroles, pour que ça ai des sens importants et des images fortes. Autant l’assumer à fond et on présente ce morceau en premier, en français. Bien sûr tous les gens demandent ce que ça veut dire et de quoi ça parle, cherchez ! S’ils font des traductions littérales, vu que ça ne fonctionne pas avec les images et les métaphores, ils ne vont rien comprendre. Brutus c’est vraiment trois niveaux de lectures différentes, s’ils le traduisent littéralement, ils vont se dire que ça ne veut rien dire. C’est normal et c’est pas grave, parce que ce morceau a cette identité là et pour moi c’est important.

Pour toi quel est le plus intéressant : la signification des paroles ou la musicalité des paroles ?

C’est vraiment un challenge personnel. Je commence toujours par placer mon chant en yaourt, avant d’écrire les paroles. Pour moi, ce qui est important, c’est l’efficacité du morceau, avant ce que moi je peux véhiculer. Car finalement, c’est presque égoïste, ce que je veux véhiculer comme message, c’est vraiment mon challenge à moi, que ce soit cohérent avec des symptômes qui collent à la réalité de ce qu’est la maladie psychotique et que les gens, quand ils le lisent, se disent « ça vient d’un film d’horreur » et justement non. Ça vient de quelque chose de réel. Ce qui est important avant tout, pour moi, c’est qu’une personne sur dix va s’intéresser à ce que ça veut dire, les neuf autre vont se dire que musicalement ça pète, que ça fait bree bree que je suis content et que c’est cool. Tant mieux, ça fait partie du jeu.

Le chant dans ce type de musique est beaucoup plus un instrument, qu’un véhicule de parole, de toute façon. La voix est un instrument rythmique, qui apporte une agressivité supplémentaire, qui vient marquer un groove différent de ce que la musique propose, avant d’être un véhicule de paroles avec un sens profond derrière et tout. Sauf que moi, je ne veux pas que cette partie là soit brisée, sous prétexte qu’on ne l’a pas en vue tout de suite. Qu’ils ne se disent pas qu’on a fait des paroles car il en fallait, mais qu’il y a un sens derrière et qu’en plus le gars s’est fait chier, car ça parle d’un truc réel, qu’il a prit du temps pour écrire les paroles, avec plusieurs niveaux de lectures, une critique sociétale derrière et tout. Ceux qui veulent faire cet effort là, pourrons trouver ça mais je ne le demande à personne, car je comprends que ma voix à la base est beaucoup plus intéressante pour ce qu’elle apporte niveau sonorité et au niveau agressivité, que pour les paroles que j’utilise.

Pour rebondir sur ce que tu viens de dire. Est-ce que tu écris parce que tu veux qu’on recherche le sens derrière tes paroles ou cela revient au principe de faire du yaourt pour toi ? Ou est-ce que tu articules vraiment les mots et les paroles ?

Quand je vais faire du pig scream, tu ne comprendras rien et c’est normal. Mais oui, j’articule toutes les paroles. En live, je pense que les gens ressentent une ambiance générale, ils ne sont pas attachés aux mots que je vais utiliser car ils sont intelligibles. Ce que je veux dire, c’est que s’ils connaissent vraiment les paroles, effectivement, ils vont les reconnaître. S’ils les connaissent pas, l’ambiance générale suffira peut être à créer ce climat de malaise, un peu psychotique, qu’on cherche à retranscrire. Ma voix n’a jamais été faite pour être intelligible, c’est un bonus quand les gens comprennent. Les refrains, c’est cool que les gens les comprennent, quand j’utilise des types de voix qui sont plus intelligibles. Quand t’es dans une partie hyper brutale, peu importe ce que je dis, vous le comprendrez pas. Le but de cette partie ce n’est pas de comprendre mais de se le prendre dans la gueule. Mais si, à un moment, il y a un mot qui doit s’en détacher ou un truc qui doit provoquer une émotion, je vais changer de voix pour que ce soit un tout petit peu plus intelligible. C’est sur Carnivore Sublime, où je parle de chose qui m’émascule, où ça pique et où tu comprends ce que je dis. Ces petits moments là, c’est ceux-là qui sont importants, car tu te dis que t’as compris et que ça te dérange et c’est très bien. L’intention générale, c’est de provoquer de la brutalité, si en plus, il y a des trucs intelligibles que les gens peuvent retenir et la prochaine fois qu’ils écoutent le morceau, ils sont même capable de le chanter en même temps car ils se rappellent de ce moment, c’est cool ! J’ai pas la prétention que les gens retiennent les paroles de Benighted, car c’est très difficile.

Du coup, dans le processus de création, y a certaines parties que tu veux vraiment faire entendre et comprendre et d’autres où c’est le contraire, mais tu écris quand même dessus ?

Oui. Comme si t’allais chez un très bon chocolatier, qu’il te sert un truc qui ressemble à une boule de chocolat mais que dedans, il t’a mis six ou sept trucs différents, tu vas te dire que c’est super bon, sans être capable de dire ce qu’il y a dedans. Tu te dis que t’as vachement aimé l’expérience. Et si je m’intéresse un peu, je vais aller voir de quoi ça se compose. Mais si je ne m’intéresse pas, je me contente de ce que j’ai ressenti.

A quel chocolat identifierai-tu Benighted ?

Pas au chocolat blanc, ça s’est sur, puis c’est très vite écœurant. J’essaye de trouver un arôme supplémentaire au chocolat, genre orange ou un truc comme ça. Chocolat à la viande ! Le truc que tu sens en bouche, qui est en fort en bouche, mais avec un truc derrière, comme le chocolat à l’orange. Un truc qui te fait dire qu’il y avait quelque chose d’autre derrière. C’est pas que du plaisir brut, il y a une petite subtilité, qui fond, que je sens et qui dit revient pour voir.

Est-ce que tu aimes Disney ? Et au sens large, avec les films ?

J’y suis jamais allé. J’adore les sensations, alors je vous dirais oui. J’ai jamais eu l’occasion d’y aller. Les films, oui, ils ont bercés mon enfance. Ça a placé pleins de bonnes morales chrétiennes dans ma tête, ça instaure où sont les bons et les mauvais. Mais j’ai du m’en émanciper un peu, heureusement !Je trouve ça très intéressant dans les bases, après il faut avoir de la réflexion au dessus.

Et vous comptez reprendre Libérée, Délivrée de la Reine des neiges ?

Non, ça a déjà été fait et mal.

Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ?

Pour la première fois, les guitares ont été enregistrées à domicile. En studio, on a enregistré que la basse, la batterie et le chant. Les pistes guitares nous on étaient envoyées par Manu qu’on a intégré au résultat final. On connait tellement bien Kohle car on travaille ensemble depuis dix-sept ans, c’est comme le sixième membre du groupe. Il a écouté nos post production et il sait déjà quels sons ils nous faut pour faire ressortir tels ou tels trucs. Donc, on y va toujours en pleine confiance, on sait qu’il va beaucoup s’appliquer. On arrive, on enregistre, il nous fait nous sentir hyper bien. On à un étage pour nous tout seul, avec deux chambres, une grande cuisine, une pièce à vivre, une salle de bain gigantesque avec un sauna. T’es comme en vacance. C’est vraiment détente car c’est très stressant le studio. Imagine, dans le même contexte, on arrive à dix heure et il faut qu’on soit partit pour dix huit heure, t’es dans le studio, t’attend le mec et faut que la productivité arrive, alors que là on a l’impression d’être en village vacance. On t’appelle quand c’est ton tour. Il nous fait nous sentir bien, vraiment zéro stress. Je le connais depuis 2002/2003, donc c’est un ami maintenant, on est un de ses gros groupes de cœur et il fait toujours tout ce qu’il peut pour nous aider à gravir un échelon supplémentaire en terme de qualité de production.

Peux-tu nous parler de l’artwork ?

C’est un tueur, Robert Bordas, déjà tattoo je suis fan ultime. J’avais regardé les artworks qu’il avait fait et je trouvais ça cool, mais j’étais pas hyper impressionné. Dans l’artwork, il a mis les même traits qu’il met dans ses tatouages. On voulait qu’il dessine comme il tatoue. On voulait un de ses tatouages avec des couleurs modernes. Tu te mets pas en position d’infographiste mais bien dans celle de tatoueur, avec l’imagerie glauque que tu as, car ça colle super bien à ce qu’on veut. C’est morbide, macabre tout ce qu’il fait et c’est cette imagerie que l’on veut. Et le résultat est génial. Je fais toujours des croquis que j’envoie, en disant que l’on veut un truc comme ça. On lui a demandé aucune retouche.

Quels sont les tatoueurs que vous aimez particulièrement ?

Je ne peux que te faire l’apologie du mien. Donc Metalink tatoo, en Suisse, avec Nico qui a fait quasiment tout mes tatouages, c’est un tueur. Fan de metal, un vrai puriste, pour moi c’est un artiste extraordinaire. Mais j’adorerai avoir une pièce de Robert Bordas!

Il y a une collaboration que je retiens de Benighted, c’est celle avec Niklas de Shining et je sais que tu es ami avec lui. Comment s’est passée cette collaboration ?

A l’époque, avec Niklas on s’était croisés deux fois en festival, on avait discuté vite fait. On s’entendait bien car il aime bien Benighted, et moi j’aime bien Shining. J’avais pas son contact, donc j’ai dû le demander, et une fois reçu on s’est arrangé comme ça. Et quand il est arrivé en studio, on a eu très peur, les autres voulaient prendre quelqu’un en body garde. C’est en studio qu’on est devenu très proche tout les deux, quand on a commencé à discuter psy. Je lui ai dis que moi je suis infirmier en psychiatrie. Je lui ai dis que j’avais entendu pleins de trucs à propos de lui, comme quoi t’étais schizophrène et je lui ai demandé ce qu’était son diagnostic, ce qu’il en dirait. Donc on a commencé à parler comme ça, des trucs qu’il ressentait, des traitements qu’il prenait, et je sais que mes patients sous ces même traitements ils aiment pas trop. Donc il m’a dit que ça fonctionnait pas, forcément, donc je lui ai conseillé de voir autre chose avec son médecin. Au fur et à mesure, je suis devenu son grand frère, donc il m’appelait que quand il allait pas bien. Niklas quand j’ai pas de nouvelles, je sais qu’il va bien mais quand il va moins bien, il m’appelle. Mais c’est un génie musical. Puis c’est rigolo car il me craint un peu en fait, quand je lui montre qu’il faut pas déconner, il s’arrête.

Comment s’est passé la collaboration avec Jamey Jasta d’Hatebreed ?

Emmanuel : Sur Badoo (rires)

Julien : C’était un gros pari, car j’avais entendu par tierce personne qu’il aimait bien Benighted. Qu’il avait posté un truc dans un de ses podcast à propos de nous. On s’est dit que pour ce morceau, ça serait génial d’avoir quelqu’un qui sort un peu de notre cliché, growl, black, tout les types de voix que moi je peux faire, pour prendre quelqu’un qui peut vraiment faire du Hardcore. Je suis un fan d’Hatebreed depuis un moment, c’est des monuments pour moi. Du coup, on a tenté le coup. J’ai contacté Nuclear Blast, je suis tombé sur Marcus que je ne connaissais pas du tout. Et il m’a dit qu’il espérait que ça se ferait, car ça serait parfait. Je lui envoie un mail, sans savoir si j’aurais de réponse car c’est un mec hyper occupé. Il m’a laissé bon espoir, je lui ai dis que s’il pouvait c’était cool. Quinze jours après, je reçois un mail de Marcus me disant que Mr Hatebreed était d’accord. C’était super cool. Il a posé sa voix à distance. C’est vraiment en recevant ses voix que je me suis dit que ça arrivait vraiment. Il tue ce morceau, y a une dimension avec sa voix, c’est fantastique.

Votre collaboration rêvée ?

Mikael Akerfeldt, avec son growl ça serait énormissime !

Le mot de la fin ?

Julien : Cuillère.

Emmanuel : Rhododendron.

Merci à Julien et Emmanuel (sur la fin) de Benigthed pour ce moment vraiment sympa et plein d’humour, à mes collègues (Matthieu de Acta Infernalis et Théo de Metalleux de France/Him Media/Metal et Dorothy) d’avoir participé à l’interview, à Him Media pour l’opportunité et au Hellfest Corner pour son accueil.

Mary Motionless

28 ans. Passionnée de musique, de photographie et de modifications corporelles.

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